Société

Réforme pénale : vers moins de détenus à la prison de Mont-de-Marsan ?

Par Cédric Lieto, France Bleu Gascogne mercredi 4 juin 2014 à 17:55 Mis à jour le jeudi 5 juin 2014 à 8:02

La réforme pénale discutée cette semaine à l'Assemblée prévoit la mise en place de la contrainte pénale : une "liberté surveillée" pour les personnes coupables de délits, jusqu'à dix ans de prison. Quelles seront les conséquences pour le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan ? Va-t-il se vider dans les prochaines années ?

Le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan (illustration). - Maxppp
Le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan (illustration). © Maxppp - Nicolas Le Lièvre
C'est le point de la réforme pénale qui fait couler le plus d'encre et de salive : la contrainte pénale. Plutôt que d'aller en prison, les délinquants pourraient vivre en liberté mais avec de multiples contraintes comme l'obligation de se soigner, d'indemniser leurs victimes ou de trouver un travail. La contrainte pénale concernerait les auteurs de délits, jusqu'à dix  ans d'emprisonnement. À quoi ressemblerait le centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan si cette réforme était appliquée ?

Pas question de vider les prisons

En théorie, la majorité des 560 détenus de l'unique prison des Landes serait concernée par cette contraine pénale . Pour autant, pas question de vider le centre pénitentiaire pour Véronique Guiot, directrice adjointe du service pénitentiaire d'insertion et de probation des Landes : "Le magistrat, s'il considère que la personne est trop dangereuse, n'ira pas vers une contrainte pénale. "

Reste à savoir si le service pénitentiaire d'insertion et de probation, en charge de suivre ces délinquants aura les moyens d'accomplir ses missions. Aujourd'hui, 14 conseillers ont en charge environ 200 personnes . Le gouvernement a prévu un millier de postes supplémentaires d'ici 2017 dans tout le pays.

Il faut trouver une alternative à la prison pour Véronique Guiot : "On s'aperçoit que quand on construit des prisons, elles sont toujours remplies [...] Pour une victime, c'est la punition qui prime mais la justice doit se décaler. Il faut prendre en compte la victime mais il faut faire un travail par rapport à la prévention du risque de récidive. "

Réforme pénale / Son

C'est aussi une question d'économies pour l'administration : une journée en détention coûte 100 euros , dix fois plus qu'une journée avec un bracelet électronique.