Société

RETOUR SUR INFO | depuis la fermeture de Saint-Michel des Perrais, Parigné-le-Pôlin est un "désert"

Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine vendredi 18 septembre 2015 à 17:00

Le château qui abritait l'école sera mis en vente
Le château qui abritait l'école sera mis en vente © Radio France - Ruddy Guilmin

La fameuse école privée installée dans le château de la commune depuis 1946 a fermé ses portes au mois de juillet. Deux mois et demi après le départ des 280 élèves, le village semble tourner au ralenti. Et les ex-salariés peinent à rebondir.

Cette fameuse école privée a mis la clef sous la porte en juillet à cause d'un déficit cumulé de plus d'un million d'euros. Elle était installée depuis 1946 dans le château de la commune, où elle accueillait jusqu'en juin dernier 280 élèves, du CE2 à la terminale. Alors forcément, dans ce village d'un millier d'habitants, cette fermeture a créé un grand vide :

"Avant les élèves descendaient le mercredi après-midi, ils venaient boire un café, raconte Didier Sergent, le patron du bar restaurant Le Cheval Blanc. Les gens qui travaillaient là-haut, quand ils venaient mettre le courrier à côté, ils venaient nous voir, prendre un petit café aussi... Maintenant, c'est le désert ! Plus de passage du tout..."

Bref, c'est un peu comme si le coeur du village s'était éteint. Et forcément, pour le bar, comme pour la supérette du bourg, les affaires s'en ressentent.

Sur dix-sept salariés licenciés, trois seulement ont retrouvé du travail

Contrairement à la trentaine de profs - titulaires ou contractuels - qui ont été recasés dans d'autres établissements catholiques du département, les agents et surveillants qui étaient employés directement par l'institution ont été licenciés. Sur dix-sept, ils ne sont aujourd'hui que trois à avoir retrouvé un emploi. Et se sentent quelque peu abandonnés par le diocèse explique l'ancien surveillant et délégué du personnel, Charles Meckes :

 "Certes, les informations ont été transmises aux autres établissements, comme quoi on était tous au chômage. Mais c'est dommage qu'il n'y ait pas eu davantage d'accompagnement pour reclasser directement. Quand d'un seul coup ça s'arrête, c'est dur pour un certain nombre de personnes puisque la majorité du personnel avait plus de vingt ans de boîte."

Jean-René Dugas, lui, a passé vingt-huit ans à l'entretien. Il a très mal vécu la fermeture et en parle aujourd'hui encore la gorge nouée. Quant à son avenir, il se demande bien de quoi il sera fait :

Jean-René : "Ce sera très difficile pour moi de retrouvé un emploi"

Ils sont nombreux à avoir très mal vécu cette histoire. Un ancien salarié qui a passé trente-cinq ans à Saint-Michel a même sombré dans une profonde dépression et est toujours suivi psychologiquement.

Un ou deux millions d'euros pour tout rénover

Enfin, quid du site, de ce grand domaine boisé avec son château du XVIIIe siècle en partie classé ? Le propriétaire, l'évêché, va mettre en vente. L'évaluation de sa valeur et des éventuels travaux à mener est en cours. Mais il faudra de l'argent pour remettre le tout en état admet Dominique Giraud, le directeur diocésain :

Si la vocation de ces locaux pouvait rester dans l'enseignement, avec une reprise par un grand groupe qui aurait les moyens de restaurer avec un ou deux millions d'euros, ce serait génial !

C'est aussi le souhait des commerçants du village... En attendant, le site a été sécurisé et placé sous surveillance.