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Société

Redon : il fait des rénovations et trouve soixante lettres d'amour datant de 1916

Alors qu'il rénovait un appartement ancien sous les toits à Redon (Ille-et-Vilaine), Maxime Le Roux a fait une incroyable découverte. Une soixantaine de lettres cachées derrière un mur, une correspondance entre un poilu de la Grande Guerre, et sa femme. Le petit-fils du poilu s'est manifesté.

Maxime le Roux a découvert les lettres derrière un mur, sous les toits
Maxime le Roux a découvert les lettres derrière un mur, sous les toits © Radio France - Maxime Bossonney

Redon, France

C'est une petite histoire dans la grande Histoire de la Première Guerre mondiale. Une découverte incroyable faite par un jeune homme de 24 ans, Maxime le Roux, qui rénovait un appartement sous les toits d'un petit immeuble de Redon. "Il était dans un sale état, il n'y avait aucune isolation, j'ai décidé de tout casser" explique-t-il.

C'est dans cette petite cavité que le jeune homme a vu les lettres - Radio France
C'est dans cette petite cavité que le jeune homme a vu les lettres © Radio France - Maxime Bossonney
Maxime Le Roux effectue des rénovations dans cet immeuble de Redon rue Saint-Nicolas - Radio France
Maxime Le Roux effectue des rénovations dans cet immeuble de Redon rue Saint-Nicolas © Radio France - Maxime Bossonney

L'agent immobilier de profession décide alors d'entreprendre de grands travaux. Il n'imaginait pas une seconde que derrière les murs, se trouvait un trésor inestimable. "J'ai commencé par arracher la cloison et le rampant de la cuisine, j'ai alors vu une petite cavité sous les combles, j'ai découvert un petit paquet". Maxime le Roux pense au départ à des journaux, puis il se rend compte, en étudiant le papier un peu jauni et froissé par l'humidité, qu'il s'agit de lettres. Soixante lettres ! Une véritable correspondance. 

Une histoire d'amour passionnée

L'une des premières lettres date de 1916. Il y en avait beaucoup plus, mais celles au-dessus du tas étaient en très mauvais état, poussiéreuses et illisibles, "j'ai été obligé de les jeter" précise le jeune homme. "Je me suis tout de suite dit que j'avais trouvé un véritable trésor, c'est fou de découvrir ça ici, à Redon, sous les toits au troisième étage d'un petit immeuble."

Au fur et à mesure de ses lectures, il comprend qu'il s'agit d'un soldat de la guerre 14-18, Jean Chapron, qui écrivait à sa femme Lili, et à sa fille. Le ton est parfois cru, intime, mais très tendre et émouvant. "Il parle de l'éloignement, du manque, du quotidien de la guerre, et d'amour bien sûr" nous confie Maxime Le Roux.

Maxime Le Roux a numérisé toutes les lettre spour les rendre accessibles en ligne - Radio France
Maxime Le Roux a numérisé toutes les lettre spour les rendre accessibles en ligne © Radio France - Maxime Bossonney

Il décide alors de numériser toutes les lettres et de faire des recherches pour contacter la famille du soldat. "J'ai essayé de joindre tous les Chapron de Saint-Nazaire, car une adresse, le 7 rue Amiral-Courbet était inscrit sur les enveloppes. Mais cela n'a rien donné". Mais surprise ! Le lundi 4 novembre le petit-fils de Jean Chapron, se manifeste et contacte Maxime le Roux. Il habite à Saint-Nicolas-de-Redon, juste en face, à quelques kilomètres du lieu de découverte des lettres !

"J'ai été sidéré"

Yves Goujon n'en croyait pas ses yeux quand il a vu que les lettres de son grand-père ont été retrouvées. "J'étais sidéré, je connaissais leur existence mais j'ai été sidéré !" confie le petit-fils. 

Yves Goujon est le petit-fils du poilu - Radio France
Yves Goujon est le petit-fils du poilu © Radio France - François Rivaud

Grâce à notre entretien avec Yves Goujon, on en sait un peu plus sur ce poilu. Jean Chapron est mobilisé le 4 août 1914 à 27 ans et il décède à Arcis sur Aube à 31 ans, le 19 juillet 1918. Il était caporal au 11 ème Régiment d'infanterie. Le caporal Chapron était originaire de la région de Saint-Nazaire. Avant de partir à la guerre il travaillait à la Caisse d'Epargne de la ville de Loire-Atlantique.

Pendant ses quatre années au front il a écrit tous les jours à sa femme (la mère d'Yves Goujon). Parfois deux lettres ou une lettre et une carte postale par jour ! Au total cela ferait un millier de courriers !

"Ce que disait ma mère sur son père m'a permis d'avoir beaucoup de tendresse pour cet homme que je ne connaissais pas" explique Yves Goujon. "De revoir ces lettres permet de passer du souvenir à quelque chose de vrai. Cela rattache à une chaîne familiale, je suis son descendant."

L'écriture est très lisible - Aucun(e)
L'écriture est très lisible - Capture lettre poilu

C'était important pour Maxime Le Roux de retrouver la famille du poilu. "Ce sont des courriers intimes, sentimentaux, d'ordre privé et familial. Cela leur revient de droit."

Le reportage avec Maxime Le Roux et Yves Goujon

Les lettres ont été mises en ligne par Maxime le Roux, voici un petit extrait, révélateur d'une correspondance amoureuse et enflammée :

  • "On a bien eu le temps d'oublier nos premières caresses, et nos petites folies du soir. Oh ma petite Lili, quel bonheur de te revoir, dans quelques jours nous serons ensemble, oh je ne voudrais plus te quitter après. Signé, ton petit Jean qui t'adore".
  • Mardi 04 août 1914, 04h30 du matin (jour du départ de Jean Chapron). "Adieu ma chère petite Yvette, tu es trop jeune pour comprendre l'étendue de ma douleur. Je ne veux pas partir et quitter ce foyer, sans te laisser au moins au moment du départ, ces quelques lignes qui te prouveront plus tard, que ton père a eu pour toi, une dernière pensée. Adieu."
Certaines lettres sont encore en bon état - Aucun(e)
Certaines lettres sont encore en bon état - Capture lettre poilu
Des cartes postales étaient également échangées - Aucun(e)
Des cartes postales étaient également échangées - Capture lettre poilu
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