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Société DOSSIER : RÉTRO 2018 : REVIVEZ L'ACTUALITÉ DE L'ANNÉE EN LOIRE-ATLANTIQUE ET EN VENDÉE

Rétro 2018 : le mouvement des gilets jaunes en Loire-Atlantique et en Vendée

jeudi 3 janvier 2019 à 7:06 Par Aurore Jarnoux, France Bleu Loire Océan

La mobilisation des gilets jaunes reste et restera l'un des grands faits marquants de l'actualité en 2018. Les manifestations et les blocages ont rythmé la fin de l'année. Et La Loire-Atlantique et la Vendée n'y ont pas échappé.

Des gilets jaune rassemblés au rond-point d'Armor à Saint-Herblain.
Des gilets jaune rassemblés au rond-point d'Armor à Saint-Herblain. © Radio France - Grégory Jullian

Loire-Atlantique, France

Les gilets jaunes, mobilisés en Loire-Atlantique et en Vendée comme partout en France, ont marqué la fin de l'année 2018. A partir du 17 novembre, blocages et manifestations ont rythmé l'actualité. Retour en photos et en vidéos sur ces rassemblements.

Des milliers de manifestants le 17 novembre

Le 17 novembre 2018 marque le début de la mobilisation des gilets jaunes. Ils sont 3.700 à manifester en Loire-Atlantique selon la préfecture. Elle dénombre une vingtaine de rassemblements avec des blocages de ronds-points, de centre commerciaux, ou encore de péages.

Des gilets jaunes bloquent un rond-point à Saint-Brévin-les-Pins. - Radio France
Des gilets jaunes bloquent un rond-point à Saint-Brévin-les-Pins. © Radio France - Paul Sertillanges

Les gilets jaunes sont nombreux à se mobiliser sur la côte, près de Saint-Nazaire. D'ailleurs, dans la cité portuaire, un homme de 70 ans est légèrement blessé, renversé par une voiture qui tentait de forcer le passage.

A Nantes, environ 700 manifestants organisent une opération escargot sur le périphérique. 

Et en Vendée, les accès à la Roche-sur-Yon sont fortement perturbés. Aux Herbiers, une centaine de gilets jaunes bloquent la zone de la Tibourgère. A Olonne-sur-Mer, ils sont plus de 700 personnes sur les ronds-points de la commune. 

Et la mobilisation se poursuit les semaines suivantes

Le lendemain, le 18 novembre, les gilets jaunes sont toujours sur le pont. Notamment porte d'Armor à Nantes, où une soixantaine de personnes sont rassemblées. Elles ne bloquent pas la circulation mais filtrent les voitures. 

Les gilets jaunes sont bien installés au niveau du rond-point d'Armor. - Radio France
Les gilets jaunes sont bien installés au niveau du rond-point d'Armor. © Radio France - Grégory Jullian

Et la mobilisation continue les jours suivants. Toujours au rond-point d'Armor, mais aussi du côté de Saint-Nazaire. Des barrages filtrants sont en place aux deux entrées du pont, ce qui provoque de gros bouchons.

Même chose en Vendée, où l'on voit des ralentissements à l'entrée de La-Roche-sur-Yon, au niveau du rond-point des Flâneries. Des actions sont également organisées à Challans, à Fontenay-le-Comte ainsi qu'au niveau de l'échangeur de Boufféré sur l'A83.

Le 20 novembre, les gilets jaunes s'attaquent à Donges et sa raffinerie. Ils mettent en place un barrage filtrant sur plusieurs ronds-points de la commune. Même chose à Saint-Étienne-de-Montluc, au niveau de la centrale d'achat.

Le 24 novembre, deuxième samedi de mobilisation, un peu plus de 100.000 gilets jaunes défilent dans toute la France, selon le ministère de l'intérieur. Si des violences éclatent à Paris, chez nous, en Loire-Atlantique et en Vendée, l'atmosphère est plutôt calme.

Ils se mobilisent à Nantes, à La Roche-sur-Yon, à Saint-Brévin, ou encore à Châteaubriant.

Le discours d'Emmanuel Macron ne convainc pas

Le 27 novembre, Emmanuel Macron s'exprime sur le mouvement. Le chef de l'Etat explique qu'il "ne changera pas d'avis"concernant la hausse des taxes sur le prix des carburants. Il annonce en revanche un renforcement de la prime à la conversion et une grande concertation de trois semaines.

Le 29 novembre, les gilets jaunes de Saint-Nazaire décident de bloquer le port. Les camions sont à l'arrêt sur la route et ne peuvent pénétrer dans l'enceinte portuaire. Manifestants et forces de l'ordre jouent au chat et à la souris.

De nombreux camions sont à l'arrêt près des terminaux du port. - Radio France
De nombreux camions sont à l'arrêt près des terminaux du port. © Radio France - Anne Patinec

Les gilets jaunes se disent toujours déterminés à ne rien lâcher tant que le gouvernement ne fera pas de geste sur les taxes.

Violences et débordements en Loire-Atlantique

Pour l'acte III du mouvement, le 1er décembre, la situation se tend en Loire-Atlantique. Des manifestants font notamment irruption sur le tarmac de l'aéroport de Nantes. "Les atterrissages et les décollages ont été suspendus par mesure de sécurité" explique alors le service communication des services de l'Etat.

Des gilets jaunes sur la piste de l'aéroport de Nantes le 1er décembre. - Maxppp
Des gilets jaunes sur la piste de l'aéroport de Nantes le 1er décembre. © Maxppp - Romain Boulanger

Peu après midi, entre 450 et 500 manifestants se rassemblent dans le centre-ville de Nantes, devant la préfecture de Loire-Atlantique. Les forces de l'ordre font usage de gaz lacrymogènes. Deux personnes sont interpellées pour des violences sur les policiers, et trois autres sont blessées. 

