Société

Réunion tendue sur les migrants à Saint-Denis-de-Cabanne, près de Roanne

Par Marie Blondiau, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu jeudi 15 septembre 2016 à 3:23 Mis à jour le jeudi 15 septembre 2016 à 8:00

Saint-Denis-de-Cabanne compte 1300 habitants, plus de 200 ont assisté à cette réunion
Saint-Denis-de-Cabanne compte 1300 habitants, plus de 200 ont assisté à cette réunion © Radio France - Marie Blondiau

La salle communale de Saint-Denis-de-Cabanne, à côté de Roanne, dans la Loire, était pleine à craquer ce mercredi soir. Deux heures d'une réunion publique difficile, à propos de l'accueil temporaire de 50 à 100 migrants, à partir de novembre.

Plus de 200 personnes dans la salle, des dizaines d'autres à l'extérieur - habitants des environs ou sympathisants du Front national -, l’atmosphère était électrique ce mercredi soir à Saint-Denis-de-Cabanne, dans la Loire. Tous voulaient demander des explications aux services de l’État, à l'association "Entraide Valdo", qui va gérer là-bas le Centre d’accueil et d’orientation (CAO) de migrants, à la gendarmerie et au conseil municipal. Entre les invectives, toutes les questions - même les plus taboues - ont été mises sur la table. Le sous-préfet de Roanne a répété que le centre n’ouvrira que pour cinq mois, et que le village ne supportera aucun frais. Sur la sécurité, l’Entraide Valdo a évoqué une présence 24 heures sur 24, avec huit salariés et la gendarmerie a évoqué des patrouilles régulières, dans le but surtout de rassurer le voisinage. Peine perdue pour le moment.

Nos enfants peuvent traîner dans la rue, ils ne risquent rien ? Moi j’ai peur des vols, des viols… Qui va satisfaire leurs besoins sexuels? - plusieurs habitants de Saint-Denis-de-Cabanne

Récupération politique interdite

Sarah Brosset, responsable FN pour le Roannais, tente de prendre la parole. Elle est illico coupée par le maire René Valorge, qui a refusé toutes les propositions de responsables politiques, par crainte de voir le débat récupéré. L’idée d’un habitant de mettre en place un comité de suivi, est en revanche bien reçue par tous.

Je propose que, sur deux mois, on mette en place un comité citoyen composé d’opposants et de personnes favorables. Parce que là, en gros, j’ai bien senti dans mon dos qu’on va se mettre sur la courge !  - Un riverain, partisan du CAO

135 migrants doivent arriver dans la Loire ces prochaines semaines. Et à Saint-Denis-de-Cabanne ? Aucun chiffre officiel n’a été avancé. On ne connaît pas non plus les termes de l'accord financier entre l’État et le CCAS d'EDF pour l'occupation du centre de vacances. À ceux qui ont profité de l’occasion pour réclamer, par exemple, des budgets pour l’éclairage des arrêts de bus, le sous-préfet Christian Abrard n'a pas dit non.

La décision est prise, donc ce n’est pas un marchandage. Nous disons simplement au maire: "présentez-nous des projets, nous les prendrons en compte en priorité". Le sous-préfet Christian Abrard