Société

Sauvé par l'école, il la sauve à son tour

Par Marie-Coralie Fournier, France Bleu Poitou vendredi 10 avril 2015 à 19:43

Claude Barrier a participé à la cérémonie pour donner son nom à l'école du village
Claude Barrier a participé à la cérémonie pour donner son nom à l'école du village © Radio France

L'école de Beaulieu-sous-Parthenay (Deux-Sèvres) est devenue l'école Claude-Barrier, ce vendredi, du nom d'un enfant juif protégé dans le village en 1942. Il a ensuite sauvé l'école en 2001, alors qu'elle était menacée de fermeture.

Il raconte son histoire avec des larmes aux yeux, au coeur de ce petit village des Deux-Sèvres : Beaulieu-sous-Parthenay, 680 habitants aujourd'hui, là où Claude Barrier a été accueilli et protégé entre 1942 et 1946.

A cette époque-là, Claude Barrier a 6 ans. Il grandit dans une famille juive. Quelques mois plus tôt, il est surpris par une patrouille allemande en train de saluer le drapeau français. Emmené au commissariat, les forces de l'ordre conseillent à ses parents d'éloigner le garçon. Il est d'abord envoyé en Creuse, avant de rejoindre son frère dans les Deux-Sèvres, à Beaulieu-sous-Parthenay, en novembre 1942.

"Ce village m'a sauvé"

Claude Barrier passe plus de trois ans dans ce village, sans ses parents. Il habite chez une famille, est scolarisé à l'école communale, où il apprend à lire, écrire et compter. "Ils m'ont accueilli comme l'un des leurs, ces habitants sont des gens très courageux !" raconte Claude Barrier, plus de 70 ans après. "Ce village n'est pas comme les autres, il m'a sauvé" .

En 1946, le garçon quitte le Poitou et rejoint ses parents, qui tentent de reconstruire leur famille. Mais il garde contact avec Beaulieu-sous-Parthenay, et ses copains d'école.

 

ECOLE BEAULIEU sous parthenay, itw claude barrier

L'enfant devenu bijoutier sauve son école

Devenu bijoutier à Paris, il apprend en 2001 que l'école de Beaulieu est menacée de fermeture, faute de moyens, elle ne compte que 25 élèves. Claude Barrier propose alors de lancer un appel aux dons et montre l'exemple en versant de l'argent en premier.

Les collectivités locales emboîtent le pas et l'école remonte la pente, au point d'accueillir une centaine d'enfants en 2010. Et Claude Barrier continue d'inviter ces représentants à chaque évènement de sa vie.

A 78 ans, il donne son nom à l'établissement

C'est ce lien fort entre le village et cet ancien élève que l'école veut faire vivre : en juin 2014, une délégation part à Paris pour demander à Claude Barrier s'il accepte que l'établissement porte son nom. Il accepte et se dit "très fier" de cette distinction, "qui est une reconnaissance" selon lui.

Près de 250 personnes ont assisté à la cérémonie de dévoilement de la plaque, ce vendredi. 

La plaque a été dévoilée ce vendredi à l'entrée de l'école - Radio France
La plaque a été dévoilée ce vendredi à l'entrée de l'école © Radio France