Société

Réfugiée en Dordogne après avoir fui Daesh, une famille irakienne prend son envol

Par Benjamin Fontaine, France Bleu Périgord dimanche 2 juillet 2017 à 18:52

La famille Jibreta entourée des habitants de la paroisse.
La famille Jibreta entourée des habitants de la paroisse. © Radio France - Benjamin Fontaine

Arrivée il y a un an et demi en Dordogne après avoir fui l'Irak, la famille Jibreta prend un nouveau départ en quittant le département pour rejoindre l'Alsace où elle espère continuer son intégration.

Un an et demi après leur arrivée en Périgord, la famille Jibreta, venue d'Irak et installée à Génis au nord du département va quitter la Dordogne, direction Strasbourg. Alaa, Marleen et leurs cinq enfants sont arrivés en France pour fuir Daesh. A l'époque l'Etat Islamique avait pris possession de Karakoch, une ville de 50.000 habitants au nord de l'Irak. Aujourd'hui, les islamistes sont partis, mais le retour des Chrétiens n'est qu'illusoire.

Fête de départ pour les Jibreta.

Dans une semaine, la famille va donc prendre la route, direction l'Alsace. Pour leur dire au revoir, quelques habitants du village, des membres de la paroisse et de l'association Chrétiens d'Orient Périgord ont tenu à leur organiser une petite fête juste après la messe du dimanche en l'église d'Excideuil. A leur arrivée dans la salle des fêtes de la commune, les Jibreta ont reçu quelques cadeaux. Une médaille, un Christ en argent, des petits anges et de l'eau bénite de Lourdes. Marleen la mère de famille était très émue. "Je suis triste de partir car les gens sont très gentils ici."

"Je suis triste de laisser mes copains" - Samah, 8 ans

Marleen et Alaa ne connaissent que quelques mots de français, malgré les cours du soir qu'ils ont suivi depuis leur arrivée. En revanche leurs enfants ont vite appris, Samah (8 ans) et Santa (5 ans) sont allés à l'école de Génis. "On a beaucoup travaillé, surtout les mathématiques et vendredi nous avons fait le spectacle de fin d'année c'était très bien, je suis triste de partir et de laisser mes copains," raconte l'aîné de la famille. "La maison est trop loin," ajoute sa petite sœur.

"Leur venue n'a pas été un poids, elle a été considérée comme un cadeau" - Philippe

Le départ de la famille Jibreta pour Strasbourg va laisser un certain vide dans la commune. "Ils font partie de ma famille," confie Josiane, membre de la paroisse. "Ils nous ont donné une leçon de vie, on ne les a jamais entendu se plaindre," ajoute Marie-France. "Ils ont eu droit à une nouvelle existence. Leur venue n'a pas été un poids. Elle a été considérée comme un cadeau," enchérit Philippe. Le maire de Génis, Bruno Chapuis confirme. "Je pense que leur situation a ouvert les yeux à certains. Certains m'ont même demandé si d'autres migrants allaient arriver. On a eu tellement de dons qu'on a même pu aider des familles en difficulté dans la commune et ailleurs. C'est formidable."

"L'expérience a été très positive." dit le maire de Génis.

A Strasbourg, la famille Jibreta va prendre son envol. Elle sera suivie de près par le curé de la paroisse. Sur place, d'autres Irakiens les attendent et Alaa le père, menuisier espère trouver un travail. Pierre-Sylvain Roche de l'association Chrétiens d'Orient Périgord, compte bien rester en contact avec les réfugiés. Dès le 10 août il accueillera aussi une nouvelle famille irakienne. Elle sera installée à Château-l’Évêque.