Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Dossier : Coronavirus

Quartiers populaires et coronavirus : face au confinement, nous ne sommes pas tous égaux

-
Par , France Bleu Drôme Ardèche, France Bleu

Logement minuscule, budget serré, absence de matériel informatique... Pour certains habitants des quartiers populaires, le confinement est un calvaire. Dans la Drôme et en Ardèche, les taux de pauvreté sont les plus élevés de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Un immeuble de Fontbarlettes (Valence).
Un immeuble de Fontbarlettes (Valence). © Radio France - Claire Leys

Rester confiné est une épreuve, mais face à cette restriction de liberté, nous ne sommes pas tous égaux. Dans le quartier de Fontbarlettes à Valence, le soleil tape sur les façades des immeubles fissurés. Au loin, on entend les bruits du marché. Une femme observe à sa fenêtre les commerçants qui s'installent. Elle ne sortira pas. 

Les jeunes eux ont bien du mal à rester cloîtrés. "Vous vous voyez, vous, rester confinée dans un 27 mètres carré avec quatre autres gamins ?", me lance un jeune homme, assis sur un bloc de béton avec une dizaine d'amis. "On va péter un câble chez nous, c'est impossible. Notre vie, depuis toujours, elle est dehors", enchaîne un autre. Le taux de pauvreté dans le quartier des Hauts de Valence, qui regroupe Fontbarlettes et le Plan, est de 46 %, contre 20% à l'échelle de l'ensemble de la ville*. 

Le marché de Fontbarlettes a été maintenu ce samedi. Certains habitants se sont protégés avec des masques.
Le marché de Fontbarlettes a été maintenu ce samedi. Certains habitants se sont protégés avec des masques. © Radio France - Claire Leys

Pas d'appropriation des messages de prévention

Selon Marie Gil Moreno, animatrice à la maison des solidarité Nelson Mandela de Fontbarlettes, les messages de santé publique pour faire respecter le confinement passent mal auprès des jeunes, mais pas seulement. "Beaucoup d'adultes sont analphabètes, les messages de prévention, ils ne les lisent pas. L'information circule mal, explique-t-elle. Avec le confinement, il est désormais impossible pour Marie de se déplacer dans le quartier pour faire de la pédagogie sur l'épidémie de Covid-19 et les dangers qu'elle représente. Difficile aussi de déconstruire les fausses informations qui circulent au sujet du coronavirus sur les réseaux sociaux et via les messageries instantanées. "Nous réfléchissons à mettre en place une permanence téléphonique, pour garder le lien avec notre public et répéter les consignes"

Un immeuble de Fontbarlettes (Valence).
Un immeuble de Fontbarlettes (Valence). © Radio France - Claire Leys

"Les inégalités scolaires vont se creuser"

A Romans-sur-Isère, plusieurs quartiers sont également touchés par la précarité, notamment celui de La Monnaie. Le taux de pauvreté est explosif : 57%, contre 22% dans l'ensemble de la ville*. Marcelle élève seule ses deux enfants et pour elle, pas de confinement. Elle travaille dans un foyer pour personnes handicapées. Son fils de 11 ans se débrouille seul pour suivre l'école à distance. "Hier, il a pleuré parce qu'il n'a pas pu faire ses devoirs... C'était impossible de se connecter à internet. C'est très dur pour lui. On est obligé d'ouvrir la fenêtre et faire semblant de rire", confie Marcelle, désemparée. 

David Buisson, directeur du service prévention à la ville de Valence, s'inquiète de cette fracture numérique. "Parmi les jeunes que je suis, beaucoup n'ont pas d'ordinateur, et personne pour les aider à faire l'école à la maison. Ils sont livrés à eux-mêmes. C'est terrible, les inégalités scolaires vont encore plus se creuser." Il assure que les éducateurs de la ville poursuivent leur mission à distance, en téléphonant aux jeunes pour faire un point sur la scolarité. David Buisson en convient, ce n'est sûrement qu'une goutte d'eau dans l'océan des inégalités scolaires. 

"Comment je vais payer les factures ?"

Au-delà de l'avenir incertain de ses deux enfants sur le plan scolaire, Marcelle doit gérer les factures qui s'amoncellent sur la table. Electricité, gaz, eau... Avec le confinement, la consommation flambe. Le budget des courses aussi, depuis que les enfants ne mangent plus à la cantine. "Je ne sais pas si on va pouvoir tenir. Avec un seul salaire, comment je vais payer les factures ?", Marcelle en est persuadée, le confinement va durer. Pour le reste, elle attend des réponses. 

____________________________________
* Taux de pauvreté : source Valence Romans Agglo (2019)

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu