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Société

À Saint-Bris-le-Vineux, la vigne, une histoire de famille

mardi 13 juin 2017 à 17:30 Par Kevin Dufreche, France Bleu Auxerre

Dans la famille Goisot, je demande la grand-mère, le fils,et le petit-fils : Marie-Claude, Jean-Hugues et Guilhem, trois générations, une même passion, celle de la vigne. Le domaine se transmet dans la famille, depuis plus d'un siècle.

La famille Goisot, de gauche à droite : Jean-Hugues, Marie-Claude, et Guilhem
La famille Goisot, de gauche à droite : Jean-Hugues, Marie-Claude, et Guilhem © Radio France - Kevin Dufrêche

Saint-Bris-le-Vineux, France

"S'il n'avait pas voulu reprendre, on ne l'aurait pas forcé, s'amuse Marie-Claude Goisot, en parlant de son fils, Jean-Hugues. Mais on était quand même satisfait de voir qu'il reprenait". Pas de pression, mais un héritage fort, important, à conserver, si possible, dans la famille.

Plus d'un siècle d'histoire dans les vignes

Le grand-père de Marie-Claude, déjà, était vigneron. C'est donc depuis plus d'un siècle que c'est une histoire de famille. Si Jean-Hugues dit n'avoir ressenti "aucune forme de pression", il évoque un poids : "C'est toujours un peu lourd à porter, parce qu'il y a un tout un passé. Ce n'est pas que les parents, c'est plusieurs générations". Jean-Hugues l'avoue, ça n'a jamais été une évidence pour lui, plus jeune, qu'il ferait ce métier. Mais il l'a choisi, parce que les vignes, c'est la vie de sa famille.

Son fils Guilhem est aussi conscient de l'importance de cet héritage. "Il y a des vignes dont j'ai participé à la plantation sur le domaine, et des vignes qui sont là depuis l'époque de mon arrière-grand père", explique-t-il.

"La vigne, on en sort jamais vraiment". Trois générations liées par le vin, et le terroir : Jean-Hugues, Marie-Claude, et Guilhem Goisot

Garder son identité

Lui aussi aurait pu faire autre chose : "J'ai fait beaucoup d'équitation pendant un temps, j'aurais pu me lancer dans le milieu équin. J'ai fait de la musique, j'aurais pu être musicien", sourit-il, même si l'on sent chez lui, un léger manque de conviction. Pour lui aussi, la vigne, c'est sa vie.

Mais il tient à préserver une forme d'indépendance. "Si on fait un copié-collé des générations précédentes, on passera à côté d'un certain nombre de choses, qui pourraient améliorer le vin, prétend Guilhem. Il faut savoir préserver une identité propre".

Un héritage qui permet tout de même d'apprendre, et de faire évoluer son métier, comme l'explique Jean-Hugues : "On se rend que des choses que nos parents et grands-parents ont connu, et qui ont été abandonnées, et bien nous on les reprend. Par exemple, le travail du sol, qui avait été abandonné quand le désherbage chimique est arrivé. Nous aujourd'hui, on a arrêté tout désherbage chimique, pour reprendre le travail du sol."

Un attachement à la terre

"C'est viscéral", pour Jean-Hugues, cet attachement au domaine familial, à la terre. "La vigne on en sort jamais vraiment, nous dit Marie-Claude. Moi j'aime toujours bien faire mon tour de vignes, observer... maintenant c'est tout ce que l'on peut faire, observer !". Une réflexion qui amuse Jean-Hugues : "mes parents utilisent plus de carburant que nous pour faire le tour des vignes !". Et Guilhem de rajouter : "S'il y a un piquet de travers dans une parcelle, ils l'auront vu avant nous, et ils nous font la réflexion !".

C'est en tous cas avec bienveillance que Marie-Claude regarde désormais le domaine géré par son fils et son petit-fils : "J'admire leur courage. De toujours vouloir se renouveler, s'améliorer. Je suis fière". Une responsabilité que porte Jean-Hugues, qui à 58 ans, ne se voit pas encore arrêter : "On en sort jamais vraiment, et même si je le disais, je pense qu'il y aurait pas grand monde pour me croire ici".

Le reportage de Kevin Dufrêche avec la famille Goisot