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Salle de consommation de drogues à Lille : "on se sentira moins mis à l'écart"

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Par , France Bleu Nord

Comme à Paris et Strasbourg, il y aura bientôt une salle de consommation de drogues à moindre risque à Lille. A partir du 1er octobre, un bâtiment proche du centre de soins en addictologie du CHU de Lille accueillera les toxicomanes. Nous sommes allés à leur rencontre.

La future salle de consommation de drogues à moindre risque sera notamment gérée par les centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues (ici à Moulins)
La future salle de consommation de drogues à moindre risque sera notamment gérée par les centres d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues (ici à Moulins) © Radio France - Cécile Bidault

Après Paris et Strasbourg, une salle de consommation à moindre risque (SCMR) va ouvrir à Lille le 1er octobre 2021. C'est la mairie qui l'a annoncé mercredi. Elle sera située boulevard de Metz, dans le quartier du Faubourg de Béthune.

Une quinzaine de personnes, infirmiers, médecins, éducateurs, encadreront les toxicomanes qui s'y rendront, pour faire leur injection, ou leur inhalation, d'héroïne ou de crack par exemple. 3800 consommateurs de ce type de drogues sont actuellement suivis par des associations.

C'est dur la clandestinité - Pierre

Pierre, 33 ans, est un consommateur d'héroïne, il ne se pique plus mais fume cette drogue. Il a bien l'intention de fréquenter cette salle de consommation, car aujourd'hui les conditions sont précaires : "dans la rue, c'est dangereux. On se cache, on va dans des toilettes, c'est risqué. C'est dur la clandestinité". Lorsqu'il évoque la possibilité d'une salle, Pierre assure : "on se sent un peu moins mis à l'écart, on se sent moins seul".

ECOUTEZ : Pierre, 33 ans, consommateur d'héroïne

En attendant l'ouverture, Pierre fréquente le CAARUD Ellipse, dans le quartier de Moulins. Dans ce centre d'accueil et d'accompagnement à la réduction des risques des usagers de drogues, pas question de consommer, les toxicomanes viennent notamment chercher des seringues et du matériel à usage unique.

Au CAARUD, Céline, éducatrice, fournit du matériel à usage unique, pour éviter les problèmes de santé.
Au CAARUD, Céline, éducatrice, fournit du matériel à usage unique, pour éviter les problèmes de santé. © Radio France - Cécile Bidault

Ce sera plus encadré - Fabrice

Fabrice, 50 ans, est venu prendre une douche. Consommateur de crack, il a aussi l'intention de fréquenter cette salle, même s'il ne pratique pas l'injection : "au moins je serai à l'abri des regards. Et puis il y a l'hygiène. Ce sera plus encadré. On pourra parler à des gens, car la solitude, c'est pesant. Et puis il y aura moins de seringues qui traînent".

ECOUTEZ : reportage au CAARUD Ellipse

Le projet est porté par la ville de Lille, le CHU, et le collectif des CAARUD, formé par six associations : le Cèdre bleu, Spiritek, Itinéraires, AIDES, l'ABEJ, et la Sauvegarde du Nord.

Frédéric Brzozowski, directeur du pôle addictologie à la Sauvegarde du Nord, l'une de six associations mobilisées pour la création de la salle de consommation à moindre risque de Lille.
Frédéric Brzozowski, directeur du pôle addictologie à la Sauvegarde du Nord, l'une de six associations mobilisées pour la création de la salle de consommation à moindre risque de Lille. © Radio France - Cécile Bidault

Ce n'est pas la salle de consommation qui crée les consommateurs

Frédéric Brzozowski, directeur du pôle addictologie à la Sauvegarde du Nord, tient à préciser que "les produits circulent à Lille, il y a des consommateurs, ce n'est pas la salle de consommation à moindre risque qui les crée. Tout est encadré médicalement, pour qu'on puisse intervenir rapidement en cas d'accident. Cela permet un accompagnement sanitaire mais aussi social, administratif, judiciaire. On prend en charge la personne de manière globale".

ECOUTEZ : Frédéric Brzozowski, directeur du pôle addictologie à la Sauvegarde du Nord

L'installation de cette salle de consommation à moindre risque coûtera un million d'euros, financé par le ministère de la santé.

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