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Société DOSSIER : Mouvement des "gilets jaunes"

"Quand ma main a explosé, ma vie a basculé" : à Bordeaux, un nouveau collectif contre les répressions policières

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Le collectif "anti-rep33" a effectué sa première prise de parole ce mercredi. Il dénonce l'usage par les forces de l'ordre d'armes causant de graves blessures, et annonce son association avec un collectif d'avocats défendant les manifestants gilets jaunes et les victimes de violences policières.

Le collectif anti-rep33 devant l'hôtel de ville de Bordeaux, mercredi 30 janvier 2019.
Le collectif anti-rep33 devant l'hôtel de ville de Bordeaux, mercredi 30 janvier 2019. © Radio France - Camille Huppenoire

Bordeaux, France

Place Pey-Berland, à la tombée de la nuit, juste devant l'hôtel de Ville. Le lieu choisi par le jeune collectif "anti-rep33" pour sa première prise de parole est très symbolique. C'est sur cette place que les affrontements éclatent, chaque samedi depuis plus de deux mois, entre les manifestants du mouvement des Gilets jaunes et les forces de l'ordre protégeant l'hôtel de Ville. C'est sur cette place également qu'Antoine, jeune homme originaire de Bayonne, a eu la main arrachée en voulant ramasser une grenade, dont il ignorait la puissance d'explosion. 

Derrière la banderole déployée, Antoine est le premier à prendre la parole, son moignon dissimulé par les manches de son blouson de cuir. À ses côtés, Frédérique, habitant du Blayais, également amputé d'une main suite à la manifestation du 1er décembre à Bordeaux, durant laquelle il a été touché, explique-t-il, "par une grenade, de désencerclement je pense.

Antoine : "Quand ma main a explosé, ma vie a basculé"

Le collectif anti-rep33 s'est d'abord monté autour de ces blessés graves des manifestations, dans l'objectif de les soutenir. Moralement, financièrement, par des cagnottes, mais également dans leurs démarches juridiques. Antoine, par exemple, a porté plainte "contre le ministre de l'Intérieur Castaner et le préfet [de la Gironde] (...) pour moi, c'est eux qui donnent les ordres." S'il avoue "ne pas porter les policiers dans [son] cœur" depuis qu'il a perdu sa main, il affirme que ce n'est pas aux forces de l'ordre qu'il en veut le plus, mais bien aux représentants de l'Etat. 

Pourquoi on continue à utiliser ces armes ? C'est la question que je pose au gouvernement - Antoine

Le collectif anti-rep33 dénonce "toutes les répressions policières" précise Antoine. Il insiste notamment sur l'usage d'armes qu'il estime trop dangereuses, susceptibles de causer des infirmités permanentes comme la sienne. "Quand on sait que des gens ne sont pas assez informés et ramassent ces grenades, pourquoi on continue à utiliser ces armes ? (...) C'est la question que je pose au gouvernement."

Le soutien d'un collectif d'avocats pour les démarches juridiques

Le collectif anti-rep33 n'est pas uniquement composé de blessés lors des manifestations de gilets jaunes. Pour Antonin, jeune étudiant bordelais dont un ami proche a été blessé à la tête, et qu'il a veillé toute une nuit à l'hôpital, "c'est important de s'investir et de rassembler les gens dans un collectif." D'abord, pour porter d'une seule voix les questions sur les armes et l'usage de la force dans les manifestations. Ensuite, pour venir en aide aux gilets jaunes interpellés et poursuivis en justice, explique le jeune homme.

Antonin : "On est en contact avec quasiment l'ensemble des blessés graves de Bordeaux"

Pour ce volet juridique, le collectif anti-rep33 est en lien avec un autre collectif tout juste créé, celui des avocats de défense des manifestants gilets jaunes et des victimes de violences policières. "Pour l'assistance aux gilets jaunes qui sont l'objet de poursuites judiciaires après les manifestations, et pour les victimes de violences policières, explique Me Manon Wendling, avocate au barreau de Bordeaux. C'est très compliqué, seul, de répondre à une demande qui ne fait que grossir." D'où l'intérêt d'un collectif qui permet au moins de recenser les cas, voire de mutualiser certains dossiers.