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CARTE - Canicule : neuf départements en vigilance rouge, 53 en orange
DOSSIER : Regards croisés

REGARDS CROISÉS : "Ce burn-out m'a sauvé la vie"

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Par , France Bleu

Sylvia a eu un burn-out professionnel. Aux côtés de son mari, Cyril, elle explique ce jour où son corps lui a dit d’arrêter, les signes qui auraient dû l’alerter et ce qu’elle a fait pour relever la tête.

Sylvia était employée administrative. Horaires non cadrés, des tâches qui allaient au-delà de son poste, une pression imposée par ses supérieurs et surtout, un besoin de ne pas décevoir rythmaient son quotidien. Le 22 mai 2019, c’était la pression de trop, le mot de trop, la journée de trop. Sylvia craque. Ce jour-là, son corps a dit stop.

« J’arrivais au travail en me demandant ce que je faisais là »

Son mari, Cyril, « avait conscience qu’elle était vraiment à bout » mais Sylvia ne l’entendait pas. « Quotidiennement elle avait des excès de colère, je pense qu’elle n’arrivait pas à se reconnaître », poursuit son mari. Mais pour autant, Sylvia ne pouvait pas arrêter, _« c’est comme si elle était prise dans un piège »_, selon Cyril.

Des signes, il y en a eu. Au-delà de la colère quotidienne, Sylvia avait des pensées très négatives, « je partais de la maison en regardant lequel des fossés était le mieux adapté pour y mettre la voiture. ». Et pourtant, elle continuait, elle ne pouvait pas arrêter. Elle l’aurait vécu comme un échec. « C’est un des traits des personnes qui font un burn-out, on a trop besoin de perfection, on attend trop en reconnaissance. » poursuit la jeune maman de deux enfants.

Quelques semaines avant son burn-out, Sylvia avait commencé à voir une psychiatre. Cette dernière, en voyant sa détresse, souhaitait qu’elle s’arrête. En vain. _« Je voulais être plus forte, je ne pensais pas être malade. »._Puis le 22 mai 2019 est arrivé, le corps de Sylvia a parlé pour elle.

« À partir du 22 mai, ça a été la descente aux enfers »

Ce jour-là, Sylvia devait rendre un appel d’offres à 11h00. Néanmoins, son collègue n’avait pas fini _« la partie technique »et donc, le temps de finir, il était trop tard. Pour elle, c’était inenvisageable d’avoir échoué. « Je me suis effondrée, crise de larmes, crise d’angoisse, je n’arrivais plus à respirer. »._

Pour Cyril, qui lui disait depuis des mois qu’il fallait qu’elle s’arrête, il y a eu une sorte de colère de voir sa femme aussi dévastée. Mais selon Sylvia, il fallait arriver « à cet état d’être une loque […] pour pouvoir me rendre compte qu’il fallait stopper. ». 

Les mois qui ont suivi ont été une véritable torture pour cette famille. Les maux se sont accentués, comme si la pression accumulée depuis des années partait et laissait place au vide. Les journées de Sylvia se résumaient à accompagner ses enfants à l’école. _« Le matin je me levais, je ne me douchais même pas, j’enfilais un survêtement, un manteau, j’allais déposer mon fils […] et entre le moment où j’avais déposé mon fils et le moment où j’allais le récupérer… Je ne sais pas. »._La jeune maman s’est isolée socialement, le seul endroit où elle passe ses journées c’est le canapé. 

La plus grande peur de Cyril, c’était que _« lorsqu’elle prenait des médicaments, elle fasse une grosse bêtise. ».Pour éviter le pire, et ne pas qu’elle en prenne trop, il les cachait. Sylvia, quant à elle, lorsqu’elle voyait les médicaments, pensait bel et bien au pire : « Si je les prends, ce sera fini. Il n’y aura plus cette peine. Il n’y aura plus rien. ».Voilà ce qu’elle se disait. Même la présence de ses enfants n’enlevait pas sa douleur. « Les enfants s’agitaient autour de moi mais… je n’étais pas là. »._

« Je ne peux plus rester comme ça, j’ai besoin de parler »

Au fur et à mesure des semaines qui se sont écoulées, Sylvia a eu un regain d’énergie qui lui a permis de retrouver une force au fond d’elle pour relever la tête. « Je ne peux plus rester comme ça, j’ai besoin de parler, j’ai besoin de dire ce qui m’est arrivé, de le sortir. ». Et pour cela, la jeune femme souhaitait parler avec des personnes qui la comprenaient, « J’avais l’impression d’être comme des alcooliques, d’avoir besoin d’assister à des réunions ».

Cela n’a pas été simple, il n’existe pas beaucoup d’organisations qui ont mis en place des ateliers pour les personnes qui ont fait un burn-out. Elle a réussi à trouver une clinique qui effectue des ateliers, mais aussi l’association SOS burn-out France qui lui a permis de rentrer en contact avec des personnes qui ont vécu la même chose qu’elle.

« Oui j’étais malade, oui j’avais le droit d’être en maladie, de prendre soin de moi. Oui j’ai voulu trop faire, trop donner… ». Autant d’acceptations, difficiles à appréhender mais qui ont pu l’être grâce à ces groupes de paroles.

« Aujourd’hui, j’avance doucement, je progresse mais je ne suis pas guérie »

« Sylvia elle va mieux, elle veut aller vers les autres, partager son expérience » selon Cyril. Si sa femme va mieux, c’est en grande partie grâce à lui. _« C’est mon mari qui m’a épaulée, qui m’a écoutée, qui m’a soutenue... ».Tout n’est pas gagné pour Sylvia et son mari. Comme ce dernier l’explique, « c’est un combat de tous les jours, il y a toujours des hauts, des bas. ». _

Même si Sylvia ne se considère pas comme guérie, il y a des étapes de franchies tous les jours. « Je progresse et je m’épate tous les jours. Je suis dans la reconstruction. ». La jeune maman, lucide sur son parcours puisque selon elle le burn-out lui a _« sauvé la vie d’une certaine façon »_, sait qu’elle peut compter sur son mari et ses enfants pour retourner à un essentiel de vie où l’amour des siens est un socle inébranlable. 

Si vous aussi, vous êtes dans une situation proche du burn-out, il est possible d’appeler la permanence de l'association SOS BURN-OUT France au 06 50 30 24 26 ou de les contacter via leur page Facebook SOS BURN-OUT France.

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