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Dossier : La réforme des retraites

Grève contre la réforme des retraites : plus de 600 millions d'euros de manque à gagner pour la SNCF

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Par , France Bleu

La grève contre la réforme des retraites a occasionné un manque à gagner de plus de 600 millions d'euros à la SNCF, a annoncé son patron Jean-Pierre Farandou ce lundi.

La SNCF a encore du mal à évaluer le montant des compensations qu'elle va devoir payer aux voyageurs.
La SNCF a encore du mal à évaluer le montant des compensations qu'elle va devoir payer aux voyageurs. © Maxppp - Jean-Francois Frey

La mouvement de grève qui perturbe le trafic SNCF depuis le 5 décembre a entraîné un manque à gagner qui dépasse les 600 millions d'euros. "Nous avons perdu près de 600 millions d'euros, sans compter les dédommagements pour les voyageurs de la vie quotidienne et les chargeurs qui vont quitter le ferroviaire pour repasser à la route", a annoncé Jean-Pierre Farandou dans une vidéo diffusée en interne à l'occasion des vœux aux cheminots.

Vingt millions d'euros perdus par jour

La SNCF estime généralement à 20 millions par jour le manque à gagner pendant les grèves, les pertes commerciales étant loin d'être compensées par les économies en salaires, en électricité et en carburant. À cela viennent s'ajouter les compensations qu'elle devra verser aux voyageurs et aux régions qui subventionnent les transports locaux, difficiles à quantifier à l'avance, et les coûts engendrés par la recherche de transports de substitution.

"Les comptes 2019 seront fortement impactés", d'autant plus "qu'on n'est pas encore au bout du décompte des conséquences économiques", avait prévenu Jean-Pierre Farandou dans un entretien au Monde le 24 décembre. "Je formule le vœu que la grève qui a démarré le 5 décembre dernier, il y a plus d'un mois, s'arrête. Cette grève perturbe lourdement la vie des Français, affecte l'économie de notre pays et abîme notre entreprise", a-t-il déploré lundi.

Cette grève abîme notre entreprise - Jean-Pierre Farandou

Les cheminots en grève, "je respecte leur position", a-t-il observé, après avoir remercié ceux qui travaillent. "Je voudrais toutefois qu'ils prennent conscience des avancées obtenues en termes de transition entre le régime spécial et le nouveau système", a-t-il relevé. "Je rappelle que 58% des cheminots statutaires, dont trois conducteurs sur quatre, ne sont pas concernés. Et je rappelle que pour les cheminots statutaires concernés, la transition sera très progressive et les modalités de calcul de leurs retraites donneront un résultat très proche du régime actuel."

Au moins 100 millions d'euros à la RATP

À la RATP, elle aussi durement touchée par la grève depuis le 5 décembre, le manque à gagner est pour l'instant estimé à "au moins 100 millions d'euros", selon un porte-parole. Un calcul pour l'instant purement mécanique au 33ème jour du mouvement, la grève coûtant "au moins 3 millions par jour", a-t-il noté.

S'ajouteront également les compensations à négocier à l'issue du conflit avec Ile-de-France Mobilités, l'autorité régionale des Transports. Sa présidente Valérie Pécresse a demandé en décembre le remboursement intégral de l'ensemble des voyageurs qui empruntent les transports de la région parisienne sur toute la durée de la grève.  

La SNCF est engagée par contrat avec Ile-de-France Mobilités à faire circuler au moins un train de banlieue sur trois. La RATP, elle, a une obligation contractuelle de 50% en heure de pointe (sur les RER A, RER B, le métro et le réseau de surface). En attendant, les voyageurs sont censés être munis d'un titre de transport valable, quand bien même le service est très dégradé.

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