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Société DOSSIER : Incendie de Notre-Dame

Incendie de Notre-Dame: à Reims, à la découverte de la charpente en béton de la cathédrale

mardi 16 avril 2019 à 17:16 Par Thomas Coignac, France Bleu Champagne-Ardenne

Comment reconstruire la cathédrale Notre-Dame de Paris ? Après l'incendie qui a dévasté une partie de la toiture, lundi, beaucoup ont pris l’exemple de la cathédrale de Reims, comme exemple à suivre. Reconstruite dans les années 1920-30, elle s'est dotée d'une charpente en béton.

Les poutres de béton soutiennent la toiture.
Les poutres de béton soutiennent la toiture. © Radio France - Thomas Coignac

Reims, France

"En principe, on est à l'abri d'un incendie comme à Paris", dit le père Jean-Pierre Laurent, recteur de la cathédrale de Reims, en levant les yeux au ciel. Il faut dire qu'au dessus des voûtes de la cathédrale de Reims, pour supporter la toiture, il n'y a (presque) pas de bois, mais du béton. 

Un vrai mécano 

De quoi normalement empêcher les flammes de dévaster l'endroit, comme cela a été le cas à Notre-Dame de Paris. La charpente de l'édifice parisien, surnommé "la forêt", était tout en bois, de chêne, dont certains arbres dataient du XIIe siècle. A Reims, c'est donc, comme le dit la conservatrice de la cathédrale, Virginie Thévenin, "un vrai mécano". Sous les toits, à plus de 50 mètres de hauteur, une galerie d'une centaine de mètres de long. Elle est composée de milliers de pièces en béton armé de quatre à cinq centimètres d’épaisseur, qui s'entrecroisent, ajustées ensemble par des attaches en métal, et par des pièces circulaires en bois. 

Virginie Thévenin, la conservatrice de la cathédrale. - Radio France
Virginie Thévenin, la conservatrice de la cathédrale. © Radio France - Thomas Coignac

Une décision prise après l'incendie de 1914, provoqué par une attaque d'obus de l'armée allemande. La charpente du 15e siècle ne résiste pas aux flammes. La cathédrale de Reims brûle toute la nuit. Au petit matin, elle n'est plus qu'un amas de pierres. Il faudra pratiquement 20 ans de travaux avant que ce monument ne retrouve toute sa splendeur.

Alors, pour éviter un nouvel incendie, après ceux de 1481 et 1914, la charpente de Reims est donc en béton. Et, s'il y a les incendies restent possibles au rez-de-chaussée, puisqu'il y a des éléments en bois, "a priori, la charpente ne disparaîtra pas, reprend Virginie Thévenin. Toutefois le feu est quand même quelque chose de puissant, qui pourrait occasionner des déformations de la charpente, et une mise en danger". Un dispositif unique en France pour un édifice de cette taille et de cette ancienne, même si l’architecte Henri Deneux s'est "fait la main", avec un une charpente en bois similaire dans l'église Saint-Jacques de Reims. Une solution unique qui se visite, puisque la balade en haut des toures comporte un passage par les combles. 

Et voilà ce qui lie les pièces du "mécano". - Radio France
Et voilà ce qui lie les pièces du "mécano". © Radio France - Thomas Coignac

"Quand les gens voient ça, leur première réaction, c'est de crier Wouah !, sourit Virginie Thévenin. Parce que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, cette charpente en béton est belle". Et ça tient ! "Avec ce système de mécano, on pourrait se dire que le système est précaire. Mais l'an dernier, lorsqu'on a restauré la couverture, on a remarqué que la charpente était très peu endommagée, on a pas eu besoin de faire de restauration."

Une nouvelle technologie pour Notre Dame ?

Alors, Notre-Dame de Paris s’inspirera-t-elle de cet exemple ? L'écrivain Patrick Demouy, spécialiste de la cathédrale rémoise, pose une troisième hypothèse : "réinventer une charpente avec une nouvelle technologie, avec une structure solide et ininflammable".