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Société

Savoie : les éducateurs sportifs formés à reconnaître les jeunes radicalisés

vendredi 26 janvier 2018 à 18:34 France Bleu Pays de Savoie et France Bleu

Une quinzaine de coachs sportifs et d'acteurs du monde sportif du département de la Savoie ont suivi une formation ce vendredi pour apprendre à détecter les signes de radicalisation dans les salles de sport où les jeunes se radicalisent, contrairement aux idées reçues.

Capture d'écran du site du Ministère de l'Intérieur.
Capture d'écran du site du Ministère de l'Intérieur. © Maxppp - Autre

Chambéry, France

Ce n'est pas un endroit qui viendrait à l'esprit tout de suite si on parle de radicalisation mais les gymnases et salles de sport sont des lieux où les jeunes se radicalisent. Selon un rapport du ministère de l'Intérieur datant de 2015, les djihadistes français partis en Syrie sont tous passés par des clubs de sport parce que c'est là où ils se préparent au combat et améliorent notamment leur condition physique. 

Le département de la Savoie et le comité départemental olympique et sportif de la Savoie ont donc organisé une conférence et une formation pour tous les acteurs du monde sportif savoyard pour les sensibiliser. Une quinzaine d'éducateurs sportifs, membres des collectivités territoriales et agents du service du département ont participé à cette formation contre la radicalisation dans le sport.

"Un boxeur thaï qui met un leggings, à moins qu'il fasse -15 degrés, cela peut être un signe de radicalisation comme un jeune qui demande à prier dans les vestiaires." - Médéric Chapitaux, doctorant en sociologie. 

Des jeunes radicalisés dans la boxe, les salles de muscu et sur les terrains de foot

"Ça concerne tous les sports mais particulièrement les sports de combat et le football", explique Médéric Chapitaux, un des pontes sur le sujet, auteur du livre "Le sport, une faille dans la sécurité de l'Etat" en 2016. Ce doctorant en sociologie à l'université de Toulouse, spécialisé sur la radicalisation dans le sport a donné quelques conseils aux professeurs savoyards. 

"Un boxeur thaï qui met un leggings à moins qu'il fasse -15 degrés, cela peut être un signe de radicalisation comme un jeune qui demande à prier dans les vestiaires", détaille le spécialiste. Mais attention à ne pas cataloguer trop vite. Pour cela, il conseille de tenir une fiche sur des jeunes qui changeraient de comportement et "si plusieurs voyants passent au rouge, il faut alors les signaler". 

Selon les chiffres du ministère de l'intérieur datant de 2016, la Savoie ferait partie du top 10 des départements où il y a le plus de signalement pour radicalisation donc les 13 000 clubs sportifs sont concernés par le sujet même si ce vendredi les entraineurs n'avaient pas l'air concerné. Comme ce coach de natation à Chambéry, Olivier Ostero est presque tombé de sa chaise quand le formateur lui a appris qu'un des derniers djihadistes français arrêté en Irak était un champion de natation. Il parlait effectivement de Romain Garnier, ce Haut-Saônois arrêté en décembre 2017.

Attention aux entraîneurs recruteurs 

Mais s'il faut surveiller de près certains jeunes, il faut surtout faire attention aux entraîneurs, aux "entraîneurs recruteurs", comme le formateur Médéric Chapitaux, les appelle. Ils ont pour mission d'embrigader les jeunes sportifs  directement dans les salles de sport.