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Reims : deux mois après la mort de Tristan, des internes se mobilisent pour éviter un nouveau drame

Il y a deux mois, un interne du CHU de Reims mettait fin à ses jours, ne supportant plus la pression de son travail. Depuis, des internes réunis en collectif cherchent et mettent en place des solutions pour éviter que l'histoire ne se répète.

Il y a deux mois, Tristan, un interne rémois, mettait fin à ses jours (Photo d'illustration)
Il y a deux mois, Tristan, un interne rémois, mettait fin à ses jours (Photo d'illustration) © Radio France - Thierry colin

Il y a deux mois jour pour jour, un interne de 28 ans, Tristan, mettait fin à ses jours, poussé à bout par son internat au CHU de Reims pour devenir médecin. Le deuxième suicide d'un interne rémois en moins d'un an. Depuis, le Comité des Internes de Reims-Champagne-Ardenne (Circ) a créé différents dispositifs d'accompagnement. "C'est vrai qu'après le décès de Tristan, il y a eu tout de suite une vague d'émotion. Du coup, les internes se sont beaucoup mobilisés en voulant éviter que ça ne se reproduise", explique Apolline Fabry, la chargée de communication.  

Recueillir des témoignages

Le Circ a commencé par créer un formulaire pour recueillir les témoignages de nombreux internes : "Il y a des situations très compliquées dans certains services où il existe du harcèlement qui peut être moral, qui peut même être sexuel malheureusement. Le but avec ce formulaire, c'était d'avoir des témoignages de services où ça se passait mal et de pouvoir organiser une prise de contact avec les dirigeants du CHU pour essayer de voir quel était le problème et comment on pouvait le résoudre"

Le comité a mis en place cette procédure anonyme pour délier les langues : "Le problème est que les internes ne veulent pas tout le temps témoigner à visage découvert ou en tout cas non couvert d'anonymat puisqu'ils sont à risque. Ils ont peur pour leur carrière. Ils ont peur que ça puisse avoir des répercussions sur leurs stages, déplore Apolline Fabry. C'est pour ça qu'on a relancé SOS Internes, qui est une structure qui existait déjà, qui avait déjà été créée par le passé, mais qui était un peu tombée dans l'oubli. Et donc, récemment, on l'a relancé avec une affiche qu'on aimerait bien afficher dans les différents services avec un mail qui permettrait aux internes qui sont dans des situations de détresse psychologique vraiment poussée de trouver une réponse". 

Une psychiatre pour accompagner des internes en détresse

Une professionnelle a d'ailleurs proposé son aide : "Une des psychiatres du CHU s'est portée volontaire juste après le décès de Tristan pour se rendre disponible, pour recevoir des internes qui sont en difficulté sur le plan psychologique, voire psychiatrique, et à pouvoir leur apporter des réponses et surtout leur proposer une prise en charge", se réjouit l'interne.

Le Circ a par ailleurs mis en place un dispositif de parrainage pour éviter que les situations personnelles ne se détériorent. "C'est un système où l'on a regroupé par spécialité des référents qui prendraient des nouvelles des personnes qu'ils parraineraient régulièrement pendant le semestre. (...) Parfois, des internes ne font pas de rencontres amicales pendant leur semestre, etc. C'est compliqué. Ils peuvent être le seul interne aussi dans le service. Ils peuvent être en difficulté. Il peut y avoir personne à qui parler". Le but de ces parrainages "serait de relancer régulièrement l'intérêt en disant pas "Comment ça va ? Comment ça se passe dans ton service ? Si jamais ça ne va pas, tu sais que tu peux te tourner vers SOS Internes". Ce serait un moyen de régulièrement faire attention aux internes et à leur santé mentale", détaille Apolline Fabry.

Il y a une chape de plomb autour de ces situations-là

Grâce à ces dispositifs, des situations inquiétantes ont fait surface contre lesquelles le Circ veut agir : "Notre rôle n'est pas de faire tomber des têtes ou de désigner des responsables du doigt. Notre rôle est de faire remonter des situations. Et après, c'est la responsabilité de la direction du CHU et de la faculté d'avoir le protocole approprié pour prendre en charge la situation", affirme la chargé de communication. "C'est en dénonçant si je peux dire qu'on sort de l'omerta parce qu'il y a une chape de plomb autour de ces situations-là. Il y a des services où c'est "surconnu" que tel ou tel chef a telle ou telle attitude envers les internes. Et c'est en dénonçant et en rendant public ces situations là qu'on pourra avancer", conclut-elle.

Réécouter l'interview d'Apolline Fabry :

Invitée de France Bleu Matin

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