Société

Réforme territoriale : pour les partisans d'un rattachement de Nantes à la Bretagne, le combat continue

Par Mikaël Roparz, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel et France Bleu Loire Océan mardi 3 juin 2014 à 11:16

Le château des Ducs de Bretagne à Nantes
Le château des Ducs de Bretagne à Nantes © Radio France

Quatorze grandes régions métropolitaines, les élections régionales et départementales reportées de six mois, la disparition des conseils généraux en 2020 : François Hollande a dévoilé sa réforme territoriale qui redessine la carte de France. La Bretagne et les Pays-de-la-Loire restent telles quelles. Une décision qui passe mal chez les partisants de la fusion de la Bretagne.

Le nombre de régions annoncé par François Hollande est finalement de 14, contre 11 à 12 évoquées dans les schémas précédemment présentés par l'exécutif. Sur la nouvelle carte, l'Auvergne fusionne avec Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon rejoint Midi-Pyrénées, la Bourgogne se marie avec la Franche-Comté. Les deux Normandie se rapprochent, comme l'Alsace et la Lorraine et la Picardie et Champagne- Ardenne. Les frontières de la Bretagne, Aquitaine, Pays-de-Loire, Corse, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Nord-Pas-de-Calais et Ile-de-France ne bougent pas.

La région Ouest a été jusqu'au bout l'objet d'une bataille rangée entre élus par réseaux sociaux interposés, donnant une impression de confusion et d'indécision sur fond de rivalités régionales et politiques.

 

Un scandale démocratique

Dans les deux heures précédant la publication de la tribune du président, Jacques Auxiette, président PS du conseil régional des Pays de la Loire, annonçait un mariage entre sa région et Poitou-Charentes. L'ancien Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, plaidait pour sa part sur son compte Twitter pour une "fusion Pays de la Loire-Bretagne autour des métropoles Nantes et Rennes ". Au final, Poitou-Charentes, Centre et Limousin ne font plus qu'un. La Bretagne reste une région à elle seule mais n'hérite pas, dans ce projet, de la Loire-Atlantique, contrairement au voeu de certains élus et habitants qui se sont mobilisés pour "une réunification" de toute la région.

Sans la Loire-Atlantique, "Hollande confirme Vichy qui avait créé en 1941 " les Pays de la Loire, s'est insurgé le député breton Marc Le Fur (UMP). D'autres voix s'étaient élevées lundi à gauche, dont celle de l'ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, pour réclamer une fusion Pays de la Loire/Bretagne. Même chose pour Johanna Rolland, toute nouvelle maire de Nantes.

Le Premier ministre Manuel Valls a annoncé mardi que la réforme allait "forcément évoluée ". Le combat continue donc pour les partisants au rattachement de Nantes à la Bretagne.

Le collectif 44=BZH estime que cette réforme proposée par le gouvernement est un "spectacle honteux pour la démocratie. Nous réclamons la possibilité pour les citoyennes et citoyens de participer à la réforme de leur espace régional, de pouvoir décider et participer à la destinée de leur région et ses politiques publiques ". Des rassemblements sont prévus mardi après-midi devant les préfectures à Nantes, Quimper, Rennes, Saint-Brieuc et Brest.