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Société DOSSIER : Incendie de Notre-Dame

Reconstruction de Notre-Dame : un tailleur de pierre mayennais s'inquiète du manque de bras sur les autres chantiers

mercredi 17 avril 2019 à 16:43 Par Aurore Richard, France Bleu Mayenne

Il est bientôt venu le temps de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. De nombreux professionnels vont être appelés pour mener à bien ce projet. En Mayenne, un tailleur de pierre craint de voir toute la main-d'oeuvre sur ce chantier et qu'il n'y en ait plus pour les autres chantiers.

L'Atelier de la Pierre est basé à Forcé, près de Laval et compte entre 10 et 15 salariés, ainsi que deux apprentis.
L'Atelier de la Pierre est basé à Forcé, près de Laval et compte entre 10 et 15 salariés, ainsi que deux apprentis. © Radio France - Aurore Richard

Laval, France

La reconstruction de la cathédrale Notre-Dame, à Paris, est déjà dans toutes les têtes, deux jours après ce tragique incendie. Il va falloir faire appel à plusieurs corps de métiers : des charpentiers, des couvreurs, des maîtres verriers, et en très grand nombre. Emmanuel Macron a annoncé un chantier de cinq ans mais pour certains professionnels du patrimoine, ce délai n'est pas raisonnable.

C'est le point de vue de Josselin Halouze par exemple, il est tailleur de pierre à Forcé, tout près de Laval. Il a fait le chantier du château de Laval, de l'église de Thévalles, entre autres, et il estime que si on travaille à l'identique, cinq ans, c'est impossible pour Notre-Dame.

C'est une tâche longue et minutieuse. "Une pierre est très profonde, très grosse donc on peut remplacer juste une partie de cette pierre, ce qui évite de tout démolir. On choisit nos pierres pour les découper à l'atelier, à l'identique, et ensuite, vient la pose et la finition sur place", décrit le tailleur de pierre. 

Des chantiers déjà repoussés par manque de main-d'oeuvre

Selon lui, si on veut respecter ce délai, il faut une charpente en béton par exemple, mais la cathédrale ne sera plus authentique. Et cela implique surtout qu'il faudra beaucoup de forces vives. Il estime qu'il faudra à la rentrée prochaine, dans les Centres de Formation d'Apprentis, une centaine de tailleurs de pierre supplémentaires

On va avoir un gros problème de main-d'oeuvre parce que si toute la main-d'oeuvre est concentrée sur un seul chantier, comment on va procéder sur les autres chantiers ?"

Josselin Halouze a déjà du mal à trouver des tailleurs de pierre. Il doit parfois repousser des chantiers de six à neuf mois parce qu'il n'a pas assez de monde. 

Pourtant, il trouve que le métier est devenu plus attractif. "Le bâtiment a évolué en termes de sécurité, de confort, maintenant on a des moyens de levage donc on force très peu, et on a des salaires qui sont très convenables", explique Josselin Halouze. Il espère que ce chantier donnera envie à des jeunes de se lancer, et pour le gérant, c'est même "le chantier de [sa] génération".