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Sandra Muller condamnée pour diffamation : "une décision de justice phallocrate, dans une société patriarcale"

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Par , France Bleu Bourgogne

Sandra Muller avait lancé le mouvement #balancetonporc et entraîné une libération inédite de la parole des femmes. Aujourd'hui, elle est condamnée en justice à 15.000 euros de dommages et intérêts pour diffamation. On en parle avec Marie Vindy, la présidente de Solidarité Femmes 21.

© Radio France - Thomas Nougaillon

Société patriarcale

Pour l'avocate d'Eric Brion, visé sur les réseaux sociaux par Sandra Muller, les choses sont claires : "Cette décision dit que dénoncer quelqu'un sur les réseaux sociaux pour des faits graves et faux est sévèrement condamnable". N'empêche, le jugement risque de faire du bruit.  Ce jeudi matin la porte-parole d'Osez le féminisme Céline Piques déclare : "la justice patriarcale est passée (...) on voudrait faire taire les femmes, on ne s'y prendrait pas autrement." Propos auxquels Marie Vindy souscrit : 

"C'est une décision phallocrate, dans une société patriarcale.. Ceci dit, c'est toujours délicat de commenter une décision de justice. Si elle est choquante, on peut l'entendre sur le plan juridique. Le harcèlement est un délit qui doit être caractérisé par la répétition. Cependant il y a la loi et son interprétation, et je pense que Sandra Muller a tout-à-fait raison de faire appel pour réexaminer les faits."

1% des violeurs condamnés

Pour Marie Vindy, cette affaire rappelle les difficultés de certaines victimes lorsqu'elles se présente devant la police ou la justice, pour faire reconnaître leur(s) agression(s). "La libération de la parole des femmes, elle est de toutes façons compliquée à partir du moment où elle va être actée par la police ou la justice, surtout dans les affaires de harcèlement sexuel ou de viol. C'est toujours parole contre parole, or on viole rarement dans des lieux publics ou devant témoins. Ce la pose la question de la manière de porter la parole des victimes devant la justice, sans renverser la charge de la preuve. il faut donner les moyens à la police et à la justice d'aller au bout des enquêtes. Ce n'est pas le cas aujourd'hui, c'est 1% des violeurs qui sont condamnés." 

La limite des réseaux sociaux comme support de la parole des victimes

"Ce qui a été intéressant avec #balancetonporc", poursuit la présidente de Solidarité Femmes 21, "ce n'est pas tellement les gens qui ont nommé des personnes, on voit que ça peut se retourner contre elles. Mais ce sont bien tous les témoignages qui ont été reconnus ! On a pris connaissance et conscience de l'ampleur du phénomène. Ça correspond aux chiffres que l'on connait depuis longtemps : deux femmes sur dix sont victimes de violences conjugales ou au travail, 100% des femmes ont été victimes ou seront victimes de harcèlement dans les transports, donc on a eu cette parole sur les réseaux sociaux qui a corroboré l'ampleur de la situation. Nous, ces mouvements, c'est 25 à 35% de femmes en plus qui se présentent à l'association, ce qui correspond à l'augmentation des plaintes dans les commissariats, donc maintenant il faut des gens autour pour accompagner ces personnes."

L'intégralité de l'interview de Marie Vindy à retrouver ici : 

Marie Vindy, présidente de Solidarité Femmes 21

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