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Société

Sarcelles : des agents chargés de la propreté victimes de racisme et de discrimination ?

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Des agents chargés de la propreté à la ville de Sarcelles, dans le Val-d'Oise, seraient victimes de racisme, de discrimination ou encore de harcèlement depuis plusieurs années. Aujourd'hui, ils sont à bout. Un collectif d'agents, le Collectif 17 a donc été créé pour dire stop.

Le syndicat UNSA Territoriaux, représenté par Pierre Baudin, soutient les agents victimes de ces faits de racisme et discriminations
Le syndicat UNSA Territoriaux, représenté par Pierre Baudin, soutient les agents victimes de ces faits de racisme et discriminations © Radio France - Alexandre Frémont

Sarcelles, France

Ils dénoncent des discriminations et du racisme au travail. Des agents de la propreté, employés par la ville de Sarcelles dans le Val-d'Oise n'en peuvent plus. Selon eux, certaines personnes de couleur ne bénéficieraient d'aucune promotion, des agents seraient harcelés et parfois insultés. Cela durerait depuis des années. Alors aujourd'hui pour dire stop, ils ont décidé de monter un collectif, le Collectif des 17, équivalent au nombre d'agents impliqués dans cette création. Ils demandent des comptes et mettent en cause deux responsables en particulier, membres de la direction générale des services du cadre de vie de la ville. 

"Faire bosser un arabe plutôt qu'un Black"

"L'un de deux arrivait le matin au travail, il prenait un "arabe", comme lui, le faisait bosser et il mettait le Black ou l'Antillais de côté (SIC)", raconte Manu (son prénom a été changé). "Pour les vacances, toujours ce même responsable préférait les attribuer à "l'arabe" qu'au Black". Il se souvient notamment d'une anecdote : "Un soir où il neigeait, l'un des deux chefs est injoignable", commence Manu. "Le maire de l'époque m'appelle, en me disant de me tenir prêt car j'était responsable du salage et j'étais le plus proche du centre technique. Je me prépare. Mais au moment où le maire et le directeur général des services arrivent à joindre le responsable, ce dernier leur explique qu'il préfère plutôt appeler untel, qui habite à 200 kilomètres de Sarcelles pour faire le boulot. Il a clairement choisi ce gars-là parce que je suis noir et pas lui. Si ce n'est pas de la discrimination ça ?" demande Manu. Et ces cas-là se répéteraient presque tous les jours selon les agents.

Pour les défendre, les syndicats se positionnent. Notamment l'UNSA Territoriaux par l'intermédiaire de Pierre Baudin, le responsable à Sarcelles. "Les gens passent ma porte, non pas pour un problème technique ordinaire comme ça peut être le cas dans la vie de tous les jours d'un agent, mais là j'ai eu des personnes qui ont pleuré", décrit Pierre Baudin. "Les pères de famille qui entrent dans mon bureau m'expliquent qu'en travaillant ici (au service propreté de Sarcelles), ils perdent leur dignité".  

Le maire n'a rien constaté de tel sur le terrain

Les agents parlent même "d'esclavage" dans certaines situations. Les mots sont graves, mais pesés et justifiés selon le syndicat.

Le maire de Sarcelles, Patrick Haddad, arrivé en décembre dernier, répond lui qu'il n'a rien vu de tout ça lors de ses différentes tournées dans la ville. "Je n'ai pas vu quelqu'un, devant moi, traiter quelqu'un d'autre comme un esclave. En tout cas pour les responsables qui ne sont pas mis en cause, je sais qu'à la direction des services, on prend ces agents en considération". Et jouent presque sur les mots : "Et puis ce ne sont pas des esclaves parce qu'ils sont rémunérés et il y a une stabilité de l'emploi pour la plupart d'entre eux car ce sont des fonctionnaires".  

Une enquête administrative interne a été lancé par l'équipe municipale pour faire la lumière sur ces accusations. Les conclusions devraient arriver d'ici un ou deux selon la mairie. 

Par ailleurs, le Collectif des 17 s'est rapproché d'un avocat parisien et a écrit une lettre au maire, au Préfet et au ministère de l'Intérieur. Elle a été envoyée en milieu de semaine. Les dix-sept agents, et plus, attendent maintenant une réponse de la part de tous ces protagonistes. "Je n'ai pas encore reçu de lettre à propos de cette affaire", nous confiait Patrick Haddad ce vendredi après-midi.

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