Société

Saint-Étienne : fermer la nuit l'église de Montreynaud pour conserver l'accueil de jour

Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire lundi 10 octobre 2016 à 20:07

Le père Riffard et l'évêque de Saint-Etienne Mgr Bataille
Le père Riffard et l'évêque de Saint-Etienne Mgr Bataille © Radio France - Mathilde Montagnon

Les migrants de l'église de Montreynaud devront quitter la salle paroissiale ce mardi soir à 19h. Ils ne pourront plus dormir dans cette église de Saint-Étienne comme c'était le cas depuis des années. Résultat d'une négociation entre la Préfecture, le Procureur de la République et l'Évêché.

Cela faisait plus d'un an que Christophe, originaire de la République démocratique du Congo, dormait dans la salle paroissiale de l'église Sainte-Claire de Montreynaud. Mais ce mardi soir, pour la première fois, il ira passer la nuit à l'asile de nuit de Saint-Étienne. Plus aucun migrant n'a le droit de dormir dans la petite salle paroissiale de l'église, comme c'était le cas depuis des années. Ce mardi soir à 19h, tout le monde doit être parti.

Reportage de Mathilde Montagnon

La Préfecture de la Loire et le Parquet de Saint-Étienne ont demandé à l'Évêché d'arrêter, pour des raisons de sécurité, l'hébergement de nuit. Sinon c'était l'ensemble des locaux qui risquaient d'être fermés par les autorités. "On a accepté le marchandage pour sauver l'essentiel" explique-t-on du côté de l’Évêché. Pour Mgr Sylvain Bataille "ce n'est pas un arrêt mais une nouvelle étape, pour continuer un travail qui se fait". Sylvain Bataille qui ajoute que cette question de Montreynaud a été le premier dossier dont il a du s'occuper en arrivant il y a quelques mois. Mais pour lui "il y a eu une belle négociation qui a permis de donner du temps, pour réfléchir, pour trouver des solutions (...) ce qui m'importe c'est continuer ce qui se fait, même si c'est sous une forme différente".

Mgr Sylvain Bataille, l'évêque de Saint-Étienne

Le week-end dernier, l'église hébergeait encore 80 personnes. Alors des solutions ont été trouvées : asile de nuit ou centre pour demandeurs d'asile pour la très grande majorité. Et pour les autres, les paroissiens de l'association anticyclones s'activent pour trouver des logements chez l'habitant. En revanche, les prochains migrants, ceux qui arriveront dans les prochains jours, le soir ou la nuit, se retrouveront sans solution. C'est à eux que pense le père Gérard Riffard qui raconte "Hier soir un couple est arrivé. La femme était enceinte de huit mois. On a dit non. Le monsieur s'est mis en colère contre nous. On va avoir constamment ce genre de problème. Des gens à qui on va dire non et qui ne comprendront pas". Le père Riffard qui entend la problématique des normes de sécurité dans son église, soulevée par les autorités. Mais pour qui "on est peut-être plus en danger que chez nous. Il me semble".

Le père Gérard Riffard

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