Société

RETRO - Ces Alsaciens qui ont marqué l'année 2016

Par France Bleu Alsace et Blandine Costentin, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass dimanche 18 décembre 2016 à 18:00 Mis à jour le jeudi 22 décembre 2016 à 18:07

Jean-Pierre Sauvage, prix Nobel de chimie, le musée Unterlinden, les manifestations contre la loi travail ou encore les réfugiés : des actualités qui ont marqué l'année 2016 en Alsace.
Jean-Pierre Sauvage, prix Nobel de chimie, le musée Unterlinden, les manifestations contre la loi travail ou encore les réfugiés : des actualités qui ont marqué l'année 2016 en Alsace. © Maxppp - Maxppp et AFP

Nobel de chimie ou meilleur pâtissier du monde, victime de la crise du lait ou adversaire de la loi travail, chantre du bénévolat contre RSA ou migrant arrivé en France... 2016 a été leur année, ils témoignent sur France Bleu.

Au seuil de 2017, que reste-t-il de 2016 ? France Bleu vous propose dix portraits : à travers ces témoignages, revivez une année d'actualité en Alsace.

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Philippe Schlick, meilleur caviste de France : "Un tournant personnel et professionnel"

Désigné le 10 octobre meilleur caviste de France, à l’issue d’un concours à la fois pratique et théorique, Philippe Schlick, de La Boutique du sommelier à Weitbruch, estime qu’il a vécu un "tournant personnel et professionnel" : "On remet tout à zéro." Le titre lui attire de nouveaux clients et les consommateurs fidèles sont « fiers de nous ». C’est "une forme de récompense" reconnaît-il. Et pour les fêtes de fin d’année, tout dépend des goûts et du menu, mais il recommande… un crémant d’Alsace bien sûr (avec modération).

Eric Straumann et sa proposition d'un bénévolat obligatoire contre le RSA : "je suis très soutenu par la population"

En février, le conseil départemental du Haut-Rhin crée la sensation en votant une délibération instaurant l’obligation de sept heures de bénévolat en échange du RSA. Mesure qui a été annulée par la justice, conduisant le département à passer de l’obligation à l’incitation. Le président du CD 68, Eric Straumann assume le débat suscité par son projet et explique que la procédure juridique va se poursuivre. "Je suis très soutenu par la population", explique-t-il. Le conseil départemental réalise aussi un contrôle des bénéficiaires. Selon Eric Straumann, plus de 1.000 personnes sont sorties du dispositif RSA parce qu’elles ne répondaient plus aux conditions d’attribution et 3,7 millions d’euros d’économies ont été générés.

Jamila Haddoum, citoyenne engagée au Neuhof : "tant qu'on a besoin de moi, je reste"

Jamila Haddoum, animatrice au centre socioculturel du Neuhof à Strasbourg accompagne le projet "challenge citoyen". Son objectif : augmenter le nombre d'inscrits sur les listes électorales ainsi que le taux de participation dans ce quartier populaire. "Je suis née au Neuhof, j'y travaille et j'y ai fondé ma famille. En étant plus jeune, j'ai toujours fréquenté le centre socioculturel qui m'a fait découvrir plein d'activités. J'en ai toujours été reconnaissante. Je me suis dit : je peux apporter des choses aux ados. Tant qu'on aura besoin de moi, je reste". Le tout en musique : avec Le Terter ou avec le clip fait par les enfants du Neuhof, Jamila Haddoum montre une autre image de son quartier.

Waad Doghmoch, de la Syrie à l’Alsace : «Je ne me sens plus une réfugiée»

La crise des migrants a marqué l’année 2016. Une réalité vécue par Waad Doghmoch et ses enfants. Après avoir quitté la Syrie en 2012, ils sont arrivés en Alsace en 2016, avec notamment l’aide de la Croix-Rouge. Elle a perdu sa maison, son travail, et ses proches restés au pays lui manquent. Mais l’accueil en Alsace s’est très bien passé, raconte Waad: la famille qui l’héberge est devenue une deuxième famille, le voisin boulanger lui porte du pain et des gâteaux, sa fille est entrée dans une équipe de foot et s’est fait des copains. Elle reconnaît en revanche que les formalités administratives ont été pénibles : "Les gens n’étaient pas heureux de travailler pour nous." Mais la jeune mère respire: "Je ne me sens plus une réfugiée."

