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Société

Un Espagnol dépose une marque sur les chemins de la Retirade

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Par , France Bleu Roussillon

Un Espagnol a déposé il y a quatre ans, en Espagne, une marque sur les chemins de la Retirade. Son objectif est "de les protéger d'une mauvaise exploitation". Mais dans les Pyrénées-Orientales, son initiative ne fait pas l'unanimité.

Pour ne pas oublier, une marche est organisée chaque année sur les chemins de la Retirade, en hommage aux exilés républicains.
Pour ne pas oublier, une marche est organisée chaque année sur les chemins de la Retirade, en hommage aux exilés républicains. © Maxppp - Patrick Daviau

Il y a 80 ans, près de 500 000 exilés républicains espagnols passaient la frontière française pour fuir la dictature du général Franco. De cet épisode historique douloureux, restent aujourd'hui les camps d'internement, comme celui de Rivesaltes, mais aussi les chemins par lesquels sont passés les exilés. Alors que les années passent, se pose une question : comment préserver cette mémoire historique ?

Un espagnol d'une soixantaine d'année a déposé en 2015 une marque, auprès de l'Office national de la propriété industrielle espagnol, sur deux appellations : "Camins de la Retirada" et "Camins de l'Exili". Selon l'office, l'homme en est propriétaire durant 10 ans. Il a même payé près de 300 euros. Concrètement, il faut normalement son autorisation pour pouvoir exploiter le nom et il est libre de demander de l'argent. Cependant, ce dépôt est juridiquement valable uniquement en Espagne. 

"Identifier une route culturelle"

L'homme vit à la fois en Espagne et en France et il est guide de montagne. Son père a été prisonnier durant la guerre civile espagnole. Ce dépôt de marque est un hommage à sa mémoire mais pas seulement. "C'est une distinction pour identifier une route culturelle. L'enregistrement des noms permet de les protéger de la fraude, de la manipulation et d'une mauvaise exploitation. En fait, c'est une forme de contrôle." 

Il a également fait un guide et une carte sur ces chemins de la Retirade. 

"Un sentiment de honte et de révolte"

Mais ce dépôt de marque n'a pas plu à tout le monde. Notamment à Claude Ferrer, le maire de Prats-de-Mollo. Son père a fait la Retirade  et en 1939, les habitants de sa commune sont venus en aide à plusieurs milliers d'exilés qui passaient la frontière. "C'est un sentiment de révolte, de trahison. Que quelqu'un se serve d'un nom comme celui-là  pour vendre son entreprise, ça me dérange. Ces chemins appartiennent à tout le monde et pas à une seule personne. Si on veut préserver quelque chose, on en parle aux gens. On ne le fait pas tout seul, de son côté" déclare le maire, ému.

D'autres personnes ont déposé une marque

L'homme en question se défend et assure n'avoir jamais demandé d'argent, mais plutôt de l'aide. "Avant d'enregistrer le nom j'en ai parlé au mémorial démocratique de Catalogne, en Catalogne du Nord, avec des associations, j'ai fait beaucoup de réunions, mais au moment de s'impliquer ou de m'aider, rien... je me suis retrouvé seul."

Selon lui d'autres personnes ont déposé une marque sur ces chemins mais sous l'appellation "Chemin de la Retirade républicaine".

Un sujet qui interroge les associations

Un sujet qui alerte en tout cas l'association des Fils et Filles de Républicains Espagnols et Enfants de l'Exode (FFREEE). Sa présidente, Jacqueline Payrot reconnait avoir pensé "avec les commémorations des 80 ans de la Retirade, que cela pouvait être porteur pour des organismes qui recherchent un côté financier à ce travail de mémoire." C'est pour cela qu'en juin dernier, la présidente tente alors de déposer une marque en France, auprès de l'INPI, sur ces chemins, afin de les protéger d'une mauvaise exploitation. Cependant, "on n'a pas su aller jusqu'au bout car on ne savait pas dans quelle catégorie les inscrire. C'est très long." 

Elle aimerait ainsi "avoir quelqu'un en direct" pour simplifier la démarche des associations et "nous alerter quand il y a un danger pour nous".

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