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Société

Réorganisation des finances publiques : élus et agents inquiets de la fermeture des trésoreries

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Par , France Bleu Gironde

La réorganisation des services publics devrait être mise en oeuvre en 2022. Le gouvernement veut regrouper certains services et créer plus de points d'accueil au public. Mais le syndicat Solidaires craint la fermeture de vingt trésoreries et des suppressions de poste.

Une vingtaine d'agents des finances publiques du Sud Gironde ont manifesté vendredi 19 juillet à Preignac.
Une vingtaine d'agents des finances publiques du Sud Gironde ont manifesté vendredi 19 juillet à Preignac. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Gironde, France

La réforme des finances publiques ne passe pas auprès des agents et des élus locaux. Elle devrait être mise en oeuvre en 2022. L'objectif du gouvernement, sur le papier : répondre au mouvement des gilets jaunes en créant plus de lieux d'accueil du public. Dans le même temps, regrouper certains services, par exemple de comptabilité, ce qui entraînera la fermeture de plusieurs trésoreries.

Cette "réorganisation" inquiète les élus locaux et les agents, qui craignent un affaiblissement du service public. La directrice régionale des finances publiques multiplie donc les rencontres avec les élus : cette "concertation", à l'échelle nationale, vient de débuter et devrait se terminer cet automne. Isabelle Martel était vendredi 19 juillet dans le Sud Gironde à Preignac pour rencontrer maires, députés, et sénateurs.

Une vingtaine d'agents en colère l'attendaient de pied ferme. Elle a longuement tenté de les rassurer : "On rassemble les tâches qui peuvent être faites de manière spécialisée pour apporter aux usagers et aux partenaires un service de bonne qualité. Par ailleurs, chaque usager sera à trente minutes maximum d'un point de contact pour répondre à ses demandes sans se déplacer de manière trop importante."

Le syndicat Solidaires pronostique la fermeture d'une vingtaine de trésoreries en Gironde. - Radio France
Le syndicat Solidaires pronostique la fermeture d'une vingtaine de trésoreries en Gironde. © Radio France - Marie-Jeanne Delepaul

Des fermetures de trésorerie

Officiellement, elle ne mentionne aucune fermeture de trésorerie. Pourtant, la carte provisoire du ministère des Comptes publics, qui sert de base de travail à la concertation, montre bien qu'il y aura des fermetures, selon le syndicat majoritaire Solidaires. Patrick Merian, le secrétaire départemental : "En Gironde une vingtaine de trésoreries vont fermer, et environ la moitié des services d'impôts des entreprises et des particuliers. Par exemple, les quatre trésoreries de la métropole vont fusionner à Pessac, donc celles de Blanquefort,  Villenave d'Ornon et Cenon vont fermer."

Autre exemple : le service des impôts des particuliers de Mérignac fusionnerait avec celui de Lesparre. Florence travaille à la Trésorerie de Cadillac : "Heureusement, elle ne devrait va pas fermer, mais les services des produits locaux seront regroupés sur La Réole. Les gens qui ont des dettes de cantine ou d'ordures ménagères devront partir à La Réole. On récupère également à Cadillac la festion de tous les hôpitaux, hormis le CHU. Les gens soignés a l'hôpital d Arcachon ou Bazas devront venir à la trésorerie Cadillac s'ils ont une demande d'échéancier à faire par exemple. Donc on est complètement en dehors du service public, ce n'est plus du service de proximité." Selon Solidaires, cette réorganisation entraînerait "la suppression de 300 emplois sur 2000 agents dans les trois ans qui viennent."

Plus de points d'accueil du public

Dans le même temps, le gouvernement souhaite créer d'avantage de lieux d'accueil pour le public : la direction générale des finances publiques (DGFIP) apporterait ses services dans 67 communes, ce qui signifie 33 lieux d'accueil de plus qu'actuellement selon le plan provisoire du ministère des comptes publics. Ces lieux d'accueil pourront se trouver dans les futures maisons France service, promises en réponse à la crise des gilets jaunes, dans des mairies ou des associations. Problème : qui tiendra les permanences ? Des animateurs : c'est ce qui inquiète Florence : "Ces animateurs n'auront pas une formation spécifiquement fiscale. On répondra aux gens à des questions basiques et on leur dira où s'adresser, ils devront faire des kilomètres pour avoir une réponse."

Ces points de contact sont en fait une mauvaise réponse à une bonne question pour Patrick Mérian de Solidaires : "Les citoyens et les gilets jaunes ont demandé légitimement un service rendu. La mauvaise réponse c'est de multiplier les points de contact, mais si ces points de contact sont des coquilles vides les gens se décourageront et ces points fermeront." Un avis partagé par le président (PS) du conseil départemental de Gironde : "Il ne faut pas simplement une proximité géographique en multipliant le nombre de points et que le niveau de service ne soit pas à la hauteur de ce qui est attendu par les usagers" appuie Jean-Luc Gleyze. Les élus du conseil départemental de la Gironde ont d'ailleurs voté début juillet à l'unanimité une motion réclamant un moratoire sur la réforme afin d'avoir plus de temps pour discuter.