Société

Une nuit avec les bénévoles du Samu social de Rouen

Par Kathleen Comte, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu mercredi 18 janvier 2017 à 12:50

L'autobus de Samu Social de Rouen maraude toutes les nuits pendant la trêve hivernale. Dans son coffre : boissons chaudes, couvertures et surtout des bénévoles à l'écoute.
L'autobus de Samu Social de Rouen maraude toutes les nuits pendant la trêve hivernale. Dans son coffre : boissons chaudes, couvertures et surtout des bénévoles à l'écoute. © Radio France - Kathleen Comte

Mardi soir, comme chaque soir depuis le 1er novembre, l'autobus du Samu social a sillonné Rouen. Les bénévoles distribuent couvertures, soupes et sandwichs à ceux qui dorment dans la rue malgré le froid.

Malgré le plan "temps froid" déclenché par la préfecture de Seine-Maritime et l'ouverture du site Colette Yver et de gymnases (Grindor à Rouen et Dumont Durville au Havre), certains préfèrent continuer de dormir dehors alors que l'hiver bat son plein. Mardi soir, comme tous les soirs depuis le 1er novembre (date du début de la trêve hivernale), l'autobus du Samu Social - accompagné de la Croix Rouge et d'Emmaüs - a sillonné Rouen : hôtel de ville, gare ou église Saint-Sever. Les bénévoles ont distribués couvertures, soupes et sandwichs à ceux qui refusent de s'abriter pour la nuit. Souvent des sans-abris accompagnés d'animaux qu'ils ne veulent pas laisser. Aucune structure ne les accepte.

Un radiateur sur pattes"

Un problème pour ce Rouennais de 20 ans, jongleur quand il le peut, et sans abris depuis quatre ans : "Moi si j'ai pris un chien c'est pour m'accompagner sur la route, pour avoir une présence. C'est vrai que c'est une super compagnie. C'est un petit radiateur sur pattes, on le met contre soi et ça tient chaud. C'est assez compliqué à expliquer mais ça se voit qu'ils nous comprennent à leur façon de nous regarder."

Adopté à l'âge de deux mois, Pti Loup et le jeune homme sont inséparables : "Depuis que je l'ai je suis toujours avec lui. 24 heures sur 24. Donc c'est sûr que ça créé une complicité. Personnellement, mon chien c'est ma vie, c'est pas de la merde. Je m'en sépare jamais."

Pour Mohamed, bénévole au Samu social depuis trois mois, une solution doit être trouvée : "Moi je ne connais pas de structure qui accueille à la fois les animaux et leur maître. Peut-être qu'il faut y penser. Pourquoi pas ouvrir des structures qui les accueilleraient non pas pendant toute la trêve hivernale mais justement pendant ces périodes de grand froid."

Durant la nuit, l'autobus du Samu social a rencontré près de soixante personnes. Le temps d'une soupe, d'un sandwich ou de quelques blagues. Les maraudes du Samu social débutent à 20 heures à l'hôtel de Ville. A 21 heures l'autobus se déplace à la gare avant de rejoindre l'église Saint-Sever. De 23 heures à minuit, les bénévoles vont à la rencontre des sans-abris qu'ils croisent ou qui ont appelé le 115.

Charlotte, 24 ans, bénévole au Samu Social depuis plus d'un an, distribue de la soupe chaude aux sans-abris.  - Radio France
Charlotte, 24 ans, bénévole au Samu Social depuis plus d'un an, distribue de la soupe chaude aux sans-abris. © Radio France - Kathleen Comte
Les bénévoles du Samu Social en compagnie d'un sans-abris. Un moment de partage et d'échange.  - Radio France
Les bénévoles du Samu Social en compagnie d'un sans-abris. Un moment de partage et d'échange. © Radio France - Kathleen Comte