Société

A Reims, des citoyens se mobilisent pour donner un toit à des migrants

Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne vendredi 23 décembre 2016 à 6:00

Des femmes du quartier Croix rouge se relaient chaque soir pour leur faire un repas.
Des femmes du quartier Croix rouge se relaient chaque soir pour leur faire un repas. © Maxppp - Stephanie Lecocq

Grâce à des dons de particuliers, une trentaine de migrants qui dormaient dehors sont logés dans un hôtel à Reims. Une véritable chaîne de solidarité qui leur permet d'avoir un toit et à manger, mais jusqu'à quand ? Un collectif de citoyens en appelle aux élus.

Les tentes étaient installées devant le centre d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) dans le quartier Croix rouge à Reims. Et un soir fin novembre, Jennifer, une habituée des maraudes, est appelée par des amis qui ont repéré une mère de famille et son enfant : "je suis arrivée à 22 h - 22 h 30, le petit avec sa maman était allongé dans l'herbe avec une couverture...". Elle décide alors de leur payer une nuit d'hôtel, puis 2... le tout grâce à des dons de particuliers. Au total, ils sont désormais une trentaine de migrants -aucun venu de Calais- logés dans un hôtel à Reims.

Parmi eux, un homme arrivé il y a moins d'un mois avec sa femme et ses deux enfants de 12 et 17 ans qui raconte : "on est arrivé d'Albanie à Paris puis à Reims, et on est resté pendant plus de deux semaines sous une tente". Il affirme avoir appelé le Samu social, à quelques reprises, pour tenter d'avoir une place d'hébergement. Comme cet arménien arrivé seul à Reims : "j'appelle tous les jours mais on me dit: il y a pas de place, il y a pas de place...". Certains sont dans une procédure de demande d'asile, d'autres non.

On finance pour ne pas les laisser dehors mais nos moyens ne sont pas illimités

En attendant, la solidarité s'organise depuis 3 semaines maintenant. Tous les soirs, les migrants se retrouvent dans un petit local, et des femmes du quartier Croix rouge leur apportent un repas. Certains ont reçu des vêtements aussi, ou une consultation chez un médecin. Mais l'hôtel, ça coûte cher : 600 euros chaque soir. Alors jusqu'à quand cette situation est tenable ? "On finance pour ne pas les laisser dehors mais nos moyens ne sont pas illimités...", souligne, lucide, Hervé Augustin. Il est membre de la société Saint Vincent de Paul, l'association qui centralise désormais les dons.

Un collectif de rémois a décidé d'interpeller les élus et l'Etat

"Ces passages sous des tentes pendant quelques semaines... c'est pas viable", souligne également Nathalie Azan, membre du collectif 51 de soutien aux exilés. Le collectif a envoyé un courrier pour interpeller les élus à Reims et les représentants de l'Etat, pour venir en aide aux "personnes visibles, en situation de migration, qui sont sans abri et sans prise en charge". D'autant que les dons permettent pour l'instant, de loger la trentaine de personnes jusqu'à la fin de l'année seulement.

"On pourra pas tenir encore très longtemps..."