Société

Quand les Sahraouis de Bordeaux se sentent "discriminés" face aux migrants de Calais !

Par Stéphanie Brossard, France Bleu Gironde mercredi 28 septembre 2016 à 4:20

Le campement des Sahraouis du quai Deschamps à Bordeaux
Le campement des Sahraouis du quai Deschamps à Bordeaux © Radio France - Stéphanie Brossard

Ils sont environ 200 Sahraouis à s'entasser dans une usine désaffectée de Bordeaux depuis des mois. En attendant le résultat de leurs demandes d'asile. Alors que la jungle de Calais occupe la une de l'actualité, et que 900 migrants doivent arrivés en Nouvelle Aquitaine, ils estiment être oubliés.

Lundi, François Hollande à Calais a promis de démanteler la jungle avant la fin 2016. La semaine passée, le préfet de la Gironde et de la Nouvelle Aquitaine a annoncé l'accueil de 900 de ces migrants dans notre nouvelle grande région dans des lieux à définir avant le 15 octobre. En Gironde, 9 sites sont pressentis dont Arès (où le conseil municipal a voté non la semaine passée). Qu'en est-il des Sahraouis, qui èrent, de squats en squats, depuis presque 4 ans maintenant à Bordeaux ?

Le squat du quai Deschamps bientôt démantelé

Selon le dernier recensement effectué par la préfecture de la Gironde, il y a 166 hommes et femmes dans le squat du quai Deschamps à Bordeaux, dont 143 Sahraouis (peuple venu du Sahara Occidental qui se revendique Etat depuis 40 ans sans que l'ONU ne le reconnaisse). Les associations évoquent elles, plus ou moins 300 personnes depuis l'ouverture de ce campement de fortune, il y a plusieurs mois. Une problématique traitée en parallèle de la question des migrants de Calais explique le préfet Pierre Dartout qui ne cache pas qu'il devrait rapidement faire évacuer les lieux.

Pierre Dartout préfet de la Gironde

Sam est arrivé en avril 2015 dans ce squat du quai Deschamps. Il a connu les tentes sous le pont St Jean juste avant. Et il a le sentiment que l'Etat cherche des solutions pour les migrants de Calais mais pas pour les Sahraouis.

Sam arrivé il y a plus d'un an dans le squat du quai Deschamps

Des abris de fortune construits à l'intérieur de l'usine désaffectée sur la rive droite de Bordeaux - Radio France
Des abris de fortune construits à l'intérieur de l'usine désaffectée sur la rive droite de Bordeaux © Radio France - Stéphanie Brossard

Seules 10 à 15% des demandes d'asile des Sahraouis acceptées

"Ceux qui n'obtiennent pas le statut de réfugiés, n'ont pas vocation à rester ici" rappelle le préfet. 1630 demandes d'asile ont été réalisées depuis le début de cette année en Gironde dont 517 par des Sahraouis. Sur le total des demandes, 32% ont abouti. C'est 10 à 15% pour les Sahraouis.

Pierre Dartout ajoute également que face à cette situation humanitaire et sanitaire indécente, il a proposé il y a un an déjà, des hébergements à Pessac. "Et seuls 20 lits sur 60 sont occupés chaque nuit" selon lui.

Reportage dans le squat des Sahraouis du quai Deschamps de Bordeaux