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Société

Restrictions de circulation : les mécontents sont prêts à braver les interdits

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Par , France Bleu Paris

La pollution s'ajoute à la chaleur ce mercredi à Paris et en Ile-de-France. Pour lutter contre cette pollution, la circulation différenciée a été mise en place. Seuls les véhicules à vignette Crit'Air 1 et 2 peuvent circuler : une mesure pas toujours bien acceptée et respectée.

Un contrôle de police à Paris, place d'Italie (XIIIe arrondissement)
Un contrôle de police à Paris, place d'Italie (XIIIe arrondissement) © Radio France - Thomas Séchier

Paris, Île-de-France, France

Pour lutter contre la pollution qui s'est installée à Paris et en Ile-de-France avec la canicule, les autorités ont décidé d'interdire la circulation des véhicules les plus polluants. Ce mercredi, seuls les véhicules électriques et ceux qui ont la vignette Crit'Air 1 et 2 peuvent rouler. Les autres doivent rester au garage. Cela concerne deux véhicules sur trois.

Pour faire respecter cette mesure, les contrôles vont se multiplier ce mercredi. L'amende est de 68 euros. Malgré tout, de nombreux automobilistes sont prêts à prendre le risque de braver cet interdit. Pas question pour eux de ne pas prendre leur voiture, indispensable disent-ils, pour aller travailler.

La mesure passe mal : les réactions des auditeurs de France Bleu Paris

Hervé, artisan à Villebon-sur-Yvette (Essonne) : il a une vignette Crit'Air 4 mais il ne va pas respecter les interdictions. "Moi je vais rouler", dit-il, "Je n'ai pas le choix, j'ai mes clients qui m'attendent et c'est une sanction qui tombent alors qu'on a rien demandé". Il a plusieurs véhicules qui ont "un certain âge" mais qui passent le contrôle technique sans problème et aujourd'hui "cette sanction qui tombe c'est pas acceptable". 

Il ajoute qu'il est prêt à avoir une amende car il n'a pas les moyens d'acheter une voiture Crit'Air 2 "qui est carrément hors budget". Il ne comprend pas pourquoi des véhicules qui passent le contrôle technique doivent être sanctionnés. "Ce sont les industriels qu'il faut plutôt retoquer" pour la pollution.

Paula travaille à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Elle vient de Normandie et elle vit en pleine campagne. Elle n'a pas de transports en commun et elle a pris sa voiture Crit'Air 3 malgré l’interdiction pour aller travailler. Changer de voiture "c'est un budget, c'est un investissement" en précisant qu'elle n'est pas concernée par les aides proposées par le gouvernement.

Agnès de Seine-et-Marne qui a une vignette Crit'Air 3 a pris la voiture de sa fille ce mercredi. Ceux qui ne peuvent pas faire comme elle vont devoir prendre les transports en commun qui sont déjà saturés, dit-elle. Elle critique aussi la mise en place du jour au lendemain de cette mesure ce qui ne laisse pas aux gens le temps de s'organiser.

La Seine-et-Marne pénalisée ?

Le président du conseil départemental de la Seine-et-Marne était l'invité de France Bleu Paris à 08h15. Patrick Septiers rappelle que dans son département la mesure touche 61,40% du parc automobile soit 670.000 véhicules qui ne pourront pas rouler ce mercredi. "Un habitant de Seine-et-Marne sur deux doit prendre sa voiture pour aller travailler parce que nous n'avons pas de transports en commun".

"Ça touche les ménages les plus modestes" - Patrick Septiers

"Quand une mesure générale comme celle qui vient d'être annoncée est prise, obligatoirement cela va pénaliser les habitants qui sont le plus loin de leur lieu de travail qui déjà passent deux heures aller, deux heures retour dans les voitures, dans les encombrements et qui aujourd'hui ne pourront pas aller travailler. Ça touche en plus les ménages qui sont les plus modestes, qui ont du mal à acheter de nouvelles voitures. Un jour ça va mais si ça dure plusieurs jours, les patrons ne vont pas les payer donc ça va créer des problèmes pour boucler leur budget."

"Il y a une solidarité à trouver" - Patrick Septier, président de la Seine-et-Marne

Il estime qu'il faut étudier l'impact sur l'ensemble de la population quand on prend de telles mesures. "Peut-être cela va réduire la pollution à Paris mais les Parisiens cela ne va pas les déranger dans leur travail", indique Patrick Septiers. "Chez nous cela ne jouera pas sur la pollution mais ça peut jouer sur le revenu des gens. Donc il y a une solidarité à trouver". 

Les petites et moyennes entreprises en colère

Cette mesure de circulation différenciée pose des problèmes à de nombreuses professions comme les livreurs ou les transporteurs. 

Le président de la CPME Paris Ile-de-France, le syndicat des petites entreprises, Bernard Cohen-Hadad, était l'invité de France Bleu Paris à 07h00. Il est en colère et il a expliqué pourquoi.

Il critique la mise en place de cette mesure "du jour au lendemain sans concertation et donc nos entreprises, nos salariés qui ont des véhicules anciens sont pénalisés". Il se demande quelles sont les alternatives. Il y a les trottinettes, les vélos mais "on ne peut pas livrer, on ne peut pas faire de dépannages... Quand vous avez une caisse à outils, une échelle, c'est très compliqué de prendre le vélo ou le métro ou le bus".

Ce qu'il demande c'est une vraie concertation. Il précise que les véhicules des entreprises sont bien entretenus, qu'ils passent le contrôle technique et que les PME n'ont souvent pas les moyens d'en acheter d'autres. 

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