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Société

Saint-Étienne-du-Rouvray : des phrases chocs pour lutter contres les violences sexistes

mercredi 22 novembre 2017 à 19:17 Par Sixtine Lys, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu

"En même temps tu as vu comment tu t'habilles..." C'est le message placardé un peu partout à Saint-Étienne-du-Rouvray, pour sensibiliser les habitants aux violences faites aux femmes. L'objectif de la mairie communiste : faire réagir, et donner des informations et des solutions aux victimes.

La phrase "En même temps, t'as vu comment tu t'habilles..." est affichée partout dans la commune.
La phrase "En même temps, t'as vu comment tu t'habilles..." est affichée partout dans la commune. - Loïc Seron (Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray)

Saint-Étienne-du-Rouvray, France

"Tu sais qu't'es bonne... Hé, dis pas merci surtout !", "Si tu te fais agresser, tu pourras pas dire que tu l'as pas cherché", "Jolies fesses... On peut toucher ?", "Mesdemoiselles, évitez les décolletés. Il ne faudrait pas distraire vos camarades !" Tant de petites phrases accrochées partout dans la ville de Saint-Étienne-du-Rouvray dans l'agglomération de Rouen.

Sur le marché du Madrillet, ça fait parler. Najib, jeune homme en recherche d'emploi, trouve que c'est une bonne idée, mais ne se sent pas très concerné. "Moi je suis un mec bien, je connais pas tout ça ! Faut respecter les femmes." Pourtant, quand on cherche un peu, il reconnait : "Même moi, ça m'arrive de mal parler à une fille sans faire exprès. On s'en rend même pas compte, on balance des grossièretés et puis ça les blesse."

Ça attire l’œil

Premier objectif de la campagne : rappeler que ces petites phrases, c'est du harcèlement. "C'est du sexisme pur et simple", estiment Ségolène et Jennifer, interpellées par la campagne. "C'est un peu choquant. On s'arrête, on regarde, on lit, ça attire l’œil."

Mais sur le marché, tout le monde n'est pas du même avis. "Je pense qu'on met tout sur le dos des garçons, mais je crois qu'il y a des filles qui font en sorte de se mettre dans des situations très délicates, et après elles se plaignent, mais elles ont cherché...", explique Romain*.

Francine Goyer, est la première adjointe à la mairie, notamment charge des droits des femmes. "La campagne fait beaucoup réagir. Tout le monde ne se rend pas compte de la portée des paroles qu'ils peuvent avoir. Et quand c'est quotidien, c'est lourd à supporter pour les femmes."

Une femme sur deux

Selon une enquête Odoxa, plus d'une femme sur deux en France a déjà été victime d'agression ou de harcèlement sexuel.

Pour cette semaine de lutte, des actions sont organisées à Saint-Etienne-du-Rouvray. Ce jeudi 23 novembre, à partir de 14h, rendez-vous à l'immeuble Hoskoa pour un atelier autour des idées reçues sur les violences faites aux femmes.

* Le nom a été modifié.