Société

Saint-Étienne : la Poste tient son meeting, la CGT riposte

Par Mahauld Granier, France Bleu Saint-Étienne Loire mercredi 20 janvier 2016 à 17:55

La Grand Poste de Saint-Étienne
La Grand Poste de Saint-Étienne © Radio France - Mahauld GRANIER

Ce jeudi matin, La Poste, réunit 1 200 employés au Zénith de Saint-Étienne. Cette assemblée suscite des tensions : la CGT appelle à la grève et à manifester devant la salle à 11 heures pour montrer son désaccord avec la politique du groupe.

Entre le groupe la Poste et le syndicat CGT-FAPT dans la Loire, rien ne va plus. Au Zénith de Saint-Étienne, certains parleront politiques commerciales à l’intérieur quand d’autres manifesteront pour les conditions de travail à l’extérieur.

Ce jeudi 21 janvier, les bureaux de poste de la Loire devaient tous être fermés. En fait, la directrice départementale avait convoqué l’ensemble des employés pour présenter son plan d’action commerciale pour cette année.

Face à l’annonce de la fermeture des bureaux, le syndicat CGT-FAPT, majoritaire en France et dans la Loire au sein de La Poste, a déposé un préavis de grève. Les syndicalistes se sont offusqués de la fermeture intégrale des bureaux pour l’organisation d’une réunion interne à l’entreprise. Face au mécontentement de l’organisation professionnelle, la direction a finalement décidé d’ouvrir partiellement puis complètement ses bureaux pour la journée.  

L'affichette collée sur le bureau de Poste à Saint-Étienne avant d'être retirée - Radio France
L'affichette collée sur le bureau de Poste à Saint-Étienne avant d'être retirée © Radio France - Mahauld GRANIER

Des tensions sous-jacentes

Derrière ces aller-retour entre le groupe et le syndicat, se cachent des tensions plus profondes. En effet, le groupe La Poste cherche à "moderniser" ses services. Cette modernisation se traduit aux yeux des syndicats par une "dégradation des conditions de travail". Thierry Maisonneuve, responsable syndical à la CGT-FAPT explique que les syndicats ont transmis en octobre un ensemble de revendications à la direction. Sans réponse, selon les organisations. Ils dénoncent avant tout les fermetures de bureaux de Poste, souvent transformés en agence postale communale ou en point-relais, ainsi que la baisse des effectifs.  Plus globalement, le syndicaliste regrette la "dégradation de ce service public".

Quand il manque quelqu’un, c’est forcément ceux qui restent qui font le boulot. Et aujourd’hui, on ne peut plus faire le boulot.

Thierry Maisonneuve, responsable CGT FAPT dans la Loire

Fermeture ou transformation ?

Le groupe La Poste estime que quand un bureau n’est plus suffisamment ouvert (c’est-à-dire moins d’une quinzaine d'heures environ par semaine), celui-ci est voué à la fermeture. D'un point de vue financier, il n'est plus rentable pour l'entreprise. Dans ces cas-là, la Poste propose deux solutions à la mairie.

La première : transformer le bureau en agence communale. Le bureau de poste est alors intégré à la mairie. Contre 900 euros par mois, la mairie doit prendre en charge l’intégralité de ce service, fournir un local et un gérant. Deuxième option : un commerçant prend la relève, contre la somme de 300 euros par mois, pour devenir un point-relais, avec souvent des horaires d'ouverture plus larges. 

Conflits entre La Poste et le syndicat...

Plus concrètement, l’évolution du système postal a des conséquences sur la vie des habitants, des Ligériens notamment. À Sail-sous-Couzan, par exemple, la Poste a fermé le bureau "sans concertation" assure le maire, Ludovic Buisson. L'élu nous explique que la transformation de son bureau de poste en un point-relais fut presque une obligation. Après des années de débat, durant lesquelles la mairie refusait par vote la fermeture du bureau, le groupe a finalement imposé cette fermeture. Pour le maire, c’était donc une alternative ou rien. Dans l’urgence, c’est finalement un épicier qui a pris la responsabilité du point-relais. Une façon de pérenniser son commerce tout en assurant un service minimum et des horaires d’ouverture satisfaisantes pour les usagers.

À Chevrières, près de Saint-Galmier, le bureau de poste s'est cette fois transformé en agence communale. Le maire, Norbert Dupeyron, justifie ce choix, même s'il coûte à la commune (les 900 euros donnés par la Poste servent uniquement à rémunérer la gérante du guichet, pas les charges fixes), comme une "nécessité pour le confort des usagers". Disposer d'un espace dédié lui paraissait plus approprié pour retirer de l'argent ou prendre des conseils financiers, que de faire ses démarches "pendant qu'un autre vient acheter un bout de pain". Si garantir ce service pour les habitants de la commune n'était pas une option à ses yeux, le maire de Chevrières regrette tout de même que La Poste n'aie pas assuré un suivi plus précis de ces transformations. L'agence communale a ses limites : pas assez de liquidités, des délais d'acheminement parfois importants et un conseil limité, car un agent communal n'a pas la même formation qu'un conseiller financier de La Poste.

Ludovic Buisson, le maire de Sail-sous-Couzan sera l'invité de France Bleu Matin ce jeudi 21 janvier à 7h50.