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Société

Radicalisations à Hérouville : le cri d'alerte du maire Rodolphe Thomas

mardi 29 décembre 2015 à 19:33 Par Boris Letondeur, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) et France Bleu

L'annonce de la mort de Reda Layachi, Hérouvillais de 18 ans parti combattre en Syrie, est la radicalisation de trop pour Rodolphe Thomas, le maire d'Hérouville Saint-Clair. En un mois, quatre habitants de sa ville ont été liés à des actes de radicalisation. Face à ça, il s'estime démuni.

Rodolphe Thomas demande de l'aide pour éviter les radicalisations.
Rodolphe Thomas demande de l'aide pour éviter les radicalisations. © Maxppp - Stéphane Geufroi

Caen, France

La mort de Reda Layachi, jeune Hérouvillais de 18 ans, vient d'être annoncé par le Parti Islamiste Turkistanais, un groupe djihadiste proche d'Al Qaïda. Marié, père de deux garçons, il est parti en Syrie en janvier 2014 avec un ami, lui aussi prénommé Reda. Début décembre, deux frères de 19 ans et 22 ans étaient mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes terroristes. Autre affaire récente, celle du lycéen de 18 ans condamné à 2 ans de prison pour apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux. 

Baisse de la délinquance

Ça commence à faire beaucoup pour le maire d'Hérouville Saint-Clair Rodolphe Thomas (Modem). Il tient à dire que sa ville n'est pas un terreau du djihadisme, en réponse aux déclarations de la sénatrice de l'Orne Nathalie Goulet.

"Sur une ville de 24 000 habitants, quatre ou cinq personnes ont dérivé, basculé. Je trouve ça regrettable, mais cataloguer Hérouville de cette sorte, c'est scandaleux. On a une baisse de la délinquance, il faut le rappeler, mais on a quelques jeunes qui tombe dans la radicalisation et on stigmatise notre ville". 

Rodolphe Thomas se dit "très inquiet" de la situation d'autant plus que l'identité du jeune hérouvillais était inconnue des services de Police Nationale et Municipale. C'est par les médias que l'élu a appris la nouvelle. 

"Seul" face à la situation

Le maire d'Hérouville Saint-Clair l'assure, il met tous les moyens qu'il faut pour éviter les cas de radicalisation.

"Nous mettons en place beaucoup d'actions sur l'emploi, la formation, la réinsertion pour éviter que tous ces jeunes ou adultes ne tombent dans la radicalisation et l'extrémisme. Mais on nous baisse les crédits de la politique de la ville et du programme de réussite éducative".

L'édile calvadosien se sent isolé, abandonné, par les services de l’État. Il affirme les avoir déjà alerté plusieurs fois des faits révélés ces dernières semaines, mais aucune réaction proportionnée n'est arrivée. Rodolphe Thomas évoque notamment le cas des "décrocheurs", ces adolescents qui quittent le circuit scolaire et qui très souvent, tombent en déshérence. L'Inspection d'académie ne prévient pas les élus lorsqu'un jeune de sa commune arrête de se rendre à l'école.

"La Justice, l'Education Nationale et l'Inspection académique ne font pas leur boulot dans les quartiers dits "sensibles" et ce sont les maires qui en prennent plein la figure !"