Société

Réforme territoriale : Hollande propose un passage de 22 à 14 régions

France Bleu lundi 2 juin 2014 à 22:05 Mis à jour le mardi 3 juin 2014 à 17:58

La carte des 14 régions proposée par François Hollande
La carte des 14 régions proposée par François Hollande © www.elysee.fr

Le président de la République Francois Hollande a détaillé, dans une tribune publiée dans la presse mardi, sa vision de la prochaine carte des régions de France. Avec à la clé de nombreuses fusions. Le nombre de régions passerait de 22 à 14.

La réforme territoriale est l'un des grands chantiers de la deuxième moitié du quinquennat de François Hollande, qui en a donné les contours dans une tribune publiée dans la presse quotidienne régionale datée de mardi. Le chef de l'Etat a annoncé qu'elle passerait par une grande refonte des régions, dont le nombre passera de 22 à 14. Pour ce faire, certaines d'entre elles vont devoir fusionner. Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon fusionnent, tout comme Bourgogne et Franche-Comté, Picardie et Champagne-Ardenne, Auvergne et Rhône-Alpes, Alsace et Lorraine, ainsi que Poitou-Charentes, Centre et Limousin.

VOIR LE TEXTE COMPLET DE LA TRIBUNE DE FRANCOIS HOLLANDE

Alors que certains élus s'étaient exprimés en faveur d'un rapprochement avec la Loire-Atlantique, rien ne change pour la Bretagne qui conserve la même envergure. Les Pays de la Loire demeurent eux aussi inchangés, alors même qu'une fusion avec la région Poitou-Charentes se profilait. Même traitement en Nord - Pas-de-Calais. Alors que la piste d'une grande région agrémentée de la Picardie, voire de Champagne-Ardenne était pressentie, seules ces deux dernières fusionnent, pour le plus grand étonnement du président de la région Picardie, Claude Gewerc, qui affirme que cette hypothèse n'avait "jamais été évoquée" . Enfin, sans surprise, Haute et Basse Normandies se retrouvent unifiées.

Manuel Valls n'exclut pas "des évolutions"

Ce mardi matin, le Premier ministre a précisé sur BFMTV les modalités de cette nouvelle fusion des régions. Le Premier ministre a tempéré les premières réactions négatives suite au nouveau redécoupage, affirmant qu'il peut encore "y avoir des évolutions" : "C'est une réforme difficile, compliquée".

Excluant la possibilité d'un référendum, qui ne serait qu'une vaste "addition des contraires" et une réponse à la politique de François Hollande en général plutôt qu'au projet de réforme territoriale, Manuel Valls a en revanche promis un débat parlementaire. Il a annoncé que deux textes seront présentés le 18 juin en conseil des ministres, avant d'être examinés au Parlement : le premier qui "reconfigure" la carte des régions, le second sur la répartition des compétences, notamment avec les départements.

Car l'objectif de la suppression des conseils généraux à l'horizon 2020 est maintenu. Manuel Valls a estimé à "au moins trois ans" le temps nécessaire pour transférer leurs compétences aux régions et aux communautés de communes. C'est aussi ce qu'expliquait le secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale André Vallini ce mardi matin sur France Inter.

Les présidents de régions pas toujours convaincus

Les annonces de François Hollande ne font pas l'unanimité. En Poitou-Charentes, Jean-François Macaire, le président PS de la région, s'est montré rassuré de conserver "l'entité Poitou-Charentes", même si le ménage à trois prévu avec le Centre et le Limousin l'enchante moins.

Alors que de nombreux élus de sa région avaient manifesté leur préférence pour un rapprochement avec l'Aquitaine, le président de la région a accueilli avec philosophie la décision de l'Élysée, balayant au passage toute éventualité de référendum local, comme le réclamait l'UMP Dominique Bussereau, président du conseil général de Charente-Maritime : "Il s'agit là d'une décision nationale, non locale. Sinon, on va vers un éclatement de la France en morceaux". 

Son de cloche différent en Champagne-Ardenne où, passé l'effet de surprise, on accueille plutôt favorablement la nouvelle. Jean-Paul Bachy, président de la région, a salué la "choérence économique" d'une fusion avec la Picardie. La future super-région, qui développe depuis longtemps des collaborations agro-industrielle devrait tirer parti du redécoupage pour se tirer vers le haut sur le plan économique. Sur Twitter, pourtant, vous êtes nombreux à vous étonner de cette décision.

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Bandeau décentralisation © Radio France

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