Société

Quand un site anti-musulmans publie un faux CV de la Préfète de la Sarthe

Par Julie Le Duff, France Bleu Maine mercredi 20 janvier 2016 à 18:35

La préfète de la Sarthe dans les studios de FB Maine en novembre 2015
La préfète de la Sarthe dans les studios de FB Maine en novembre 2015 © Radio France

Lors de ses vœux à la presse, Corinne Orzechowski a raconté comment elle s'était retrouvée mise en cause sur un site internet proche de l'extrême-droite, après qu'elle a assisté à l'inauguration de la mosquée de Sablé début 2015.

C'est un exemple parmi des milliers d'autres des "intox" qui circulent sur internet et qui font les beaux jours des complotistes. Le genre d’entreprise de désinformation dont des personnalités comme Najat Vallaud-Belkacem ou Christiane Taubira font régulièrement les frais. Cette fois, c'est la plus haute représentante de l’État en Sarthe qui est concernée : sur un site qui appelle à "marteliser" [néologisme faisant référence à Charles Martel, NDLR] les musulmans, Corinne Orzechowski est présentée comme ayant été "en charge de la question juive et de la collaboration avec les autorités musulmanes" à l'époque où elle était Préfète de la Mayenne. Une qualification parfaitement fantaisiste, mais présentée comme un titre officiel.

Malgré ses allures officielles, ce CV de la Préfète de la Sarthe est un faux - Aucun(e)
Malgré ses allures officielles, ce CV de la Préfète de la Sarthe est un faux - capture d'écran

Ce faux CV a été mis en ligne quelques jours après que Corinne Orzechowski a assisté à l'inauguration officielle de la mosquée de Sablé-sur-Sarthe, en février 2015. Un déplacement officiel qui lui avait notamment été reproché par la Fédération sarthoise de la Libre-Pensée, dont le site s'approprie la lettre de protestation. L'url de la page n'a pourtant rien à voir avec les positions de la Libre Pensée, comme en témoigne cette capture d'écran.

Aucun(e)
- capture d'écran

Les faits ont été découverts par le ministère de l'Intérieur, trop tard pour que Corinne Orzechowski puisse lancer une action en justice pour injure publique. Elle va demander le déréférencement des pages incriminées.