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« Restez dans le Flow » : le podcast de la rennaise Florence Dell’aiera pour survivre à l’inceste

Victime des agressions répétées de son grand-père pendant dix ans, la rennaise Florence Dell'aiera détaille son processus de résilience et toutes les étapes de sa reconstruction dans un podcast intime et engagé.

Florence Dell'aiera s'est installée à Rennes en septembre 2020.
Florence Dell'aiera s'est installée à Rennes en septembre 2020. © Radio France - Paola Guzzo

Florence Dell’aiera a vécu l’enfer de ses 3 ans à ses 13 ans. Mais aujourd’hui, elle est « affranchie », aime-t-elle confier, en citant Camille Kouchner. Ça n’a pas toujours été le cas, elle le concède volontiers, mais elle ne se considère plus comme une victime. Elle n’est plus non plus sur le chemin de la résilience, de la reconstruction. Elle est au-delà. Elle s’est « remise de son traumatisme » et s’est promis de les « dédiaboliser » pour permettre aux victimes d’apprendre à vivre malgré les blessures, aussi profondes et douloureuses qu’elles peuvent être lorsqu’il s’agit d’inceste, de viol, de pédophilie. Ses mots sont choisis avec minutie et les détails contés, parfois difficiles à entendre.

Dans chacun des épisodes de « Restez dans le flow – au-delà de la résilience », elle revient sur un aspect de son histoire et toutes les étapes par lesquelles elle a dû passer pour en arriver à la femme « en vie », qu’elle est aujourd’hui. Elle est suivie par des professionnels depuis l’année où elle a dit « non », pour la première fois et cette démarche, c’est sa manière de « prendre sa place en tant que citoyenne ».  «J’ai une approche plutôt intellectuelle et en même temps _je me sers de mon histoire_, explique-t-elle pour décrire sa démarche, je me remémore les émotions de manière à être en capacité de dire « voilà, je suis aujourd’hui » mais voilà qui j’ai été ». 

A travers ses anecdotes, ses descriptions, la profondeur de l’explication de son évolution mentale, elle clame l’utilité de la résilience : tout le monde peut réussir à continuer à vivre. « Ce qui veut dire que vous êtes en capacité d’être en pleine vie vous aussi, un jour, même si vous n’y croyez pas actuellement.» (18’)

Le tournant #metooinceste

Dans la lignée des mouvements #metoo, la libération de la parole avec #metooinceste témoigne d’un changement des mentalités mais aussi d’une meilleure prise en compte de la parole des victimes. Pour Florence, ces avancées sont également dues au combat de nombreuses associations comme « Face à l’inceste », ou des professionnelles de la mémoire traumatique comme Muriel Salmona

« On se met à la place du bourreau »

« Je trouve ça génial, j’espère qu’il y a en a beaucoup qui continueront à prendre la parole à ce sujet, dit-elle avec un sourire, notamment des personnes comme moi qui sont aussi sorties de ce traumatisme pour pouvoir témoigner et donner de l’espoir à toutes les personnes qui n’en sont pas encore là », assure-t-elle fermement

Mais le chemin à parcourir est encore très long. « Pendant des années, même après avoir pris conscience qu’on a été victime, on se met à la place du bourreau, déplore-t-elle, On estime que c’est de notre faute et toute la société ne fait rien, ou en tout cas jusqu’à présent ne faisait rien pour nous amener à penser le contraire. _C’est sur ce terrain-là qu’il faut se battre_. Non, les victimes ne sont pas les bourreaux ». 

Féministe par défaut

Son combat, il est aussi profondément féministe. Les épisodes de « Restez dans le Flow » sont entrecoupés d’Avec Flow, des entretiens avec des spécialistes. Neuroscientifiques et sexologues, spécialistes du développement personnel, porte-paroles de l’association « Les résilientes », les interlocutrices sont nombreuses, et toutes engagées. Florence Dell’aiera est féministe "par défaut". « Je suis aussi bien ancienne victime, ancienne résiliente et _je suis aussi pour l’égalité, l’équité, la mixité_, c’est un tout et je ne pouvais pas l’occulter pour aborder les différents sujets que j’aborde avec mes invités dans l’émission ». 

« La cause féministe fait partie de moi », souffle-t-elle comme une évidence. « J’ai été confrontée au plafond de verre, j’ai dû faire face à un monde d’homme alors que le premier à m’avoir donné envie d’entreprendre c’était mon père, qui lui n’avait jamais rencontré ce type d’obstacles ».  

De nombreux efforts restent à faire, mais Florence est optimiste : la société est en train d’apprendre à écouter. De son côté, elle ne compte plus jamais se taire. Prochainement, elle s’intéressera à la question de la répétition des violences, génération après génération. Puis, lorsque sera prête, elle aboutira son projet de livre et lancera son nouveau podcast

Ecoutez le reportage avec Florence Dell’aiera

Article rédigé par Paola Guzzo

Le 3619, numéro pour les femmes victimes de violences
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