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Punaises de lit : à Paris, le calvaire de Sarah depuis quatre ans

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Par , France Bleu Paris

C'est un ennemi minuscule, à peine la taille d'un pépin de pommes. La punaise de lit est pourtant capable de faire vivre un enfer quotidien à ses victimes humaines. Sarah Digbeu est l'une d'elles. La jeune femme se bat depuis 4 ans pour éradiquer le problème, en vain.

Sarah Digbeu dort sur ce parquet avec son fils, sans literie, depuis deux ans.
Sarah Digbeu dort sur ce parquet avec son fils, sans literie, depuis deux ans. © Radio France - Pauline Josse

Quand on entre dans l'appartement de Sarah, qu'elle partage avec son fils de 4 ans, difficile d'imaginer qu'elle vit ici au quotidien. La pièce principale de cet appartement d'un grand ensemble du 13e arrondissement est presque entièrement vide. On y trouve ni lit, ni canapé, ni chaises. 

Cela fait deux ans que je dors à même le sol avec mon fils, pour éviter que les punaises se multiplient et nous attaquent dans notre sommeil. On a essayé de dormir sur des matelas gonflables, des tables, des chaises... à chaque fois sans succès.

L'appartement était déjà infesté lorsque la jeune femme s'y est installée en 2016, alors enceinte et étudiante. Ce logement lui a été proposé par un bailleur social en partenariat avec le Crous à l'époque, déjà meublé. Elle a rapidement constaté l'apparition de piqûres sur la peau de son fils et la sienne, et dû supporter d'intenses démangeaisons au quotidien. 

Je suis entrée dans une psychose. Je n'arrivais plus à fermer l'oeil la nuit. J'étais angoissée, j'y pensais tout le temps. 

Le pire pour elle, c'est l'été. Avec la chaleur, les punaises se manifestent encore davantage la nuit. Sarah développe des stratégies de survie. Pendant cette période, elle n'arrive à trouver le sommeil qu'au lever du jour. 

Pour repérer la présence de ces insectes: il suffit d'observer des petits points noirs sur les meubles. Ce sont les déjections des punaises.
Pour repérer la présence de ces insectes: il suffit d'observer des petits points noirs sur les meubles. Ce sont les déjections des punaises. © Radio France - Pauline Josse

Si la présence de ces petits insectes peut paraître anodine, ses conséquences psychiques sont désastreuses. Les punaises poussent leurs victimes à s'isoler, par honte, car ces nuisibles sont encore souvent associés à la saleté. Alors que les lieux d'infestation n'ont aucun rapport avec la propreté, comme le raconte Madani Ihmad, fondateur de l'entreprise de désinsectisation Renko : "Les punaises de lit, ça concerne tout le monde. Des hôtels cinq étoiles dans des quartiers huppés, aux logements sociaux en passant par le parc privé." Depuis la création de Renko en 2016, il constate une hausse exponentielle des interventions pour éradiquer ces insectes. En cause : les locations saisonnières, des températures de plus en plus douces et l'importante densité de population. Avec la présence de ce nuisible chez soi, c'est aussi toute la vie sociale qui est anéantie. 

Je n'invite personne chez moi, comment recevoir quand on n'a pas de chaises, pas de canapé ? Mon fils sait qu'il ne peut pas ramener de copains à la maison. Et quand je vais chez des amis ou de la famille, je suis terrifiée à l'idée de leur ramener des punaises chez eux. 

En quatre ans, Sarah a déjà vu passer quatre entreprises différentes pour régler le problème. Toutes utilisaient la méthode chimique, peu onéreuse mais inefficace sur les larves et risquée pour la santé des habitants du logement traité. Aujourd'hui, Madani Ihmad lui propose une nouvelle technique : la méthode thermique. Avec son collègue Franck, ils projettent de la vapeur sèche, à 180°c sur les zones à risque comme les plinthes ou les meubles en bois. Ils demandent ensuite à Sarah de quitter les lieux pour le reste de la journée. Une machine au centre de la pièce va démarrer : elle va progressivement chauffer tout l'appartement, jusqu'à atteindre les 55 degrés et ce pendant une bonne heure. 

Madani Ihmad intervient localement sur les parties les plus infestées, avant de faire chauffer toute la pièce à plus de 50 degrés.
Madani Ihmad intervient localement sur les parties les plus infestées, avant de faire chauffer toute la pièce à plus de 50 degrés. © Radio France - Pauline Josse

Mais Sarah peine à rester optimiste. Son seul espoir désormais : que son logement soit reconnu comme insalubre par les pouvoirs publics et qu'on lui propose une solution de relogement

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