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Santé publique, hôpitaux - Et si c'était les soignants et les patients qui décidaient ?

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Par , France Bleu Limousin

Un médecin généraliste d'Ambazac, Frédérick Stambach, a publié récemment une tribune et lancé, avec un médecin du CHU de Lyon, une pétition pour que les soignants et les patients se réapproprient le système de santé, et en particulier l'hôpital, dont la crise du coronavirus a montré les failles.

Frédérick Stambach, médecin généraliste à Ambazac (87)
Frédérick Stambach, médecin généraliste à Ambazac (87) - © Tous droits réservés

Un médecin généraliste d'Ambazac, Frédérick Stambach, a publié récemment une tribune et lancé, avec Julien Vernaudon, médecin gériatre au CHU de Lyon, une pétition sur internet pour que les soignants et les patients se réapproprient le système de santé français, et en particulier l'hôpital, dont la crise du coronavirus a montré les failles. 

On a fait raisonner les hospitaliers comme des commerciaux, avec des objectifs chiffrés. On a voulu rentabiliser le soin, une aberration

Invité ce jeudi matin de France Bleu Limousin, Frédérick Stambach a expliqué que les soignants et les patients devaient reprendre le pouvoir, face à "une logique comptable qui se déploie" dans les hôpitaux depuis plusieurs années. "Les soignants, et en particulier les médecins, ont été évincés lors des grandes décisions sur les orientations budgétaires" et la crise du coronavirus "a montré qu'on avait besoin de l'avis des médecins" dit Frédérick Stambach, face à des "administratifs" trop souvent seuls décisionnaires à ses yeux. A la faveur de la crise, "le pouvoir a basculé des administratifs vers les soignants" dit le texte de la pétition. "Les administratifs de l'hôpital sont devenus des partenaires, avec une vraie association, et là ça a marché" rajoute le médecin haut-viennois.

C'est le "Collectif soignants et usagers" qui est à l'origine de la pétition
C'est le "Collectif soignants et usagers" qui est à l'origine de la pétition - © Collectif soignants et usagers

Les restrictions budgétaires et les baisses de moyens sont "en place depuis longtemps, et se sont accélérés avec l'instauration de la tarification à l'activité dans les hôpitaux, qui s'est généralisée en 2009", estime Frédérick Stambach. "_On a fait raisonner les hospitaliers comme des commerciaux_, avec des objectifs chiffrés, des tableurs qu'il faut respecter, et des objectifs pas atteignables. (...) On a voulu rentabiliser le soin, ce qui est une aberration". 

Les politiques en lignes de mire

"Ce sont avant tout des décisions politiques qui ont entraîné ces restrictions budgétaires, ne l'oublions pas", dit encore le médecin d'Ambazac, pour qui "_on gère une pénurie qu'on créé par la restriction budgétaire_, et cela aboutit concrètement en bout de chaîne, à des suppressions de postes et des fermetures de lits, qui manquent cruellement aujourd'hui, mais qui manquent en fait habituellement, car cette crise révèle juste un état de fait qui est permanent". La pétition, lancée avec le "Collectif soignants et usagers", s'en prend en effet avec virulence à une "administration hors-sol".

Jamais touchés personnellement par leurs propres décisions, les gouvernements successifs et leur armée de haut-fonctionnaires ont poursuivi méthodiquement la même politique : ne pas augmenter le nombre global de soignants et diminuer les capacités hospitalières du pays. Jusqu'à aujourd'hui.

Avec son confrère Julien Vernaudon, le Docteur Stambach voudrait que les citoyens s'emparent de ce débat public, jusqu'à l'Assemblée Nationale s'il le faut. Cette crise "a montré qu'on pourrait faire beaucoup mieux en impliquant les soignants et les usagers dans les grandes décisions". Et "il ne faut pas attendre que les choses changent d'en-haut" conclut Frédérick Stambach

> La pétition, lancée avec le "Collectif soignants et usagers" est baptisée "Pouvoir sanitaire aux soignants et aux usagers! #SoignonsEnsemble". Elle avait recueilli mercredi soir à 20 heures près de 5.000 signatures.

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