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Retour sur les émeutes de 2005 à Perpignan

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Par , France Bleu Roussillon

Le 29 mai 2005, le centre-ville de Perpignan était le théâtre de violentes émeutes après une semaine de fortes tensions entre communautés gitane et maghrébine. Retour sonore sur ces événements.

Émeutes à Perpignan le 29 mai 2005
Émeutes à Perpignan le 29 mai 2005 © Maxppp

ll y a 10 ans, la ville de Perpignan s'embrasait. Ce qu'on a appelé par la suite "les émeutes de Perpignan", c'était le 29 mai 2005. Tout commence en fait le 22 mai : un Maghrébin de 29 ans est lynché à mort par un groupe de gitans dans un café de la rue Lucia.

Un meurtre qui émeut profondément les habitants de la place Cassagne. S'ensuit une semaine de fortes tensions entre les deux communautés gitane et magrébine .

Le samedi suivant, le 28 mai, une marche blanche est organisée dans la ville en mémoire du jeune Maghrébin tué. Une marche sous haute tension, mais sans incident.

Marche silencieuse Bey Bachir

Mais le lendemain, un autre Maghrébin, Driss Ghaïb, est abattu en pleine rue quartier Saint-Mathieu, sous les yeux de caméras de vidéo-surveillance qui à l'époque ne fonctionnaient pas.

L'enquête montrera que ce deuxième meurtre n'avait rien à voir avec le précédent. Il s'agit d'une histoire de cœur qui a mal tourné. Mais ce soir là, les habitants de la place Cassagne sont convaincus qu'ils sont de nouveau visés par les gitans. Et c'est le déchainement de violence.

Emeutes archives ambiance

"C'est d'une violence, on n'imagine pas !"

  • Une commerçante de la rue Foch

Moins d'une heure après ce deuxième meurtre, 200 personnes se rassemblent place Cassagne pour en découdre avec les gitans , mais les CRS en place depuis une semaine dans le quartier font barrage. La soirée avance et les plus déterminés se retrouvent rue Foch, à quelques dizaines de mètres de l'endroit où  s'est produit le deuxième meurtre.

Ils s'en prennent aux abribus, brûlent des poubelles, des voitures... Un déchainement de violence sans précédent. Les commerçants découvrent le lendemain l'ampleur des dégâts :

"On a été surtout touchés moralement. Ce qui a été cassé on le réparera, mais moralement c'est dur : on ne comprend pas. Ils ont tout cassé, c'est d'une violence, on n'imagine pas. Tout le monde se doutait de ce qui allait se passer, le quartier n'est pas très sécurisé."

"Ils ont frappé avec des barres de fer et ont dévalisé le magasin, ils ont embarqué des meubles, ils ont fracassé les meubles en verre, ils ont volé les coussins."

Emeutes Perpignan comerçants

"Un embrasement complètement irrationnel."

  • Henry Castet, patron de la police à Perpignan en 2005

A Perpignan c'est la consternation , le patron de la police de l'époque, Henry Castet lance un appel au calme : "Il n'y a aucun élément qui laisse penser que c'est une communauté contre l'autre. C'est un embrasement complètement irrationnel. Personne n'a dit que c'est un membre de la communauté gitane qui a commis ce meurtre, personne n'en est sûr aujourd'hui."

"Il faut un appel à la raison, un appel au calme. La ville n'est plus en état de tolérer ce genre de choses. Ça suffit."

emeutes archives DDSP

Les gitans désertent le quartier Saint-Jacques : "Il n'y a plus personne dans le quartiers, ils sont partis, ils ont peur. Ils sont partis à Béziers, à Montpellier. Tant qu'ils ne se sentiront pas en sécurité, ils ne reviendront pas" raconte un vieil homme de Saint-Jacques.

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"On va désarmer les fauteurs de troubles"

  • Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur de l'époque

L'ambiance est lourde. Le ministre de l'Intérieur d'alors Nicolas Sarkozy vient à Perpignan se frotter aux rancœurs dans les deux quartiers.

"J'ai employé le terme de communauté car c'est une réalité, on pourra refuser de l'employer quand il n'y en aura plus. On sait parfaitement que c'était des affrontements communautaires. Et refuser de le dire, c'est refuser de voir la vérité."

"Ce sont des Français comme les autres à condition qu'ils se comportent comme des Français normaux . Pas comme des voyous. On va désarmer les gens, condamner les fauteurs de troubles pour que vous puissiez vivre normalement", promet-il.

emeutes archives Sarko

Nicolas Sarkozy tape du poing sur la table : "Ce qui s'est passé à Perpignan ne doit pas se reproduire, ceux qui se comportent comme des voyous seront punis. Ceux qui respectent la loi et qui ont un sentiment d'injustice, on leur tendra la main. Dans les deux cas on ira très vite."

Emeutes archives Sarko

"On a remis les armes pour montrer notre volonté d'apaisement"

  • Un pasteur gitan

La police lance un appel aux habitants des deux quartiers pour qu'ils rendent leurs armes. Opération qui dépassera toutes les espérances : des dizaines de carabines, de fusils et de pistolets sont rapportés spontanément au commissariat .

"Pour apaiser les esprits, on a décidé, nous les responsables, d'agir pour montrer notre bon vouloir de paix. On a récupéré les armes dans les maisons pour les remettre à la justice", explique un pasteur gitan, porte-parole de la communauté. "Tout s'est passé dans le calme. On montre notre bonne volonté en remettant les armes comme ça. On montre qu'on veut la paix, la tranquillité qu'on a perdue pendant ces quelques jours"

Emeutes archives pasteur armes

Les CRS resteront à Perpignan pendant plusieurs jours encore, le temps que les tensions s'apaisent.

Le ministre de l'Intérieur Sarkozy en visite à Perpignan le 3 juin 2005
Le ministre de l'Intérieur Sarkozy en visite à Perpignan le 3 juin 2005 © Maxppp

 

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