Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Protection de l'enfance : "Les travailleurs sociaux manquent de temps et de moyens"

-
Par , France Bleu Cotentin

Le gouvernement doit dévoiler ce lundi midi sa feuille de route sur la protection de l'enfance, trois jours après la nomination d'un secrétaire d'Etat sur ce dossier. Invité de France Bleu Cotentin, le conseiller départemental de la Manche, Mathieu Johann-Lepresle, demande davantage de moyens.

Mathieu Johann-Lepresle, ambassadeur de la Voix de l'enfant
Mathieu Johann-Lepresle, ambassadeur de la Voix de l'enfant © Radio France - Lucie Thuillet

Manche, France

C'est une feuille de route très attendue, celle du gouvernement sur la protection de l'enfance. Un sujet qui a été plusieurs fois reporté. Un secrétaire d'Etat, Adrien taquet, a été nommé vendredi pour se pencher sur le dossier. "Je ne peux que me réjouir de cette nomination", a confié le conseiller départemental de la Manche et ambassadeur de La Voix de l'enfant, Mathieu Johann-Lepresle, invité de France Bleu Cotentin. 

Votre association, La Voix de l'enfant, se réjouit de la création de ce secrétariat d'Etat à la protection de l'enfance. Il était temps ? 

Nous l'espérions. C'est un travail qui avait été abandonné par le Président depuis son élection. Nous avions été très déçus de cet abandon. Il se dit que Brigitte Macron n'est pas étrangère à cette décision. Il était temps car il est urgent que la place de l'enfant dans la société soit clairement identifiée, et que les mesures soient spécifiquement mises en oeuvre aujourd'hui. 

Ce n'est pas un effet d'annonce ?

Peut-être, mais l'essentiel, c'est que les choses avancent. Il y a tant à faire que je ne peux que me réjouir de cette création. On espère juste que cette structure créée autour d'Adrien Taquet sera dotée de vrais moyens humains et budgétaires, qui permettront un déploiement d'action concrètes. 

Philippe Bas, l'ancien président du conseil départemental de la Manche où vous siégez a commenté sur Twitter : "Un secretaire d’Etat à la Protection de l’Enfance? Pourquoi pas, mais attention cette compétence n’appartient pas à l’Etat mais aux Départements". Il n'y a pas un risque que tout le monde se marche dessus ? 

Le département aura besoin de moyens supplémentaires pour que les centres médico-sociaux (CMS) puissent avoir des moyens supplémentaires. Les travailleurs sociaux sont à bout : ils manquent de temps, de moyens, de collègues, de budgets. Evidemment, comme dans d'autres départements, on doit passer à côté de cas d'enfants maltraités parce qu'on ne peut pas être partout, parce qu'il est compliqué de le faire dans le détail et que tous les dossiers deviennent urgents. Aujourd'hui, c'est le dossier le pire qu'on doit traiter en priorité. C'est une réalité. Les travailleurs sociaux sont un peu désabusés, fatigués. Je le comprends. On va avoir besoin de moyens supplémentaires pour embaucher plus, pour que les travailleurs puissent aller au cœur des familles.

Le gouvernement doit dévoiler sa feuille de route sur la protection de l'enfance. Qu'en attendez-vous ? Quelle mesure faut-il prendre en priorité ? 

J'aimerais que l'Etat intervienne dans la création des unité d'accueil médico-judiciaires pédiatriques, ces lieux où on recueille la parole des enfants victimes de maltraitance. C'est ce qu'on a créé à Saint-Lô. Une vraie structure avec un cadre hyper rassurant. On a une liste un peu longue comme le bras parce que l'enfance doit être la priorité, parce qu'il faut que nos enfants soient protégés. Il faut mener des campagnes. La ministre l'avait fait sous François Hollande avec ce numéro, le 119, notamment. Il va falloir se mettre au travail. La Voix de l'enfant restera très vigilante.