Société

Réfugiés : la chaîne de solidarité démarre tout juste à Toulouse

Par Bénédicte Dupont, France Bleu Toulouse jeudi 10 septembre 2015 à 15:45

Le Secours Populaire puise jusque là dans ses stocks.
Le Secours Populaire puise jusque là dans ses stocks. © Radio France - Bénédicte Dupont

Depuis quelques jours à peine, il s'est produit un déclic : le Secours Populaire de Toulouse reçoit quelques appels de particuliers souhaitant aider les réfugiés. Jusque là, l'association travaillait dans l'indifférence quasi générale, notamment auprès des familles syriennes des Izards.

La mobilisation des citoyens autour de la question des réfugiés commence tout juste à se mettre en branle. Le Secours Populaire de Toulouse, dans le quartier de la Vache, s'occupe déjà de ces 180 Syriens qui squattent des barres de HLM désaffectés aux Izards depuis le printemps.

Cela fait trois mois qu'on accompagne comme on peut  les Syriens des Izards. Cette semaine, on leur a amené des couvertures, des produits pour bébés, de la nourriture. On puise dans nos stocks. Ils vivent dans des conditions insalubres. Et rares sont ceux qui s'y sont intéressés jusqu'à aujourd'hui.  

— Odette Correa, attachée de direction du Secours Populaire Toulouse

Reportage au Secours Populaire de Toulouse

L'association reçoit des appels de particuliers pour aider les réfugiés depuis quelques jours seulement. Certains souhaiteraient héberger des migrants, mais le Secours Populaire rappelle que ça n'est pas de son ressort. Ce qui compte, c'est l'aide d'urgence. Ils ont besoin, en priorité de matériel de puériculture (vêtements de bébés, poussettes, couches, petits pots, lait en poudre), de nourriture non périssable et de produits d'hygiène (douche, shampoing, serviettes hygiéniques). Pas spécialement de vêtements car l'association dispose déjà d'un stock conséquent et les réfugiés semblent relativement équipés.

Le Secours Pop de l'avenue des Etats-Unis centralise les dons à Toulouse. - Radio France
Le Secours Pop de l'avenue des Etats-Unis centralise les dons à Toulouse. © Radio France - Bénédicte Dupont

"Personne ne prend le pain de personne!"

Marie Muet, l'une des coordinatrices du Secours Populaire avenue des Etats-Unis à Toulouse,  pousse un coup de gueule : il était temps que les pouvoirs publics et l'opinion publique se mobilise.

Marie Muet, coordinatrice au Secours Populaire de Toulouse

Personne ne prend le pain de personne. Nous continuons à aider nos bénéficiaires habituels dans les quartiers. Ceux qui se plaignent de voir ces familles être orientées dans des HLM et soi-disant prendre la place des Français, j'ai envie de leur dire "Venez aux Izards", beaucoup de gens n'en voudraient pas. 

— Marie Muet

Pour le moment, onze villes du Sud Toulousain se sont ouvertement portées volontaires pour accueillir des réfugiés (Ramonville, Villate, Portet, Labarthe-sur-Lèze, etc), mais d'autres villes comme Pibrac ont aussi mené des initiatives locales plus discrètes. On ignore pour le moment combien de familles arriveront dans le département et où elles seront orientées.

Contacter le Secours Populaire en Haute-Garonne