Société

REPORTAGE - Au moins 4 SDF meurent chaque année à Tours

Par Fanny Bouvard, France Bleu Touraine mardi 4 mars 2014 à 15:57 Mis à jour le mardi 4 mars 2014 à 16:55

Un SDF dans la rue
Un SDF dans la rue © Fotolia.com

En 2013, au moins 453 personnes seraient mortes en France après avoir vécu dans la rue. Un constat glaçant révélé par le collectif citoyen "Les morts de la rue". A Tours, selon les bénévoles de l'Entraide Ouvrière, 4 à 5 sans-domicile ou ancien SDF perdent la vie chaque année.

Tours n'échappe pas au triste constat. 4 ou 5 sans domicile ou anciens SDF y perdent la vie tous les ans , selon l'Entraide Ouvrière. "D'année en année, les chiffres restent stables , admet Xavier Colin, bénévole de l'association présente été comme hiver dans les rues de la ville. Ca fait froid dans le dos, mais il faut ouvrir les yeux et surtout continuer à sensibiliser et accompagner les sans-domiciles car s'ils parviennent à quitter la rue, ils restent marqués."

Des vies et des corps traumatisées

 

"Peu importe combien de temps on vit dans la rue, c'est toujours un arrêt de mort ," tranche Salah, 47 ans. Après une vingtaine d'années sans domicile, sac à dos sur le dos, il avoue avoir perdu : "quelques vrais amis et beaucoup copains de rues et de vadrouilles. Des accidents, des bagarres alcoolisées, des maladies... On n'oublie jamais aucun d'entre eux."

" Mais franchement, ma santé je m'en fous. Ton corps il doit juste résister", Salah.

Pour autant Salah ne soucis pas trop de sa santé, ni de son hygiène. Il y a donc eu des blessures, des gros coups de froid, mais surtout une maladie infectieuse: "J'ai eu deux fois l'Hépatite C . Le médecin il m'a dit Salah, la troisième fois Salaf on ne fait plus rien pour toi."

" Le monde de la rue est extrêment dur." Aude Humeau-Commin, médecin.

Aude Humeau-Commin est médecin au Casous , Centre des Urgences Sociales de Tours, et vient en aide aux SDF tourangeaux. " On s'imagine souvent que le froid est ce qu'il y a de plus dur, explique-t-elle. Mais c'est la dégradation continue de la santé qui réduit l'espérance de vie , qui marque le corps et transforme de petite infection en vrai danger." D'ailleurs l'été est souvent une période meurtrière. La chaleur et l'absence des riverains pèsent aussi sur le quotidien de la rue.

Une action tout au long de l'année

 

Pour éviter ces drames, tout au long de l'année, médecins du centre d'accueil d'urgence et bénévoles de l'Entraide Ouvrière vient à la rencontre des sans-domiciles. Ils sensibilisent, vaccinent et écoutent les SDF tourangeaux et deux infirmiers participent quotidiennement aux maraudes. "Faire le premier pas, c'est la seule solution pour qu'ils puissent prendre conscience de leur état et reviennent nous voir quand ils sentent trop faibles , explique Aude Humeau-Commin."

Le reportage de Fanny Bouvard.