Pour le quatrième samedi de mobilisation, les autorités redoutent de nouvelles violences. Plusieurs rencontres de football sont annulés, notamment Nîmes/Nantes et le match de l'Euro de handball féminin entre la France et la Suède est décalé au dimanche. Dans la cité des Ducs, le cinéma Gaumont, situé en plein centre-ville, ferme également ses portes. 

A Nantes, pas moins de trois manifestations ont lieu le 8 décembre : la marche pour la climat, la marche des gilets jaunes et celle du collectif Nantes révoltée. 

Premiers tirs de gaz lacrymogènes devant la préfecture de Nantes. - Radio France
Premiers tirs de gaz lacrymogènes devant la préfecture de Nantes. © Radio France - Louis de Bergevin

La situation est de plus en plus tendue au fil de l'après-midi. Les CRS lancent des gaz lacrymogènes, des casseurs s'en prennent à des vitrines de magasins. Les commerçants baissent leur rideau, le marché de Noël lui est désert. 

La vitrine d'un magasin de chaussures prise pour cible dans la rue Feltre à Nantes. - Radio France
La vitrine d'un magasin de chaussures prise pour cible dans la rue Feltre à Nantes. © Radio France - Louis de Bergevin

La manifestation se termine vers 19h30. Bilan : treize interpellations, cinq policiers et trois manifestants blessés selon la préfecture.

Nouveau discours d'Emmanuel Macron, les gilets jaunes toujours dans la rue

Après ces nouveaux débordements dans plusieurs villes de France, Emmanuel Macron fait son mea culpa et décrète "l'état d'urgence économique et social". Le chef de l'Etat dit ressentir comme "juste à bien des égards" la colère des gilets jaunes. Et annonce plusieurs mesures, notamment l'augmentation du SMIC de 100 euros par mois, et la suppression de la hausse de la CSG pour les retraités qui touchent moins de 2.000 euros par mois.

Mais ces nouvelles annonces ne calment pas la colère de certains gilets jaunes. A Carquefou par exemple, ils accueillent ces mesures avec beaucoup de méfiance. "On veut du concret, demande Thomas. Il parle de référendum, nous dit qu'il va se tourner vers les maires de chaque commune... Non. Qu'il fasse parler le peuple !"

France Bleu Loire Océan organise le lendemain une émission spéciale sur le sujet, avec des gilets jaunes, un représentant La République en Marche, des élus ou encore un chef d'entreprise.

En tout cas sur le terrain, les gilets jaunes sont toujours remontés contre le gouvernement. Surtout après les amendes reçues par certains manifestants. Selon les gilets jaunes de Saint-Nazaire, ils sont une quinzaine à avoir reçu des contraventions pour "stationnement dangereux". Leurs véhicules étaient garés sur des ronds-points de la zone portuaire. Ils écopent d'une amende de 135 euros et perdent trois points sur leur permis de conduire.

Moi j'ai pris deux PV le même jour, l'un à 7h30 du matin car ma voiture sert pour fournir l'électricité au campement et l'autre à 10h16 sur un autre rond-point, où je venais faire le ravitaillement."- Cécilia, gilet jaune

Et mi décembre, les lycéens décident eux aussi de battre le pavé, mais pour d'autres raisons : les élèves protestent contre la réforme du bac et Parcoursup.

Les samedis suivants, des gilets jaunes se mobilisent encore dans le centre-ville de Nantes même si le nombre de manifestants tend à diminuer. Les gaz lacrymogènes flottent dans l'air, et il y a encore des dégradations. Pour venir en aide aux commerçants, les transports en commun de l'agglomération nantaise sont gratuits deux week-ends de suite, avant Noël.

Les manifestants laissent de nombreux dégâts sur le cours des 50 otages.  - Radio France
Les manifestants laissent de nombreux dégâts sur le cours des 50 otages. © Radio France - Jade Peychieras

Mi décembre, la façade de la permanence de la députée La République en Marche, Audrey Dufeu-Schubert, située dans le centre de Saint-Nazaire, a été peinte en jaune. Des slogans anti-Macron y ont été affichés. L'élue a décidé de porter plainte.

La permanence d'une députée LREM à Saint-Nazaire recouverte de peinture jaune. - Radio France
La permanence d'une députée LREM à Saint-Nazaire recouverte de peinture jaune. © Radio France - Anne Patinec

Le 18 décembre, la préfecture de Vendée décide de prendre les choses en main et demande le recours à la force pour évacuer les ronds-points. Des cahiers de doléances sont aussi mis en place dans les mairies, notamment à Couëron

A la veille de Noël, c'est un tout autre discours qui se fait entendre du côté de Donges. Le maire de la commune refuse de détruire les cabanes des gilets jaunes installées près de deux ronds-points. François Chéneau a pourtant reçu une mise en demeure de la part du préfet de Loire-Atlantique. Le maire considère lui "qu'il n'y a pas de péril imminent".

Une des cabanes de gilets jaunes située sur un parking de Donges. - Radio France
Une des cabanes de gilets jaunes située sur un parking de Donges. © Radio France - Anne Patinec

Pour l'acte VII fin décembre, la mobilisation faiblit encore, mais un rassemblement est organisé dans le centre-ville de Nantes. Il y a quelques débordements mais surtout, un manifestant est blessé à la tête. Le jeune homme de 22 ans a une plaie de trois centimètres sur le crâne.

Le procureur de la République de Nantes a saisi l'IGPN, la police des polices, pour enquêter sur les blessures du Nazairien.

En Vendée, comme en Loire-Atlantique, les gilets jaunes n'ont pas dit leur dernier mot, et comptent bien continuer à se mobiliser en ce mois de janvier.