Société

Réfugiés/Migrants : deux visions de la Bretagne se font face à Quimper

Par France Bleu Breizh Izel, France Bleu Breizh Izel samedi 23 janvier 2016 à 17:39

Deux manifestations face-à-face sur les rives de l'Odet
Deux manifestations face-à-face sur les rives de l'Odet © Radio France - France Bleu Breizh Izel

Ce samedi après-midi, 150 personnes sont venus manifester sous les bannières du collectif identitaire d'extrême droite Adsav. Ils étaient 800 à leur faire face sous des drapeaux colorés à l'appel d'une vingtaine d'associations, de défense des droits de l'homme, anti-racistes et, citoyennes.

Deux visions de la Bretagne se sont fait face, ce samedi après-midi, sur les bords de l'Odet. C'est sur la place de la résistance que le mouvement identitaire Adsav s'est rassemblé pour crier son opposition à l'accueil de réfugiés et de migrants dans les communes bretonnes, comme c'est le cas par exemple à Fouesnant ou à Pleyben dans le Finistère. A de nombreuses reprises le chant "On est chez nous" a été entonné. 

Pour Ronan Le Gall, le porte-parole d'Adsav, les choses sont simples. L'accueil humanitaire des migrants est "un système qui favorise les autres plutôt que les nôtres". De son point de vue "les clandestins ont plus de droits que les chômeurs."* Ils espéraient mobiliser 200 personnes, ils étaient un peu moins de 150 sur les bords de l'Odet*. 

Forte mobilisation en réponse à l'extrême droite 

Changement de décor côté Cathédrale, là, les drapeaux sont colorés et on peut y lire des messages tels que "pour une Bretagne ouverte et solidaire". Le mouvement a été initié par le collectif anti-fasciste de Quimper, rapidement rejoint par de nombreux partis politiques de gauche, mais aussi la LDH, Attac, les féministes de Gast!, ou encore le mouvement pour la paix. Objectif largement dépassé pour les organisateurs. Ils espéraient 300 personnes, ils étaient plus de 800.

"Ce n'est pas la faute aux réfugiés si nos paysans ont des problèmes !", un militant associatif 

Dans ce cortège, Youn Jardin, militant associatif de Douarnenez, s'agace. "Il ne faut pas mettre en concurrence la misère. Ce n'est pas leur faute [aux réfugiés] si nos paysans ont des problèmes par exemple. C'est à cause ce notre système économique qui favorise les riches et appauvrit les plus pauvres. C'est cela qui est honteux."

"Moi, j'ai surtout honte de voir des bretons vouloir mettre tout le monde dehors", s'emporte Marie Le Dû, une militante de la ligue des droits de l'homme de Concarneau. "Faut pas oublier qu'on trouve des bretons partout dans le monde", renchérit un autre manifestant. 

Important dispositif policier 

Le préfet avait décidé de maintenir ces manifestations malgré le risque de débordement. Quelques individus voulaient clairement en découdre avec l'autre camp. Un cordon de CRS les ont maintenu à distance.

Vue côté Cathédrale - Radio France
Vue côté Cathédrale © Radio France - France Bleu Breizh Izel