Société

A Rémilly-sur-Tille, une famille cherche des bénévoles pour aider leur fils à sortir de l'autisme par le jeu

Par Marion Bastit, France Bleu Bourgogne et France Bleu dimanche 31 janvier 2016 à 12:36

"Axel est très doux, très gentil, très souriant", assure sa maman.
"Axel est très doux, très gentil, très souriant", assure sa maman. - François Boucher

Axel a presque trois ans, et il vit dans sa bulle. Pour l'en sortir, ses parents misent sur la méthode des 3i, qui implique quarante heures de jeu par semaine. Ils recherchent donc une trentaine de bénévoles pour venir jouer avec lui une heure et demie toutes les semaines à Rémilly-sur-Tille.

A Rémilly-sur-Tille, près de Dijon, une famille cherche des bénévoles pour aider leur enfant à sortir de l'autisme. Axel a presque trois ans, et ses parents misent sur le jeu pour le faire sortir de sa bulle. Née aux Etats-Unis, cette méthode s'appelle la méthode des 3i : intensive, individuelle et interactive. Intensive, car il lui faut six heures de jeu par jour, sept jours sur sept, soit quarante heures par semaine. Sa famille cherche donc une trentaine de volontaires pour venir jouer avec lui.

Quarante heures de jeu par semaine

Le portrait que dresse Anny, sa maman, n'a rien à voir avec le cliché de l'autiste qui se tape la tête contre les murs. _« C'est un enfant qui est très doux, très gentil, très souriant, très câlin », décrit-elle. Axel est même très calme, il ne court pas dans tous les sens, ne jette pas ses jouets, et c'est bien là le problème. « Si on ne l'occupe pas, raconte-t-elle, il va se mettre dans un coin, il va prendre une petite voiture, il va faire tourner les roues, il va la mettre à la bouche, et il va se mettre lui-même dans sa bulle, dans son monde, qui n'est pas le nôtre, donc il faut l'en sortir. »_

Les grands-parents et les parents d'Axel lancent un appel aux bénévoles. - Radio France
Les grands-parents et les parents d'Axel lancent un appel aux bénévoles. © Radio France - Marion Bastit

Et pour l'aider, il suffit d'aimer jouer. « C'est très simple, il faut se comporter comme un enfant, explique Bernard, son grand-père. Il faut jouer avec lui, l'imiter, pour qu'il ait conscience que quelqu'un est autour de lui, et qu'il n'est pas tout seul. Pour l'instant, ce qu'il y a à l'extérieur de lui, il considère que ce sont des objets. Il n'a pas conscience qu'il y a d'autres êtres humains autour de lui. Donc en l'imitant, en jouant, en courant, en s'allongeant par terre, il va avoir conscience qu'il n'est pas le seul à avoir ce comportement-là, et il va commencer à s'ouvrir. »

"Il suffit de l'imiter pour qu'il voie qu'il n'est pas tout seul" Bernard

Encadrés par une psychologue, les bénévoles s'engagent à venir une heure et demie chacun toutes les semaines. « Je vais avoir un planning avec les photos de chaque bénévole, comme ça Axel saura qui vient, explique Anny. S'il est attaché à une personne et qu'elle ne vient pas, il va l'attendre, et il sera malheureux, donc il faut bien se rendre compte que cette décision est quand même importante. » D'autant que ça peut prendre un à trois ans pour qu'Axel sorte de sa bulle. « Le but est qu'il ait des amis, des copains, qu'il aille à l'école comme tout le monde, qu'il soit normal quoi », explique sa maman. Et elle a beaucoup d'espoir, car en France, près de la moitié des jeunes autistes qui ont suivi cette méthode ont pu rentrer à l'école.

Axel a besoin de 40 heures de jeu par semaine pour sortir de sa bulle. - Aucun(e)
Axel a besoin de 40 heures de jeu par semaine pour sortir de sa bulle. - François Boucher

Si vous voulez aider Axel, ses parents organisent une réunion de formation avec la psychologue lundi 7 mars de 16 h 15 à 19 h 15 à Rémilly-sur-Tille. Pour plus d'informations, vous pouvez appeler Anny Demor, la maman d'Axel, au 06 22 17 16 86, ou son papa, François Boucher, au 06 22 64 50 00. Les bénévoles doivent commencer à se relayer pour jouer avec Axel dès le lundi 21 mars 2016.