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Société

Santé, vie privée : pourquoi le compteur Linky inquiète ?

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Par , France Bleu

Depuis l'annonce de sa mise en place, le compteur électrique Linky fait l'objet de nombreuses interrogations ainsi que d'inquiétudes régulières. Alors que le tribunal de Tours a demandé ce mardi le retrait de compteurs chez certains particuliers, retour sur toutes les questions que pose Linky.

Santé, vie privée : les interrogations sont nombreuses autour des compteurs Linky
Santé, vie privée : les interrogations sont nombreuses autour des compteurs Linky © AFP - DAMIEN MEYER

Le tribunal de Tours a demandé ce mardi le retrait de treize compteurs Linky pour des raisons médicales. Ce compteur électrique communicant inquiète certains consommateurs depuis son expérimentation en 2009 et sa mise en place progressive depuis 2015.  Santé, respect de la vie privée : retour sur toutes les interrogations que posent Linky, censé être installé partout en France d'ici fin 2021.

À quoi sert-il ? 

Ce compteur nouvelle génération doit mesurer et transmettre la consommation directement au fournisseur d'électricité. Linky doit permettre une facturation plus précise tout en supprimant le passage d'un technicien pour relever le compteur. Le client pourra aussi suivre sa consommation sur internet. 

Des ordres pourront être envoyés à distance pour la mise en service de l'électricité dans un nouveau logement, ou pour un changement de puissance demandé. 

Il doit également, à terme, permettre le développement de l'autoconsommation avec l'électricité produite par des panneaux solaires ou des éoliennes par exemple. 

Est-t-il réellement dangereux pour la santé ? 

Pas d'augmentation significative du niveau de champ électromagnétique 

L'agence nationale des fréquences (ANFR) et l'agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ont toutes les deux conclu que l'utilisation de Linky, ne conduit pas à "une augmentation significative du niveau de champ électromagnétique ambiant". Elles ont aussi jugé que la probabilité que ces compteurs puissent avoir des effets nocifs était "très faible". 

Les niveaux d'exposition au champ électromagnétique "sont comparables à ceux émis par des dispositifs électriques ou électroniques domestiques" (lampes fluo-compactes, chargeurs d'appareils multimédia, écrans, tables à induction etc.) remarque l'Anses. 

  - Visactu
© Visactu

L’électrosensibilité fait débat

Les électrosensibles assurent souffrir de maux de tête, de problèmes de sommeil ou encore de nausées, mais la science n'a jamais prouvé l'existence de ce syndrome controversé. L'électrosensibilité serait due aux ondes et aux champs électromagnétiques produits par les compteurs Linky, ou encore aux antennes relais, au wifi ou aux téléphones portables. 

Une partie de la communauté médicale est sceptique par rapport à cette pathologie dont le diagnostic ne repose que sur la déclaration de ceux qui disent en souffrir.

Toutefois en mars 2018, l'Anses a souligné dans un rapport "qu'il n'existe pas de critères de diagnostic de l'électrohypersensibilité (EHS) validés à ce jour" mais "quoi qu'il en soit, les plaintes (douleurs, souffrance) formulées par les personnes se déclarant EHS correspondent à une réalité vécue".

Un point du rapport est devenu un élément-clé du débat, l'effet nocebo. Les symptômes ressentis par les malades seraient déclenchés par leur crainte d'être exposé à ces ondes ou champ électromagnétique. En d'autres termes, ce syndrome pourrait être le fruit d'un mécanisme psychologique. L'Anses a jugé que cet effet nocebo jouait "certainement un rôle non négligeable dans la persistance de l'EHS", mais a ajouté qu'il n'excluait pas "une affection organique non identifiée".

Linky respecte t-il la vie privée ? 

Autre objet de discorde, le respect de la vie privée des usagers. Le gestionnaire du réseau d'électricité (Enedis, Direct Energie ou autre) collecte en effet, par défaut, les données de consommation journalières, c'est à dire la consommation globale du foyer sur une journée. Les données de consommation fines (à l'heure et/ou à la demi-heure) ne sont collectées "qu'avec l'accord de l'usager" ou alors pour des "missions de service public" ponctuelles.

C'est la commission nationale informatique et des libertés (CNIL) qui veille à ce que les données détaillées des consommateurs ne soient pas collectées sans l'accord de l'usager. 

La CNIL avait d'ailleurs lancé en 2018 une procédure contre Direct Energie. La commission estimait qu'elle ne recueillait pas correctement l'accord des utilisateurs pour collecter certaines données. La société s'est depuis mise en règle. 

Peut-on s'opposer à son installation ? 

C'est la loi de Transition énergétique pour la croissance verte de 2015 qui prévoit le déploiement de Linky. 

UFC- Que Choisir, pourtant critique vis-à-vis des compteurs intelligents, met en garde : "En s'opposant à la pose des compteurs Linky, vous prenez le risque de vous opposer à l'exécution d'une mission de service public". 

Toutefois, la justice a parfois été saisie par des personnes ne voulant pas du compteur, et elle leur a parfois donné raison. C'est ce qu'il s'est passé le 30 juillet à Tours. En mars 2019, le juge des référés à Toulouse avait déjà donné le droit à treize personnes souffrants d'hypersensibilité de ne pas être équipées de ces compteurs.