Société

Renaissance, un documentaire sur les mines de fer du Canigou

Par Elisabeth Badinier, France Bleu Roussillon jeudi 16 avril 2015 à 14:07

Renaissance, le film d'Olivier Moulaï sortira en octobre 2015
Renaissance, le film d'Olivier Moulaï sortira en octobre 2015 © Moulaï

Un jeune réalisateur perpignanais réalise actuellement un documentaire sur les mines de fer du Canigou. 50 ans après leur fermeture, Olivier Moulaï a pu retourner dans les galeries souterraines. Il lance, jeudi 16 avril, un financement participatif pour boucler son budget et notamment, le montage du film.

Deux archéologues traversent les Pyrénées et vont au coeur d'une montagne mystérieuse appelée "*montagne de fer* " pour tenter de percer les secrets de la métallurgie antique. Avec les villageois du massif, ils retrouvent des savoir-faire oubliés** et font revivre l'industrie millénaire d'un territoire.

Le Film s'appelle Renaissance . Olivier Moulaï, jeune réalisateur perpignanais tourne actuellement un documentaire sur les anciennes mines de fer du Canigou. Il propose de suivre le travail de deux archéologues sur les vestiges de l'activité minière . Une façon de redécouvrir un patrimoine parfois oublié.

Au cours du tournage, Olivier Moulaï a pu accéder aux anciennes mines de fer fermées depuis près d'un demi-siècle et aujourd'hui interdites d'accès.

France Bleu Roussillon : Pourquoi s’intéresser aux mines de fer du Canigou ?

Olivier Moulaï : J'ai eu la chance d'être initié par un ancien mineur qui est mort aujourd'hui, Pierre Noguès, il était le dernier mineur d'Escarro . J'ai réalisé son portrait il y a deux ans, un court-métage et au même moment je rencontrais deux archéologues de Bordeaux et Toulouse qui fouillaient les anciennes mines du Canuigous pour percer les secrets de la métalurgie antique.

A la frontière de deux mondes... celui des scientifiques et des néo-ruraux. - Aucun(e)
A la frontière de deux mondes... celui des scientifiques et des néo-ruraux.

"On retrouve parfois des outils, des lampes, des wagonnets, c'est très émouvant".

FBR : Vous avez donc suivi ces deux chercheurs. Qu'est-ce qui reste de ce passé ?

Olivier Moulaï : Il y a l'ère industrielle du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle les mines, des galeries. Il reste donc des vestiges recouvertes de racines de sapin , mais on peut remonter jusqu'au mines romaines. J'ai eu la chance de pénétrer dans des carrières, des exploitations à faible profondeur ou à ciel ouvert. Le promeneur peut penser qu'il s'agit de simples rochers.

FBR : Vous, vous avez pu descendre dans des mines qui sont fermées au public, à quoi ressemblent-elles ?

Olivier Moulaï : C'est de la spéléologie, ce sont des galeries qui étaient très peu étayées, on pénètre dans la montagne dans la roche et parfois, on se met à plat ventre pour progresser. Dans certains endroits y a eu des éboulis, les racines des arbres ont creusé.

Mais c'est très émouvant car parfois, on trouve des outils, des lampes à carbure, des vieilles pelles, des wagonnets, des trémies, des roues, des câbles.

En 50 ans, la nature a tout recouvert. Aujourd'hui, qui peut s'imaginer en se promenant dans la vallée de la Lentilla, qu'il y a un demi-siècle, il n'y avait pas d'arbres, tout le bois était utilisé pour faire du charbon. Quand on voit la vitesse avec laquelle la nature reprend ses droits, on peut s'inquiéter de la préservation de ces sites .

Moi, quand j'ai commencé à prospecter en 2009, j'ai vu des vestiges, des poulies, des pylônes, des wagonnets en pagaille. Quand je suis revenu cinq ou six ans après, il n'y avait plus rien . Soit la nature avait tout recouvert, soit l'homme était passé par là.

[scald=1355073:fb_article]> "Une histoire de 2 000 ans peut s'interrompre, pas s'arrêter".

FBR : Pourquoi avoir intitulé votre film "Renaissance" ?

Olivier Moulaï : Renaissance, c'est deux choses. La métamorphose de la matière, la roche produit de la nature, va être transformée en fer, produit de l'homme et en même temps, c'est la renaissance d'un territoire au travers de son industrie, au sens de la production. Moi, je crois profondément au renouveau de l'industrie de ce territoire. Une histoire de 2 000 ans peut s'interrompre, mais ne peut pas s'arrêter.

FBR : L'exploitation du fer va reprendre selon vous ?

Olivier Moulaï : Jy crois, oui. l'exploitation ne va pas reprendre au sens industriel, comme on l'a connu, ça n'aurait pas d’intérêt et ce serait totalement utopique, mais elle va reprendre, et on le voit déjà. A Arles sur Tech, il y a un forgeron qui fabrique des couteaux avec le fer du Canigou .

Mine de fer à ciel ouvert. - Aucun(e)
Mine de fer à ciel ouvert.

FBR : Quand pourra- t-on voir votre film ?

Olivier Moulaï : Il sortira en octobre 2015. C'est un film 100 % indépendant, le choix d'un cinéaste qui a envie de créer librement et de faire partager sa création au plus grand nombre et c'est pour cette raison que je lance un financement participatif sur la plate-forme "touscoprod", pour financer le montage. Tous les gens qui veulent soutenir un cinéma indépendant peuvent m'aider.

FBR : Et vous travaillez avec un compositeur, il y aura une musique originale pour votre film ?

Olivier Moulaï : C'est Jean-Frédéric Ciaravolo, mon ami d'enfance, qui a composé la musique du film.

Pour participer au financement du documentaire, c'est ici

INVITE Mines du Canigou