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Société

Rock en Seine : un stand sur les agressions sexuelles

jeudi 24 août 2017 à 21:00 Par Pierre Coquelin, France Bleu Paris et France Bleu

A l'occasion du festival Rock en Seine dans le domaine de Saint-Cloud, l'association "En avant toutes" tient pour la première fois un lieu d'écoute sur la question des agressions sexuelles. Nous avons rencontré Louise Delavier, chargée de communication de l'association "En avant toutes".

"L'ambiance festival fait que, quand une fille n'accepte pas un geste, elle va être taxée de "pas marrante", explique Louise Delavier (En avant toutes)
"L'ambiance festival fait que, quand une fille n'accepte pas un geste, elle va être taxée de "pas marrante", explique Louise Delavier (En avant toutes) © Radio France - Pierre Coquelin

Saint-Cloud, France

L'association "En avant toutes" va avoir un stand à Rock en Seine. Quelle sera votre mission ?

On se déplace sur les festivals pour parler des violences sexistes en général, avec notamment des publics jeunes. En juillet, à Solidays, à travers une de nos animations, on s'est aperçues que beaucoup de femmes venaient reporter des cas de violences sexistes qui se passaient dans leur vie et dans les festivals. Ce sont des harcèlements de rue, des gestes dits "déplacés" comme des mains aux fesses ou des baisers forcés, des interpellations ("Hey mademoiselle") qui participent à un sentiment d'insécurité, ou encore des insultes.

A Solidays, quel bilan avez-vous tiré de votre action ?

Les femmes se sont mises à beaucoup nous parler. Pour nous, c'est un bilan qui est positif. On a l'impression que c'est triste, mais en fait, ce qui est bien, c'est que les femmes en parlent. On avait une animation, le "Relou" - un endroit où les filles mettent des post-it et racontent des anecdotes, on s'est rendu compte qu'il y a des choses qui relèvent du pénal, mais on ne sait pas ce qu'on fait les femmes après. Nous, on a alerté l'organisation du festival. On nous a répondu que des mesures seraient prises, mais à l'heure actuelle, je ne sais pas lesquelles.

Dans notre pays, les organisateurs de festivals ne semblent pas encore avoir pris cette question en considération

Peu de plaintes déposées

Quel type de messages ?

Là, c'était "il m'a mis une main aux fesses", "il n'a pas arrêté de me coller", "il m'a dit que j'étais une salope", ou encore "on ne peut pas sortir fumer une clope car il y a 10 mecs qui viennent nous voir". Il faut savoir que les agressions sexuelles, ça peut aller jusqu'à la prison (ndlr : une peine de 5 à 10 ans de prison pour une agression sexuelle, 15 à 20 ans pour un viol). Mais dans les faits, très peu de plaintes sont déposées : on n'oblige jamais les gens à porter plainte parce qu'on sait aussi que c'est une violence supplémentaire, et qu'il faut être prêt. nous on veut juste que les femmes se sentent bien.

C'est un phénomène qui est croissant ?

Je ne pense pas, ça a toujours existé. Simplement, la parole se libère grâce notamment à internet : il y a beaucoup d'initiatives comme Paye ta shneck ou encore Stop harcèlement de rue qui permettent aux femmes de se dire qu'elles ne sont plus seules, que ce n'est pas normal. Le problème dans notre société, c'est qu'on a l'impression que ces gestes sont normaux. L'ambiance festival fait que quand une fille n'accepte pas un geste, elle va avoir tendance à être taxée de "pas marrante" : il y a une injonction à la fête qui fait que c'est plus difficile de repousser quelqu'un, de mettre un stop car il y a l'idée que c'est comme ça qu'on fait la fête.

On n'oblige jamais les gens à porter plainte parce qu'on sait aussi que c'est une violence supplémentaire, et qu'il faut être prêt

Dernièrement, en Suède, un festival a décidé d'annuler son édition 2018 après une série d'agressions sexuelles (4 viols et 23 agressions sexuelles fin juillet). Est-ce la bonne solution ?

Ce genre d'action choc fait qu'on en parle en France. Dans notre pays, les organisateurs de festivals ne semblent pas encore avoir pris cette question en considération. Je n'ai pas vraiment envie qu'on annule des festivals, mais au moins qu'on mette un point où les femmes peuvent venir. Un relais en quelque sorte. Car aujourd'hui, ce n'est pas facile d'aller voir un policier, car la police est aussi tributaire de cette façon de penser. Il arrive que parfois, elle refuse de prendre la plainte.

Créée en 2013, l'association "En avant toutes" compte 2 salariés et plus d'une trentaine de bénévoles. Son stand se trouvera près de la grande scène de Rock en Seine.