Jean-Pierre Sauvage, prix Nobel de chimie 2016 : "Le bilan de l’université de Strasbourg est incomparable"

Après l’annonce de son Prix Nobel, le 5 octobre, le chercheur strasbourgeois raconte la "semaine Nobel" organisée autour de la remise des médailles et, notamment un banquet de 1.300 invités où il a eu l’honneur d’être installé entre la reine de Suède et la princesse… La vie de chercheur est moins fastueuse, mais Jean-Pierre Sauvage parle du labo qu’il a dirigé comme d’un "groupe de copains" : "Il faut des moments de détente et d’échange, c’est essentiel". Quant à l’université de Strasbourg, c’est "vraisemblablement la seule où il y a quatre prix Nobel en activité", un "bilan incomparable".

Marc Haeberlin : "Je sais qu’à travers le monde, il y a des centaines, voire des milliers de cuisiniers qui sont certainement meilleurs que moi."

Chez Marc Haeberlin, le chef de L’Auberge de l’Ill à Illhausern, la modestie n’est pas feinte. Pourtant, en 2016 encore, son établissement et sa cuisine ont été récompensés : il entre dans le top 100 des meilleurs cuisiniers au monde (élus par leurs pairs) et L’Auberge est sacrée troisième meilleur restaurant du monde par le site Trip Advisor. "On ne s’y attendait pas", affirme le chef qui explique qu’il "n’est pas très internet". "Je sais qu’à travers le monde, il y a des centaines voire des milliers de cuisiniers qui sont certainement meilleurs que moi", ajoute-t-il. Ces distinctions "mettent en valeur la maison", "dynamisent le personnel" et contribuent au rayonnement du restaurant à travers le monde. Son objectif pour 2017 ? Conserver les trois étoiles pour la 50e année consécutive.

Robin Leon remporte le plus célèbre des télécrochets allemands : "Je fais le métier que je voulais faire"

Le jeune homme d’Ettendorf vit son rêve : en août 2016, Robin Leon a remporté le célèbre concours de chant de la chaîne de télé allemande ARD, Immer wieder Sonntags. Depuis, il enchaîne les concerts chaque weekend, avec comme manager le producteur qui lui a permis de postuler à l’émission. "Dès que je me balade, on me reconnaît, ça me fait plaisir (…) je fais le métier que je voulais faire". Son défi, en montant sur scène, "rendre les gens heureux". Et s’il devait enregistrer un duo ? Hélène Fischer dans le style schlager et dans la chanson française, Louane ou Kendji.

Michel Rohrbach et la crise du lait : "Un grand merci aux consommateurs"

L'Alsace n'est pas une grande région laitière, mais les éleveurs alsaciens partagent la détresse de leurs collègues de l'ouest et ils ont soutenu les actions contre le groupe agro-alimentaire Lactalis. Michel Rohrbach, éleveur à Wittelsheim, raconte une situation difficile financièrement et moralement. La mobilisation des agriculteurs a fait plier Lactalis. Michel Rohrbach sent que l'année 2016 se termine sur une petite hausse de revenus et que 2017 s'annonce meilleure. Il remercie les consommateurs qui ont soutenu le mouvement. "Il faut changer la consommation en profondeur, plus de produits locaux, du lait d'ici (...) et que l'argent aille chez les producteurs."

Pantxika de Paepe, conservatrice du musée Unterlinden à Colmar : "Le public se diversifie"

Ouvert en décembre 2015, mais inauguré en janvier 2016, le nouvel Unterlinden a connu une grande année 2016, avec la visite de nombreuses personnalités et une exposition médiatique intense. En termes de fréquentation, la conservatrice du musée, Pantxika de Paepe, estime qu’il atteindra les 300.000 visiteurs à la toute fin de l’année, "un très beau chiffre". Elle reconnaît que tout n’est pas fini, avec, par exemple, un "problème de signalétique", mais elle se félicite surtout de l’intérêt du public : ceux qui connaissaient déjà les lieux, les nouveaux visiteurs, les scolaires avec qui le musée développe des partenariats. "Le public se diversifie (…) des personnes de Colmar et du Haut-Rhin ne venaient pas au musée ! On remonte la pente et c’est important".

Jacky Wagner et la loi travail : "Sans se battre, on n'arrive à rien"

La CGT, associée à d'autres syndicats, a multiplié les manifestations contre la loi travail. "Parfois tous les quinze jours" se souvient son secrétaire départemental dans le Bas-Rhin, Jacky Wagner. Et "on reste mobilisé contre cette loi", rappelle le syndicaliste. Jacky Wagner trouve que cette mobilisation a eu l'avantage de montrer que "sans se battre, on n'arrive à rien". En revanche, il estime qu'il faut trouver de nouvelles formes de lutte, "sans aller dans l'extrême", au plus près des entreprises.