Société

Quartier Mistral à Grenoble : plus de 100 personnes à une réunion publique face à Éric Piolle

Par Alexandre Berthaud, France Bleu Isère mercredi 25 janvier 2017 à 22:36

Il y avait foule pour écouter, puis s'adresser à Eric Piolle, ce mercredi soir.
Il y avait foule pour écouter, puis s'adresser à Eric Piolle, ce mercredi soir. © Radio France

Après les violences de la nuit de mardi à mercredi, le hasard du calendrier faisait qu'une réunion publique était prévue dans le quartier Mistral à Grenoble, entre la mairie et les habitants. La plupart étaient en colère.

Cent personnes, dans une toute petite salle, rassemblées pour une discussion avec la mairie. Pour Éric Piolle c'était "le signe que la vie associative est forte dans ce quartier dynamique". Mais pour les habitants du quartier Mistral c'était surtout l'occasion de dire ce qu'ils avaient sur le cœur, d'exposer leurs griefs, extrêmement variés.

Sécurité, police, éclairage, associations...

Il y a d'abord les vindicatifs, ceux qui sont là pour alerter le maire sur une situation "grave". Ce mot c'est celui de Maryse, une habitante, gênée par l'insécurité, "grandissante depuis ces dix dernières années". En face, un groupe de mamans dénonce unanimement "les provocations" des policiers. On parle de flashballs, de casse lors des perquisitions, et d'un "manque de respect".

Éric Piolle est longuement interpellé sur ce problème, il ne peut l'éviter après les violences de la veille. Il ne peut que botter en touche, et encourage les habitants à "s'organiser pour aller voir la Préfecture et parler de ces problèmes".

Quartier abandonné

Un peu plus calme, une petite voix atténue par un mal de gorge, Nadia regarde les affiches installées par la municipalité aux murs. Celles-ci vantent un quartier dynamique, ouvert sur la Métropole.

"Ce n'est pas mon quartier ça, nous on est abandonnés. Bien sûr il y a le projet de zone commerciale mais personne ne veut s'y installer, alors la cité, on la voit grise, très grise"

Ces affiches elle ne se reconnaît pas dedans. À côté d'elle, Stéphane scrute la réponse d'Éric Piolle à une question précise, une question cruciale. Celle du financement de la Maison de l'Enfance du quartier. "Nous sommes la seule structure qui propose de l'animation culturelle pour l'enfance, qui est en lien avec les familles". Sauf que l'association vit grâve aux subventions, et ne sait pas si elle doit être financée par la Métropole, ou le Département. "Il faut que la mairie fasse quelque chose, et nous explique où nous en sommes", regrette le co-Président.

"Mistral est en progrès"

Éric Piolle tentera de répondre, accompagné de sa première adjointe Élisa Martin, à toutes les interrogations. "Qu'il y ait autant de gens qui s'expriment, c'est déjà très bien, il y a quelques années le trafic de drogue avait posé une chape de plomb sur le quartier, personne n'osait se plaindre". Selon le maire, l'action combinée de la police (forces supplémentaires demandées par la ville et accordées par le ministre de l'Intérieur), de la justice, et des associations éducatives, fait du bien au quartier.

Concernant le devenir de la Maison de l'Enfance, Élisa Martin invitera les responsables à prendre contact directement avec elle, afin de mieux comprendre et régler le dossier. Mais en partant de la Maison des Habitants, les paroles - plus ou moins rassurantes - de l'équipe municipale ne restaient que des mots. Le quartier Mistral, lui, attend des actes.