Société

Salles de shoot : les deux projets attendent le feu vert à Bordeaux

Par Xavier Ridon, France Bleu Gironde jeudi 16 octobre 2014 à 6:00

Une salle de shoot à Bâle, en Suisse
Une salle de shoot à Bâle, en Suisse © Maxppp

Le Projet de loi de santé de la ministre Marisol Touraine, présenté ce mercredi, relance les projets de salles de shoot. Ces "salles de consommations à moindre risque" devraient pouvoir être expérimentées durant six ans. À Bordeaux, La Case et le CEID n'attendent qu'un signe.

Les "salles de consommations à moindre risque" devraient pouvoir être expérimentées pour six ans. Le projet de loi de santé présenté ce mercredi par la ministre de la santé relance ce serpent de mer. Les toxicomanes y seront supervisés par des professionnels ce qui permettra d'éviter les risques infectieux, les comportements à risques et les overdoses mortelles.

Réduire les nuisances associées pour le voisinage

Selon le projet de loi, cela réduirait aussi "l'usage des drogues en public et des nuisances associées (en particulier la présence de matériel d'injection utilisé qui peut-être source de contaminations accidentelles )". Les expérimentations menées en Allemagne, Luxembourg, Espagne et Suisse sont montrées en exemple se basant sur une expertise de l'institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).À Bordeaux, deux projets sont toujours dans l'air, même si rien est acté. Il y a d'abord La Case. Situé en plein centre-ville, près du cour Victor-Hugo, cette association aide et accompagne les toxicomanes. Devenir une salle de shoot ? Sa directrice, Véronique Latour, le souhaite. Dans un sens ce serait une suite logique. Le projet existe depuis plus de deux ans. Mais dès le début, il y a eu des protestations de riverains et de commerçants. Alain Juppé a alors affirmé sa volonté : ça ne doit pas se faire dans ce quartier. Une décision maintenue par la municipalité.

Un feu vert attendu ces prochains mois ?

L'autre possibilité est portée par le Comité d'étude et d'information sur la drogue, le CÉID. Son directeur, le professeur Jean-Michel Delile défend un dispositif ambulant. Il s'agirait une camionnette aménagée où des box iraient au-devant des toxicomanes. L'objectif serait d'assurer une hygiène meilleure pour ceux et celles dépendants aux drogues. Ces deux projets n'attendent en tout cas qu'une chose : un feu vert. Pour l'heure, la mairie laisse la porte grande ouverte à toute proposition.

"L'État est le principal financeur. Régulièrement, dans la sphère médiatique, on parle de ces salles de consommation mais très concrètement, nous n'avons pas été sollicités pour une réunion par l'État pour parler d'une hypothèse d'un projet et ses contours." — Alexandra Siarri, adjointe en charge de la cohésion sociale et territoriale

Selon le professeur Delile, il pourrait arriver dès le début de l'année prochaine. Si aucun appel à projet n'existe pour l'heure, une chose est sûre, l'attente se faire encore un peu plus vive.

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