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Dossier : Violences communautaires à Dijon

Quartier des Grésilles : des parents d'élèves se mobilisent contre la fermeture d'une classe

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Par , France Bleu Bourgogne, France Bleu

Le rectorat projette de fermer une classe de l'école Champollion, en éducation prioritaire aux Grésilles à Dijon. Une décision absurde selon les parents, deux semaines après les violences qui ont secoué le quartier. Ce vendredi, ils ont bloqué la sortie pour montrer leur désaccord.

Des banderoles, des enfants qui ne peuvent pas sortir de l'école plus d'une heure après la sonnerie, et des parents attroupés, soutenus par les enseignants devant l'école Champollion à Dijon
Des banderoles, des enfants qui ne peuvent pas sortir de l'école plus d'une heure après la sonnerie, et des parents attroupés, soutenus par les enseignants devant l'école Champollion à Dijon © Radio France - Sophie Allemand

Deux semaines après les violences dans le quartier des Grésilles à Dijon, des parents d'élèves ont bloqué la sortie de l'école Champollion ce vendredi 26 juin. Ils se mobilisent contre la nouvelle carte scolaire. L'académie nationale prévoit d'y supprimer une classe, sur 13 au total : cela veut dire plus d'élèves dans chaque salle. Or, l'école se trouve dans un Réseau d'éducation prioritaire (REP). Un inspecteur de l'académie nationale s'est rendu sur place pour les rassurer. 

"Nous fermer des classes après ce qu'il vient de se passer, c'est inadmissible"

"Nous fermer des classes après ce qu'il vient de se passer, c'est inadmissible," s'exclame Habiba, faisant références aux violences qui ont secoué son quartier deux semaines plus tôt. "Les délinquants, il s'agit d'une minorité, beaucoup d'élèves s'en sortent, ils ont juste besoin de soutien à l'école," explique Amir, venu chercher son fils en CE2. Une autre maman, Najate, confirme : "qu'ils nous ouvrent des voies pour que nos enfants aient la chance de s'en sortir, d'aller plus loin, comme dans toutes les écoles." 

"Qu'on arrête de nous mettre une étiquette. On demande à l'éducation d'aider nos enfants, dès le début"

Reheira Sellam est parent déléguée, sa fille est en CE1. Pour elle, il est primordiale que les classes ne soient pas surchargées. "Qu'on arrête de nous mettre une étiquette -quartier des Grésilles-, dit-elle. On demande à l'éducation d'aider nos enfants dès le début. Pour que nos enfants sortent des quartiers sans violence, le plus important c'est l'éducation. Nous ne sommes pas d'accord avec cette fermeture de classe, on se bat pour que nos enfants bénéficient d'un enseignement de qualité ."

Des classes allégées, une priorité pour les professeurs

Manon est professeure en CE2/CM1. Si la suppression de classe se faisait, elle pourrait voir sa classe passer de 16 à 25 élèves l'an prochain. Alors que les salles sont déjà petites, cela risque d'être ingérable. 

Quatre élèves en plus, c'est énorme pour la jeune-femme : "ce sont quatre enfants, des individus qui nécessitent du temps et de l'énergie. Avec l’hétérogénéité des classes, cela peut très vite devenir une contrainte, surtout dans cette configuration. Le réseau permet d'avoir des classes moins surchargées, normalement c'est une priorité parce que l'on a besoin de temps avec les parents, d'accompagnement personnel. Pour nous, cela doit être une priorité d'avoir des classes avec un nombre d'élèves raisonnable, j'entends une moyenne de vingt élèves."   

"Avec les derniers événements, c'est contradictoire de vouloir supprimer une classe"

Ce projet de suppression de classe interroge Manon, "clairement c'est contraire à l'éthique que l'on veut donner dans les REP, ainsi que dans toutes les écoles. On prône la bienveillance, l'accompagnement de chaque enfant, avec les derniers événements, c'est contradictoire de vouloir supprimer une classe." L'impact de l'école est énorme, selon cette maîtresse : "le fait de devenir citoyen passe par les premiers gestes appris en tant qu'élève à l'école. _Cela a énormément d'importance dans leur vie de tous les jours, sur la vie du quartier_. Il y a une grosse solidarité entre les parents et les enseignants ; c'est cette communication que l'on ne veut pas briser, ce travail crée une bulle bienveillante pour les enfants, ils se sentent soutenus et accompagnés."

Avec les règles sanitaires dues au coronavirus, cette classe contient 16 places. L'an prochain, elle pourrait en compter 25
Avec les règles sanitaires dues au coronavirus, cette classe contient 16 places. L'an prochain, elle pourrait en compter 25 © Radio France - Sophie Allemand

L'académie nationale promet d'être à l'écoute 

Yann Gombert, inspecteur de l'académie nationale à Dijon, s'est rendu sur place à vélo. Il a rassuré les parents : "au plus haut lieu, madame la directrice académique est à votre écoute. Elle a une vigilance importante au sujet de votre école. Elle n'a pas attendu les événements d'il y a deux semaines pour le faire, parce que vous êtes en zone d'éducation prioritaire et que l'on est sensibles à des montées d'effectifs qui seraient trop pour ces classes." L'inspecteur garantit que la directrice académique a déjà répondu par courrier à ces parents. 

Une réunion spéciale se tiendra ce lundi 29 juin 2020, pour élaborer la nouvelle carte scolaire qui permettra peut-être d'acter le maintien de cette classe, il y aura une autre réunion fin août. Comme toutes écoles en REP, les classes de CP et CE1 sont déjà dédoublées, constituées de douze élèves maximum. 

Yann Gombert, inspecteur de l'académie nationale échange avec Reheira Sellam, parent déléguée devant l'école encore bloquée
Yann Gombert, inspecteur de l'académie nationale échange avec Reheira Sellam, parent déléguée devant l'école encore bloquée © Radio France - Sophie Allemand
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