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Coronavirus : la Miviludes alerte sur les mouvements sectaires qui prospèrent avec la pandémie

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

La France compte environ 500 groupes sectaires dont beaucoup dans les départements ruraux. Au total, 140.000 français sont victimes, selon le dernier rapport de la Miviludes, l'organisme chargé de lutter contre les dérives sectaires. Elle s'inquiète des dérives liées à la pandémie de coronavirus.

Santé, bien-être : après un an de Covid, l'influence des "gourous" inquiète.
Santé, bien-être : après un an de Covid, l'influence des "gourous" inquiète. © Maxppp - Laurence Mouton

Les sectes aujourd'hui, ça n'est plus seulement l'église de Scientologie ou le Temple solaire, mais beaucoup de petits groupes, observe la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) dans son rapport 2020 dévoilé mercredi 24 février. L'organisme a reçu 3.000 signalements en 2020 (contre 2.800 en 2019) dont beaucoup dans les départements ruraux, "ceux de la diagonale du vide", où "il y a moins de services publics". Au total, elle estime que 140.000 personnes en sont victimes, dont 90.000 enfants.

Une vingtaine de procédures judiciaires

Les auteurs s'inquiètent notamment des stages de jeûne extrême, doctrine selon laquelle après 21 jours, il serait possible de "se nourrir exclusivement de lumière et d'air". Stages survivalistes, pseudo-thérapies à base de légumes ou de pierres magiques : avec la pandémie de Covid-19, ces pratiques ont grimpé en flèche, souvent propulsées par les réseaux sociaux. Une vingtaine de procédures judiciaires sont en cours, notamment pour mise en danger de la vie d'autrui. 

Jus de légume et trampoline préférés au vaccin

L'une d'elle concerne Thierry Casasnovas, théoricien du crudivorisme (consommer les aliments crus) dont la chaîne YouTube compte plus de 525.000 abonnés (100.000 nouveaux en 2020) et des dizaines de millions de vues cumulées. Il ne "croit pas à la vaccination", à la médecine traditionnelle et leur préfère les jus de légumes ou le trampoline, "idéal pour faire bouger la lymphe". Son entreprise, basée dans les Pyrénées-Orientales, a réalisé en 2019 un bénéfice de 645.812 euros, selon ses comptes déposés au greffe du tribunal de commerce de Perpignan. Il est également à la tête d'une association, Régènère.  Avec plus de 600 saisines, dont 70 en 2020, il est la personnalité la plus signalée à la Miviludes. 

D'autres gourous prospèrent, comme Christian Tal Schaller ou Jean-Jacques Crèvecœur. Jade Allègre, qui se dit naturopathe, affirme elle pouvoir guérir le Covid avec de l'argile. Tout ne se passe pas sur internet. Les gendarmes sont intervenus dans un séminaire en décembre. Personne ne portait le masque : leur gourou avait dit qu'ils étaient protégés.

À partir de quand faut-il s'inquiéter ?

Tous les tenants des médecines alternatives ou du développement personnel ne tombent pas, loin de là, dans la dérive sectaire et toutes les personnes qui suivent ces pseudo-thérapeutes ne sont pas dans une dérive sectaire. La Miviludes retient plusieurs critères, dont la déstabilisation mentale, le caractère exorbitant des exigences financières, la rupture avec l'environnement d'origine, l'existence d'atteintes à l'intégrité physique, l'embrigadement des enfants, le discours antisocial

Certains mouvements complotistes sont également dans le viseur, comme QAnon, un mouvement pro-Trump venu des Etats-Unis, et dont le groupe Facebook QAnon France compte 30.000 membres. Reste que la preuve de l'emprise est particulièrement compliquée à apporter.

"Le Covid a rendu les gens plus vulnérables"

Le "Covid a rendu les gens plus vulnérables", juge la Miviludes. Face à eux, des groupes, des leaders ont trouvé le moyen de "se faire du fric", déplore Charline Delporte, présidente du Centre national d'accompagnement face à l'emprise sectaire (Caffes).

L'association lilloise est venue en aide à Frank B. inquiet lorsque son ex-femme a déscolarisé leur fille parce que l'enfant devrait porter un masque. "Elle m'a dit qu'il était hors de question que notre fille entre en 6e, car le masque était trop dangereux : il pouvait causer des troubles neurologiques, asphyxier le cerveau", explique Frank B. à l'AFP. Son ex-femme lui envoyait, dit-il des vidéos prétendant que les enfants seraient kidnappés à l'école pour être vaccinés de force. A l'automne, le juge aux affaires familiales l'a entendu. Il a récupéré la garde de l'enfant. 

Pour en savoir plus sur le complotisme et le Covid-19, écoutez l'épisode du podcast "Complorama", produit par franceinfo.

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