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La première "salle de shoot" de France ouvre cette semaine à Paris

Par Faustine Calmel, France Bleu Paris Région et France Bleu mardi 11 octobre 2016 à 6:10

C'est derrière cette porte qu'ouvre la salle de consommation de drogue ce vendredi
C'est derrière cette porte qu'ouvre la salle de consommation de drogue ce vendredi © Maxppp - Le Parisien

Ses opposants l'appellent "salle de shoot", ses défenseurs "salle de consommation de drogue à moindre risque". Géré par l'association Gaïa, cet espace de 400 mètres carrés à l'hôpital Lariboisière, tout près de la Gare du Nord, est inauguré ce mardi, avant de recevoir ses premiers usagers vendredi.

Le projet est en débat depuis des années et a fait couler beaucoup d'encre. L'idée, c'est de proposer aux toxicomanes un lieu où ils puissent s'injecter ou inhaler leurs drogues (en majorité dans ce quartier de la Gare du Nord du Subutex, du Skenan, ou du crack) avec un contrôle des conditions d'hygiène. Pour accéder à cet espace, ils devront d'abord s'inscrire, accepter le règlement intérieur (qui interdit le deal, l'échange de produits et les comportements violentes) puis prendre un ticket avant de pénétrer dans la salle d'injection proprement dite. Là, dans des box séparés mais pas fermés, ils pourront consommer la drogue qu'ils ont eux-même apportée. Ensuite dans une salle de repos, les équipes de Gaïa espèrent pouvoir faire de l'accompagnement, social pour trouver un logement par exemple.

"Il n'y a jamais eu d'overdose mortelle dans ces salles"

Ce type de structures existe depuis 30 ans déjà, en Suisse, en Allemagne, en Espagne ou encore aux Pays-Bas. Pour Michel Vélasquez Gonzalez, de l'association Asud (lutte pour la réduction des risques depuis 1992) : "cela permet de réduire les risques de contamination VIH et hépatite C notamment, mais aussi les risques d'overdose mortelle. Il n'y en a tout simplement jamais eu dans ces salles depuis le début de leur existence". Il estime aussi que cela va permettre de rendre le quartier plus sûr, avec moins de seringues jetées dans le caniveau ou les sanisettes publiques, dans un espace, autour de la Gare du Nord, où les toxicomanes sont déjà très nombreux.

"Non à la salle de shoot"

Un argumentaire qui ne convainc pas vraiment les riverains. Depuis l'annonce du projet et sa localisation près de la Gare du Nord il y a 3 ans, ils se battent contre l'ouverture de cette salle. Ils estiment qu'elle va attirer encore plus de trafic dans un secteur où ils croisent déjà des toxicomanes qui se piquent dans les parkings ou les toilettes publiques.

La salle qui ouvre mercredi accueillera les usagers de drogue tous les jours, de 13h30 à 20h30. Les associations tablent sur 150 à 200 personnes par jour. Un espace similaire doit ouvrir à Strasbourg dans les prochaines semaines.

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